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Conjoncture Haïtienne : Comment fait-Il Beau vivre en Haiti

jalousie bito david

Bito David ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 28 Juillet 2016)  ---En face des deux plus fameux et coûteux hôtels de la capitale économique et élitiste d'Haïti, Pétion-Ville, où se pavanent millionnaires et milliardaires, politiciens véreux, touristes en quête de satisfaction exotiques, bourgeois du pays, diasporas parvenus, diplomates et partenaires internationaux de la gabegie haïtienne, est l'évidence de la déchéance d'une politique nationale aberrante, obscurantiste, rétrograde et purement honteuse, comme si l'opulence peut cohabiter harmonieusement avec la pauvreté. C'est la dégradation urbaine, la bidonvilisation, l'exode rural, un désastre environnemental et écologique, un risque et danger publics exactement en face et aux alentours des grandiloquents châteaux de richesse.

Cette image à la fois alarmante et révoltante, si elle crève les yeux de certains en faisant sortir des larmes de répugnance, elle a été pour d'autres un tableau à dessiner, une merveille à bien peindre pour offrir en spectacle aux clients dans leurs chambres de luxe afin de bien masquer des attitudes ignobles, résultat catastrophique et logique de notre mauvaise gestion du patrimoine national.

D'autre part sur l'axe international Malpasse/Croix des Bouquets/Port-au-Prince, le voisin est reçu par un réseau routier qui donne la peine, non entretenu, ne suivant aucun standard, et des piles d'ordures et d'insalubrités si malodorantes qu'un premier venu n'aurait aucun doute sur la véracité de cette publicité négative faite au détriment du pays à l'étranger. Encore une fois et aussi sur ce plan, à la face du monde nous exposons nos verrues. Nous n'avons aucune gêne en passant par La Saline pour aller, nous et nos touristes, dans les lieux de séjour de l'Ile-à-Vache. Aucune gêne!

C'est la réalité des villes. Le Cap-Haitien et les autres métropoles départementales n'échappent pas à cette lamentable situation. Cependant si les villages d'en-dehors ne sont pas aussi insalubres, ils ont néanmoins leur lot de misère, de disette, de paupérisation, de désertification. Les services publics sont rares. Point de budget local pour la gestion des communautés. La vie est pire que moyenâgeuse.

la rue port-au-prince bito david touthaitiEn général, dans tout le pays les hôpitaux publics ne fonctionnent pas. Entre le cholera, le zika et tant d'autres maladies infectieuses, les gens "marellent" dans les boues marécageuses des rues des grandes agglomérations que les moindres pluies transforment en ravines torrentielles charriant les détritus d'un environnement de pollution généralisée. Mais il fait beau vivre car la réalité de la quotidienneté devient une normalité. On s'amuse dans la saleté, l'argent coule à flot et semble-t-il limpidement quoique dans des conduits reconnus obstrués par une crasse dégoûtante. Quand un clan profite du pillage national, l'autre crée encore plus de chaos en attendant son tour, ayant soin de toujours laisser tomber ou utiliser l'argent sale pour manipuler la masse des affairistes mercenaires dans leur misère par l'organisation de festivités pour les embobiner et le financement informel de la précarité de leur existence. Les intempestifs commentaires et analyses politiques dans les médias font la une d'une actualité de magouille institutionnalisée, de crapuleuses manipulations politiques, d'un sensationnalisme parfois mal intentionné dans le reportage des crimes quotidiens, pour le sordide plaisir des auditeurs intéressés aux palabres futiles. Il fait beau vivre car la comédie démagogique et la moquerie de bas niveau sont au rendez-vous dans le convoi funèbre d'un pays qui subit une dégradation graduelle jour après jour.

Il fait beau vivre en Haïti. Ce peuple vit, rit et se réjouit carnavalesquement dans le concert d'un marasme de laideurs puantes. Il élit régulièrement des dirigeants loufoques, des renégats, des incompétents, pour perpétuer cet état antihumain. Il prie le bon dieu pour l'allègement de ses souffrances et l'espoir paradisiaque en se faisant exploiter par des imposteurs vendeurs de bonne nouvelle. Il courtise l'oncle Sam et d'autres ambassades pour un visa salvateur. Il fonctionne dans un brassage quotidien d'une existence aléatoire. Il dépend de la diaspora pour la survie économique du pays. Il n'a plus aucune foi dans le processus du développement national. Son intelligentsia et ses élites s'habituent dans un drôle de confort d'une symbiose anormale entre l'ordure et la splendeur à tous les niveaux, si bien qu'ils en font un culte pour la rendre acceptable. Il vit, il rit, et s'amuse dans son état piteux. Et le temps passe à reculons, dans un climat politique corrompu à l'extrême sans nul espoir d'un répit à l'horizon, dans une économie anémiée, dans une société aux abois.

Comment fait-il beau vivre en Haïti? On doit y être pour s'en rendre compte. Le temps passe, la situation jamais ne s'améliore par manque d'intégrité, de compétence, de bravoure et de patriotisme. Le temps passe, la situation ne saurait s'améliorer parce que nos hommes ne sont pas à la hauteur mais dans l'abîme de la bassesse, du crétinisme, de la corruption et de la malpropreté. Mais il fait beau vivre dans cette galère car là ou il y a la misère, les plantes de la richesse de beaucoup fleurissent.

Bito David
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