| Lamentations |
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Lamentations Par Me Serge H. Moise
Ayons pitié de ceux-là Qui se meurent déjà Avant même que de naître. Qui suffoquent lentement Dès la première bouffée d'air Péniblement inspirée.
Ayons pitié de ceux-là Dont la triste existence N'est que désolation Indignité, la faim, la peur L'insomnie et le deuil.
Ayons pitié de ceux-là Qui subissent leur destin Sans jamais chanter ni danser Car ils sont des sans voix Sourds - muets - amorphes
Ils croient tout entendre Mais ne comprennent rien Ils vocifèrent à l'occasion Mais n'expriment rien. Ils souffrent atrocement Et n'osent même pas pleurer. Leurs sourires grimaçants Transforment leurs visages En autant de masques qui font peur
Ayons pitié de ceux-là Qui du matin au soir S'en vont ici et là Sans but ni objectif Suant sang et eau Toujours en quête D'une croûte de n'importe quoi Et qui reviennent toujours Les mains vides Et le ventre creux
Ayons pitié de ceux-là Qui ressemblent à des fantômes Pourtant, nos frères en vérité Méprisés, opprimés, zombifiés. Ayons pitié, car, aujourd'hui, c'est eux Demain ce sera peut-être nous...
Nous, privilégiés, qui demeurons Insensibles à leurs lamentations Nous qui n'avons pas su leur tendre Cette main fraternelle Qui aurait pu les sauver Eux et nous...
Ceux-là qui ne font que prier Avec la plus grande ferveur Et qui se demandent perplexes Si leurs dieux les entendent. Qui espèrent même sans espoir. Qui en ont mare de cette vie de chien. De cette vie sans fin. Ayons pitié de nos sœurs et frères Avant qu'il ne soit trop tard. Aujourd’hui, c'est eux Demain - Qui sait? Ce sera, peut-être nous !
Me Serge H. Moïse |

