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Haiti: Ce Qui reste des fonds de Petrocaribe



Au 31 décembre 2009, l'Etat haitien, à travers le Bureau de la monétisation, dispose de moins de 130 millions de dollars après le décaissement des fonds d'urgence dans le cadre de l'Accord Petrocaribe. Cette somme est disponible à la Banque nationale de Crédit (BNC).

 


                                            Terminal Petrolier de Thor- Carrefour

 Moins de 130 millions de dollars américains. C'est ce montant qui reste des 326 millions de dollars des fonds générés par le Petrocaribe. 197 millions de cette enveloppe ont été déjà utilisés par le gouvernement de Michèle Duvivier Pierre-Louis dans le cadre du programme d'urgence décrété après le passage des quatre cyclones qui ont ravagé le pays en 2008. Cette somme dort paisiblement à la Banque nationale de Crédit (BNC), a appris Le Nouvelliste d'une source digne de foi.

« Nous savons que les moins de 130 millions de dollars restants de ces fonds sont à la Banque nationale de Crédit (BNC). Mais, nous n'avons aucune idée de l'utilisation de cette somme ni comment on va l'utiliser », a déclaré, pour sa part, le directeur commercial du Bureau de monétisation, Jean Ralph Caze.

M. Caze a affirmé que les 326 millions de dollars des fonds Petrocaribe sont de l'argent public. Ces fonds devraient être investis dans des activités rentables afin qu'ils puissent générer des revenus permettant à Haïti de les rembourser le moment venu. Il s'agit d'un prêt accordé à Haïti par le Venezuela pour une durée de 25 ans au taux annuel de 2%. 

Géré par le Bureau de monétisation, l'accord de coopération PetroCaribe est un programme du gouvernement vénézuélien, visant à garantir aux pays de la Caraïbe et de l'Amérique Centrale un approvisionnement pétrolier à des conditions préférentielles. Cet accord permet à l'Etat haïtien, à travers le Bureau de monétisation, d'acquérir avec des facilités de paiement des produits pétroliers du Venezuela, principal fournisseur du marché local de ces produits depuis plus de 20 ans. 


Le montant total des importations de produits pétroliers est versé en deux parties. L'une dite « cash» est payable dans les 90 jours qui suivent l'expédition des produits. L'autre représente la dette à long terme de l'Etat haïtien.

« Le gouvernement haïtien transfère 40 % de cette valeur au fournisseur vénézuélien si le prix du baril pratiqué sur le marché international est inférieur à 100 dollars et entre 40 et 70% si ce prix est supérieur à 100 dollars. Tandis que le reliquat du pris du marché international ets consenti comme un prêt au gouvernement haitien payable en 25 ans aux taux d'intérêt annnuel de 2%», a fait savoir M. Caze.

Selon notre source, le ministère de l'Economie et des Finances était réticent au décret adopté par le gouvernement d'alors pour l'utilisation des 197 millions de dollarsdans le cadre du programme d'urgence. En effet, dit cette source, nous savions qu'on n'arriverait pas à diffuser assez d'informations relatives à la gestion de cette importante somme non budgétisée.

Toujours, selon cette même source, les fonds Petrocaribe ne peuvent pas être utilisés par le gouvernement comme bon lui semble, car ce sont des fonds stratégiques qui ne peuvent être utilisés que dans des domaines sociaux avec l'approbation du Conseil des ministres.

La perspective de voir cette somme dormir dans un compte bancaire en attendant que des projets d'urgence soient élaborés choquent plusieurs membres de la communauté haïtienne. 

Un an après le décaissement de ces fonds, ils sont nombreux, parlementaires et économistes à attendre la publication du rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA) relatif audit fonds d'urgence. 

Par ailleurs, le Premier ministre Jean Max Bellerive, a récemment déclaré qu'il attend encore l'audit de la CSC/CA sur les fonds de Petrocaribe qui ont été engagés. Avec sa formule « mieux dialoguer, mieux expliquer et mieux exécuter », il a promis d'utiliser ces fonds dans la transparence. A noter que le 5 de chaque mois, des informations sur les versements effectués dans ce compte sont diffusées sur les sites du ministère de l'Economie et des finances, et du Bureau de monétisation.

Amos Cincir
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Dominique DOMERCANT
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Source: Le Nouvelliste