Economie

La corruption coûte à l'Etat 500 millions dollars US par année

La corruption est considérée comme l'une des causes des malheurs du pays. L'Etat cherche à y mettre un terme, sinon à réduire sa propagation, car elle fait perdre, chaque année, à l'Etat, plusieurs centaines de millions de dollars américains. Le directeur de l'Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Antoine Atouriste, plaide pour la moralisation de la fonction publique et pour un cadre légal renforcé afin de combattre cette pratique.

500 millions de dollars américains. C’est le montant qui, selon le directeur de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), échappe chaque année à l’assiette fiscale du pays à en raison des cas  de corruption répétés. « L’Etat est en train de prendre des dispositions pour ne plus perdre cet argent », a indiqué Antoine Atouriste, qui intervenait lors du congrès national organisé par les arpenteurs des 18 juridictions du pays.

Le directeur de l’ULCC a fait savoir qu’il se produit, par jour, au niveau de l’administration publique, des milliers de cas de corruption. Antoine Atouriste a exhorté les arpenteurs à ne pas se mêler à pareille pratique dans l’exercice de leur métier. « Vos décisions peuvent affecter toute la nation si vous laissez glisser des erreurs dans le traitement de vos dossiers », a-t-il lancé aux arpenteurs.

Les autorités étatiques sont en train, selon le colonel des ex-Forces armées d'Haïti, de moraliser la fonction publique pour combattre cette pratique qui retarde le décollage du pays. « C’est une nouvelle orientation que l’Etat se donne aujourd’hui pour combattre cette pratique dans le pays », a-t-il expliqué, regrettant toutefois qu’Haïti fasse partie des quatre pays perçus comme  les plus corrompus au monde. « Ce travail de conscientisation et de moralisation de la fonction publique n’a jamais été fait », a fait remarquer le directeur de l’ULCC, qui a déjà transféré au parquet de Port-au-Prince une quinzaine de cas de corruption avérés dans des institutions publiques.

Un cadre légal à renforcer

Lors de son exposé sur la problématique de la corruption en Haïti au congrès national des arpenteurs, le directeur de l’ULCC a profité pour pointer du doigt la faiblesse des lois haïtiennes en vigueur dans le pays, appelées à combattre la corruption. Selon Antoine Atouriste, les lois haïtiennes doivent être amendées pour permettre de bien mener cette lutte. « Le pot-de-vin n’est pas encore considéré par les lois haïtiennes », a regretté le colonel. Or, il a indiqué qu’Haïti est considérée comme le premier pays de l’hémisphère à accepter le pot-de-vin dans l’administration publique.

Pourtant, depuis 2009, il y a une loi sur la prévention et la répression de la corruption qui traîne au Parlement. Malgré qu’une cinquantaine de parlementaires aient entamé une retraite de trois jours -du 9 au 11 mars 2012- consacrée à l’examen de ce projet de loi, le Parlement n’a pas encore jugé bon de doter le pays d’un cadre légal pour mieux mener cette lutte. « Cette loi sur la répression de la corruption, si le Parlement la vote, sera un outil important pour la justice afin de combattre cette pratique », a estimé le directeur de l’ULCC.

Carlin Michel Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.