Economie

Questions au Premier ministre Lauren Lamothe

Par Léo Joseph

Dans la précédente édition, a été annoncée la présentation d’une enquête sur les négociations menées par l’actuel Premier ministre se servant de la société espagnole SOWCI pour bouclier, avec le gouvernement Préval. Le contrat signé éventuellement (2008), moyennant commissions aux représentants haïtiens, donne de gros avantages à la firme espagnole, écartant la compagnie des télécommunications de Bahamas, qui avait fait don d’un câble sous-marin à Haïti en échange du contrat avec la Téléco. En épluchant le document signé par les représentants du gouvernement haïtien, des irrégularités surgissent qu’il va falloir tenter d’élucider. À cause d’une panne au niveau du logiciel, au journal, il n’est pas possible de présenter, comme annoncé, l’enquête sur les relations qui existent entre la compagnie espagnole avec Laurent Lamothe, d’une part, et la Téléco avec Présumé et Castel, d’autre part.

La « Haitel n’est pas encore en vente »

Tout en donnant rendez-vous aux lecteurs pour la présentation de l’enquête promise, nous estimons qu’il est impérieux d’intervenir cette semaine sur le dossier de la Haitel, après que le directeur de la Direction générale des impôts(DGI) eut fait des déclarations le mettant aux antipodes du Premier ministre Laurent Lamothe.

En effet, à la lecture d’un article paru dans l’édition du lundi20 août 2012 du quotidien Le Nouvelliste, sous le titre « Haitel pas encore en vente », sous la plume de Robenson Alphonse, le directeur général de la DGI, responsable du dossier, fait état de mensonges ou de « manœuvre de diversion », dont l’hebdomadaire et Léo Joseph, l’auteur de l’article incriminé, serait coupables. Le patron du fisc, Joseph Clark Neptune, cite, pour étayer son accusation, une note diffusée par le secrétariat de la primature qui, dit-il, «condamne avec véhémence la campagne de diffamation gratuite orchestrée contre le gouvernement de la République par le journal Haïti-Observateur ».

En exploitant encore le document émanant du bureau du Premier ministre Lamothe, M. Neptune affirme que la note, « estime que les accusations fantaisistes lancées à l’encontre de la personne du Premier ministre, S.E.M. Laurent Salvador Lamothe, visent à discréditer l’ensemble de l’-Exécutif haïtien et à semer la confusion au sein de la population au profit d’intérêts inavoués. »

Poursuit la note cité par Joseph Clark Neptune : « Le secrétariat général de la primature, qui appelle une fois de plus ledit média à faire preuve de professionnalisme, rappelle que l’-exercice de la démocratie ne saurait être conduit sur la base de mensonges et de violation des règles fondamentales d’éthique, et se réserve le droit de prendre telle disposition que de droit», conclut cette note, écrite 11 jours après, cette fois, pour dénoncer « avec virulence les allégations fantaisistes véhiculées par le Journal Haïti Observateur selon lesquelles le Premier ministre, S.E.M Laurent Salvador Lamothe, s’apprêterait à poursuivre en justice l’ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Me Thierry Mayard Paul, pour détournement de fonds publics ».

Le document attribué à la primature par le patron de la DGI, et accrédité par Robeson Alphonse, termine sur cette note : « Le chef du gouvernement estime que ces graves accusations, qui éclaboussent également le nom de la première dame de la République, participent d’une volonté macabre visant à discréditer l’ensemble de l’Exécutif et à jeter le doute au sein de l’opinion au profit d’intérêts inavoués ».

En clair la note en question s’adresse à deux éditions séparées de l’hebdomadaire. Dans la première, datée du mercredi 8 août2012, H-O rapportait que suite à la mise à pied de MeThierry Mayard-Paul, le Premier ministre Lamothe avait indiqué, dans des propos tenus à son bureau, que son adversaire politique serait passible de poursuites judiciaires, car des fonds importants auraient été détournés de son ministère.

En clair, seuls des personnes ayant accès aux documents officiels et qualifiées pour connaître les dossiers peuvent établir qu’il y avait motifs de poursuites contre Me Paul. H-O ne fait que rapporter des propos qui ont été lâchés dans un espace où, sans doute, les murs ont des oreilles.

Au passage, j’aimerais savoir pour quels motifs des fonctionnaires de haut niveau de la primature ont été révoqués par le Premier ministre, dans la foulée de l’affaire Mayard-Paul.

Revenons à Haitel! À lire la note émise par la primature, citée par M. Neptune, il devient clair que les autorités du pays sont en train de mener deux action nettement séparées contre la Haitel.

En effet, le directeur de la DGI mène l’action légale contre Franck Ciné, sa famille et sa compagnie. De son côté, le Premier ministre Laurent Lamothe s’est lancé dans des négociations visant à la vente de cette société. C’est ce que Léo Joseph a fait ressortir dans l’édition du 15 août 2012.

Dans un tel cas, M.Lamothe devrait harmoniser ses actions avec celles de la DGI. Pour cette raison je pose les questions suivantes au Premier ministre :

Si la Haitel n’est pas en vente pourquoi êtes-vous en contact avec la société Nord Citadel LLC?

Si la Haitel n’est pas en vente, pourquoi le prix de 25 millions a été donné à l’acquéreur éventuel ?

Si la Haitel n’est pas en vente pourquoi avez-vous demandé et l’acquéreur éventuel a-t-il versé un montant en acompte (avaloir) ?

Pourquoi encore, au cours des négociations, l’acquéreur s’est entendu demander que sa compagnie effectue un dépôt fiduciaire d’USD 10 millions en Haïti, en plus de mettre une carte de crédit à la disposition du vendeur (ou des vendeurs) ?

De toute évidence, les acteurs dans l’affaire de la Haitel semblent avoir de bonnes raisons de ne point accorder leurs violons. Ce qui prend l’allure d’un scandale, que le Premier Lamothe et ses alliés semblent vouloir mettre au compte de l’imagination fertile d’Haïti-Observateur et de ses dirigeants, est en fait, la résultante d’une entreprise dont les responsables ne jouent pas cartes

Haiti Observateur