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Quand Haïti marque son premier coup à FBLA

herber joseph marie nicolle accilien fblaElisabeth posant avec sa plaque entourée du professeur Hebert Joseph et de Marie Nicolle Accilien, la relationiste de FBLA

En juin, avant le départ de la délégation locale pour Atlanta où se déroulait l’édition estivale de la FBLA, on se demandait pourquoi Haïti, déjà à quatre participations, ne s’illustrait pas à cette compétition. En guise de réponse, Elisabeth Ulmyr Raymond, en rentrant le 4 juillet, en a ramené la toute première plaque : elle est de parvenue à la dixième place sur des milliers de candidats en « Public Speaking ». Décryptage d’un coup de génie avec celle qui l’a marqué avec l'aide d'Herbert Joseph le président et coach de FBLA Haïti

Pour la première fois dans l'histoire de sa participation à la FBLA (Future Business Leaders of America), Haïti marque un coup qui n'est pas des moindres à cette compétition axée sur la culture entrepreneuriale. La candidate Elisabeth Ulmyr Raymond, 15 ans, est parvenue en 10e place sur 7000 (chiffres donnés par Herbert Joseph) participants dans la catégorie Public Speaking.

Elisabeth explique que l'enjeu c'était de prononcer un discours qu'on vous soumettait devant un jury en deux tours. « Quand on a cité mon nom, le tract m'a saisie, mais trop confiante de pouvoir marquer mon coup, j'ai avancé et délivré mon discours », a-t-elle raconté. Elle ajoute que son objectif secret c'était de faire parler d'Haïti cette année. Pour elle la participante, la 10e place n'est certes pas un trophée de gagnant, mais plutôt le signe que dorénavant l'équipe haïtienne pourra aller bien plus loin, notamment à la première place, dans n'importe laquelle des catégories. C'est son vœu pour les années à venir.

Herbert Joseph, président et coach de la délégation haïtienne, explique que ce coup marqué est le résultat de la combinaison de la foi de cheminer vers le succès et les efforts déployés pour y parvenir. « Je me réjouis du résultat, mais franchement je pouvais m'y attendre. Ce n'est pas par miracle qu'on démarre en septembre avec des élèves qui parlent si peu ou pas l'anglais, pour parvenir en juin avec des candidats qui se font remarquer en bien dans la catégorie « Public Speaking », explique le pédagogue. Il évoque l'usage des logiciels, des applications dans son laboratoire permettant aux jeunes d'assimiler la prononciation parfaite, de développer l'écoute de pouvoir élaborer sur des notions d'affaires, le leadership, le civisme. Cette même méthode, il confie l'avoir utilisée aux States pour des Afro-Américains qui peinaient à parler l'anglais standard.

Pour le coach, cette plaque symbolise un début. « Il a fallu vingt-cinq ans à Porto Rico qui est une possession américaine pour marquer un coup ; nous-autres nous n'en sommes qu'à notre cinquième fois ! », souligne-t-il avant de d'annoncer une intensification du travail. D'autres équipes en dehors de Carrefour seront mises sur pied pour pouvoir, selon lui, permettre d'intégrer dans la délégation des jeunes d'horizons divers.
Selon Herbert Joseph, cette dixième place d'Elisabeth Ulmyr Raymond est la preuve que le jeune Haïtien est capable de faire la compétition avec ses pairs du monde entier. A l'intention des jeunes qui seront tentés à l'avenir par FBLA, l'adolescente conseille d'être appliqués, d'avoir confiance en soi, ainsi ils pourront parvenir à la première place. L'année prochaine, Elizabeth Ulmyr Raymond sera de la délégation qui s'envolera cette fois vers la Californie.

Herbert Joseph, à l'intention du grand public, avoue que la culture de l'entreprenariat est cruciale pour Haïti. Il faut, selon lui, que l'État, la société civile, l'église, l'école proposent d'autres schémas aux jeunes, car le monde de demain, selon lui, exigera beaucoup plus que des diplômes de fin d'études pour garantir leur succès dans la vie.

Chancy Victorin
Source: LeNouvelliste

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