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PetroCaribe : BMPAD confirme des arriérés de 85 millions de dollars

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Le montant des arriérés de paiement pour l'importation de produits pétroliers auprès de PDVSA, dans le cadre du programme PetroCaribe, est de 85 millions de dollars Us, a confié au journal le directeur du BMPAD, Eustache St-Lot, ce jeudi 3 mars 2016. La difficulté à trouver des dollars auprès de la BRH est avancée par Eustache St-Lot pour expliquer l'accumulation de ces huit mois d'arriérés, de juillet 2015 à aujourd'hui. «L'argent versé pendant cette période par les compagnies pétrolières est disponible», a assuré le directeur du BMPAD.

«Le BMPAD a retourné aux compagnies la partie en gourde de leurs factures, a dit Eustache St-Lot. La difficulté à trouver des dollars remonte à mars 2014. La semaine dernière, le BMPAD a effectué deux paiements au PDVSA. Par mois, les compagnies pétrolières reçoivent deux arrivages. Par arrivage, le coût varie entre 8 et 10 millions de dollars.»

Si le directeur du BMPAD impute ces arriérés à la difficulté à trouver des dollars auprès de la BRH, le journal a appris toutefois que la banque centrale indique avoir pris en charge momentanément les besoins de devises de gros opérateurs dont des compagnies de téléphonie et compagnies pétrolières. « D'octobre 2015 à janvier 2016, des ventes directes de 33,5 millions de dollars ont été effectuées à ces opérateurs », a révélé un document sur le marché des changes et les mesures prises par la BRH dont le journal a obtenu une copie.

« La BRH avait aussi versé en septembre 2015 17,1 millions de dollars à PDVSA pour le compte du BMPAD représentant le paiement de factures pétrolières et au cours du premier trimestre de l'exercice 2015-2016, elle a honoré des factures totalisant 28,6 millions de dollars », a révélé la BRH. Selon les termes de l'accord PetroCaribe, les compagnies paient à l'État haïtien 100% de la valeur FOB des cargaisons. Selon les prix du baril affichés sur le marché international, le gouvernement haïtien transfère 40% à 70% de cette valeur au fournisseur vénézuélien. La portion restante, soit 60% à 30%, devant être payée sur 25 ans avec deux années de grâce et à un taux d'intérêt annuel de 1%.

À chaque arrivage, 40 % sont payés cash et 60 % constituent le crédit accordé par le Venezuela au financement de projets de développement en Haïti. Pour l'exercice 2013-2014, la portion payée cash était de 232 884 895,23 $ US. Pour l'exercice suivant, 2014-2015, cette portion était de 202 849 960,50 $ US. Sur les deux exercices, le montant cash versé au PDVSA était de 435 734 855,78 dollars US. La portion dette, 60 %, utilisée par l'État haïtien pour financer des projets, sur les deux exercices ont été de 506 580 701,59 de dollars, selon des informations obtenues d'une source au MEF.

Entre-temps, alors que s'accumulaient les arriérés, l'administration Martelly-Paul, le nez dans le guidon des investissements à faire, en Conseil des ministres, le 6 janvier 2016, a autorisé des désaffectations de 58 168 108,56 millions de dollars Us. Le TPTC et le MPCE ont eu la part du lion en termes de nouvelles affectations de ressources. Par exemple, le MPCE semble marcher sur les platebandes des TPTC comme maitre d'ouvrage de plusieurs travaux de réhabilitation urbaine et de route. Dans cette résolution # 1 du 6 janvier 2016, il faut se contenter d'informations sommaires sur les programmes et projets dont on cherche la portée économique.

Le service de cette dette se fait. Pour les exercices 2013-2014 et 2014-2015, le MEF, à travers le fonds Fidéicommis, a versé 50 226 716,46 au PDVSA comme amortissement de la dette. Sur l'exercice 2015-2016, les prévisions, supérieures à 50 millions, tablent sur plus de 70 millions pour une année, a expliqué une autre source au MEF

Roberson Alphonse
Source: LeNouvelliste

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