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Des ouvriers en disponibilité pour avoir manifesté en faveur d’un salaire minimum de 500 gourdes

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Des ouvriers du parc industriel de la zone métropolitaine, dont 5 de l’usine One world Apparel S.A, ont reçu une mise en disponibilité payée de 6 jours pour avoir participé à « deux jours consécutifs » des manifestations du mouvement ouvrier haïtien en faveur d’un salaire minimum de 500 gourdes.

La décision s’étend du « 13 décembre 2013 et 16 décembre 2013 au 19 décembre 2013 » et ces ouvriers, tous membres du Comité exécutif de la section du Syndicat des ouvriers du textile et de l’habillement (Sota), ne pourront reprendre le travail que le 20 décembre 2013, selon ce qui est écrit dans le document dont AlterPresse s’est procuré une copie.

La mise en disponibilité serait adressée à « tous les ouvriers qui se sont absentés deux jours consécutifs les 10 et 11 décembre 2013 ».

Durant les 3 jours de mobilisation des ouvriers de la sous-traitance, des centaines d’ouvriers et ouvrières ont déversé leur flot revendicatif sur le macadam de la capitale.

Dans le document de One World Apparel S. A, usine appartenant à l’homme d’affaires et politicien Charles Henri Baker, on retrouve 5 noms de dirigeants syndicalistes.

« Protéger l’usine et ces ouvriers [les 5 membres de Sota], parce que des ouvriers ont été agressés physiquement pour avoir refusé de participer à ce mouvement violent, assurer la sécurité de tous et effacer la mauvaise impression qu’ont certains ouvriers de ceux qui se sont absentés [les 5 syndicalistes] » sont les raisons évoqués par les cadres de l’usine pour mettre en disponibilité les syndiqués.

« Nous ne sommes pas dupes. Ce n’est nullement notre sécurité qui préoccupe les patrons. C’est une manière de nous mettre à l’index. C’est une façon subtile de s’attaquer à notre droit de travailleur », soutient Pierre Jude, coordonnateur adjoint de la section Sota à l’usine de l’ancien candidat aux présidentielles de 2006 et de 2010.

Un rapport d’enquête de Better Work Haïti publié en novembre 2011 a révélé que One Word apparel a procédé à des licenciements anti-syndicaux en septembre 2011

L’organisation de support aux justiciables des classes populaires, Défenseur des opprimés (Dop), et le Bureau des avocats internationaux (Bai) sont déjà touchés de la question apprend AlterPresse. Les ouvriers envisageraient également de porter plainte au ministère des affaires sociales et du travail, continue notre source.

Durant 3 jours consécutifs sous la houlette du Collectif syndical des usines du textile (Kosit, en Créole) les ouvriers et ouvrières ont manifesté dans les rues de la capitale pour protester contre la « décision criminelle » du Conseil supérieur du salaire (Css) de fixer leur salaire minimum à 225 gourdes au lieu des 500 gourdes réclamées.

Ils ont aussi fustigé le comportement de leurs représentants au Css qui auraient agi en dehors du mandat qu’ils avaient de négocier un salaire minimum de 300 gourdes au minimum.

« Ils ont signé l’infâme décision sans même consulter les différentes structures syndicales. Pour preuve les ouvriers protestent dans la rue », s’indigne Didier Dominique, syndicaliste de Batay ouvrye (Lutte ouvrière).

Après avoir rencontré les membres du Kosit, le 12 décembre 2013, Le président de la chambre des députés, Jean Tolbert Alexis, a annoncé la formation d’une commission de haut niveau pour se pencher sur la situation des milliers d’ouvrières et ouvriers, mécontents de la nouvelle fixation de leur salaire minimum à 225 gourdes

AlterPresse
P-au-P, 16 déc. 2013

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