Economie

Financements non bancaires, Haïti doit innover

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La troisième journée du Sommet international sur la finance organisé par le Group Croissance a permis à Philippe Olivier, conseiller pour les affaires financières du ministre de l'Economie et des Finances, Yves Bastien, de présenter des instruments de financements non bancaires qu'Haïti peut utiliser pour investir dans le pays. Malgré la disqualification d'Haïti au bénéfice des fonds d'investissement internationaux, M. Olivier a fait remarquer que le pays peut utiliser des instruments pour attirer des financements...

Le financier Philippe Olivier, conseiller pour les affaires financières du ministre de l'Economie et des Finances, Yves Bastien, a présenté un ensemble d'instruments de financements non bancaires disponibles sur le marché international de la finance. Il a fait remarquer que ce type de financement apporte directement des capitaux sur le marché financier, dominé par les Etats-Unis. L'expert de la finance a fait remarquer qu'Haïti dispose d'un financement bancaire très limité et le pays n'a pas de banque d'affaires, ni d'investissement. Il reconnaît que la situation financière d'Haïti est très insuffisante par rapport aux pays de la région.

« La situation actuelle d'Haïti ne l'autorise pas d'aller chercher des capitaux sur le marché financier extérieur », a indiqué le financier Philippe Olivier, rappelant que dans le passé Haïti a fait l'abandon de ses dettes. « L'abandon de la dette d'Haïti a été une grave erreur technique », a critiqué M. Olivier, estimant qu'il y a eu à ce moment un manque de connaissance en la matière. « On n'aurait jamais dû consentir un abandon de dette à 100%. On devait maintenir un abandon de dette à 95%, on serait plutôt considéré comme un Etat qui avait rééchelonné sa dette », a-t-il souligné, faisant savoir que lorsqu'un Etat fait un abandon de dette, il est automatiquement classé parmi les Etats faillis et parmi les mauvais élèves de la classe financière internationale.

S'il est vrai qu'Haïti n'est pas qualifiée pour des instruments de financements non bancaires internationaux disponibles pour la région, le conseiller pour les affaires financières du ministre de l'Economie et des Finances d'Haïti fait remarquer que le pays peut toutefois s'engager au rachat de sa propre dette. « Il y a tout un tas d'instruments qui peuvent être mobilisés », a souligné Philippe Olivier devant une assistance composée de professionnels de la finance en Haïti, d'étudiants de différentes universités.

L'expert de la finance a indiqué qu'Haïti peut toutefois développer des instruments de financements non bancaires afin de pouvoir investir dans le pays. « Le pays dispose de grandes capacités de ressources à partir desquelles il pourrait créer des produits de titrisation », a insisté M. Olivier, ajoutant que le pays doit travailler sérieusement sur une façon de s'organiser qui lui permet d'intervenir sur ce marché pour pouvoir faire progresser sa capacité à devenir un acteur « successfull ».

Le conseiller de Yves Bastien a des idées à proposer dans le domaine. « Haïti pourrait classer ses territoires et les faire certifier bio par des organismes internationaux, et pourrait s'en servir pour les tritiser sur des bourses de valeurs étrangères pour valoriser ces actifs », a-t-il, entre autres, évoqué, faisant remarquer qu'il y a des organismes internationaux qui sont très intéressés par des territoires comme ceux d'Haïti.

Avec un appui budgétaire en nette dégression et les fonds de PetroCaribe en decrescendo avec la baisse substantielle du prix du baril de pétrole sur le marché international, la situation financière d'Haïti n'est pas la meilleure. Malgré cette situation, le conseiller pour les affaires financières du ministre de l'Economie et des Finances dit avoir plein d'espoir pour l'avenir d'Haïti à court terme sur le plan financier.

Carlin Michel
Source : Le Nouvelliste

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