La décente aux enfers 2010: l’année des catastrophesPar Michel SOUKAR Cette année, le pays a vécu les pires catastrophes de son histoire. Ces catastrophes traduisent la faillite de l’Etat et celle de toutes les élites haïtiennes confondues. Elles mettent également en relief l’imprévision, l’impréparation, l’impéritie, l’incrédulité et l’insouciance des dirigeants et des citoyens haïtiens. A l’instar des 10 plaies d’Egypte relatées dans le livre d’Exode de la Bible, ce bilan décrit et analyse les effets de 10 des plus grandes catastrophes qui ont frappé Haïti au cours de l’année 2010 :
1. Catastrophe Naturelle Avant le 12 janvier 2010, nombreux étaient les haïtiens qui ignoraient que le pays était traversé par deux failles sismiques majeures, l’une traversant la partie septentrionale de l’île et l’autre sa partie méridionale. Les avertissements lancés pendant deux décennies par l’ingénieur géologue haïtien Claude Preptit sont tombés dans les oreilles de sourds. fLe mardi 12 janvier 2010, à 4 heures 53 minutes de l’après-midi, un séisme de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter, a frappé Haïti. Le tremblement de terre qui s’en est suivi a causé des dégâts humains, matériels, économiques et financiers incommensurables. En 35 secondes, tous les symboles de pouvoir de l’Etat d’Haïti ont été anéantis. Le Palais national, le Palais législatif et le Palais de justice se sont effondrés et ont été ensevelis sous des amas de décombres. Selon les chiffres avancés, trois cent mille personnes environ auraient péri ou disparu. Un million cinq cent mille vivraient dans des abris de fortune et dans des conditions infra humaines. Cinq cent mille auraient déserté momentanément Port-au-Prince pour aller s’établir dans d’autres départements géographiques et villes non touchés par le tremblement de terre. Ce que semble confirmer un rapport du Fonds des Nations-Unies pour la Population (FUNUAP). f En outre, ce séisme af sérieusement affecté le parc immobilier national. Des dizaines d’églises, des centaines d’édifices publics, des milliers d’écoles, des centaines de milliers d’immeubles résidentiels et commerciaux sont détruits dans les départements de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes. Aucun secteur n’a été épargné. Selon la malice populaire, le tremblement de terre a principalement frappé trois (3) « E » : Etat, Ecole, Eglise. Toute plaisfanterie mise à part, saura-t-on jamais avec exactitude le nombre de personnes décédées ou disparues vraiment à Port-au-Prince, à Delmas, à la Croix-des-Bouquets, à Ganthier, à Carrefour, à Léogane, à Jacmel, à Grand-Goave, à Petit-Goave et à Miragoane, suite au séisme du 12 janvier 2010? Un inventaire exhaustif est nécessaire pour déterminer avec précision le nombre de magistrats, de médecins, d’ingénieurs, d’agronomes, de géographes, d’économistes, d’éducateurs, bref de professionnels décédés ou disparus sous les décombres des bureaux où ils travaillaient ou bien chez eux. A ceux-là, s’ajoutent, bien entendu, les maçons, cordonniers, charpentiers, ébénistes, électriciens et autres travailleurs manuels plus les milliers de professeurs, les centaines de milliers d’élèves, d’étudiants, d’universitaires et des centaines de milliers d’anonymes décédés ou disparus. A quelques jours de la date anniversaire de cet événement malheureux et tragique, un exercice de mémoire s’avère indispensable. Jusqu'à présent, le gouvernement n’a pas encore érigé une stèle à la mémoire de tous ceux et toutes celles, toutes classes sociales confondues, qui ont perdu la vie ou disparu. La capitale et les villes affectées par le séisme ressemblent à des champs de ruines. Dfes gravats jonchent de nombreuses rues de la capitale, obstruant du même coup la circulation des piétons et des véhicules. Ces gravats font peser également une grave menace sur la santé des populations de ces régions.
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