| Pourquoi il n’y a pas beaucoup d’emplois en Haiti? |
|
Jean Erich René - Quelle est la rentabilité socio-économique de l’investissement en éducation ? Chaque année plus de 100.000 élèves prennent part aux examens du Baccalauréat combinés: rhéto et philo. Les résultats des examens de 2010 accusent un taux de réussite de 60%. Donc 40.000 élèves ont échoué. Qui pis est, nos Universités et Ecoles Supérieures n’ont pas une capacité d’accueil pour les 60.000 lauréats dont la plupart ne font que grossir la bande des sans-travail donc des insatisfaits. Les 2/3 des diplômés, peu de temps après, obtiennent leurs visas pour l’Amérique du Nord. Chaque année le cycle recommence. D’où le faible impact de l’éducation sur l’économie haitienne. Il faudrait des formations professionnelles qui débouchent directement sur le marché de l’emploi. Dans un monde en pleine mutation, tout gouvernement progressiste doit tenir compte qualitativement et quantitativement de l’offre de travail. Sans l’opportunité des débouchés, la formation devient inadéquate. Nous devons faire en sorte que les écoles professionnelles donnent accès à un emploi aux diplômés. A ce sujet, il faut tenir compte de l’avis des Hommes d’Affaires et principalement de la Chambre de Commerce et de l’Industrie, relativement aux nouvelles orientations du Marché du Travail. Un taux de chômage de 67% est pire qu'un cocktail Molotov. Dans ce monde en pleine mutation tout Gouvernement Progressiste ne peut pas se contenter de vains discours. Son gage de succès consiste à satisfaire l’offre de travail, en casant les techniciens issus annuellement de nos Centres de Formations Professionnelles. Y = Kα(AL)1-α Y: représente la production nationale.
En combinant A et L, l'expression (AL) traduit le rendement de chaque travailleur en fonction de la technologie en cours dans le pays. Il est clair que le rendement au travail d'un homme avec un tracteur ou d'un ordinateur est nettement supérieur celui d'un ouvrier armé d'une machette ou d'un crayon. Y = Kα(AL)1-α devient : log Y = log Kα + log(AL)1 - α ou encore log Y = α.log K + (1-α ) log AL
La dérivée de cette fonction est: Y'/Y = α.K'/K + (1-α) A'/A c'est la somme investie pour augmenter le capital national haïtien. (1-α) représente le pourcentage du budget de la République d'Haïti affecté à l'Education Nationale. La dérivée de la fonction de croissance de Harrod nous permet de conclure que toute variation ou augmentation de la production nationale Y'/Y dépend de la quantité d'argent dépensée pour augmenter le Capital national (αK'/K) et de la portion du budget qui est réservée à l'éducation pour élever le niveau technique de la population haïtienne (1-α) A'/A afin de répondre à la demande du Marché du travail Cette fonction d'Harrod et sa dérivée décrivent clairement la situation lamentable de l'économie haïtienne , notre sous développement chronique et conséquemment notre niveau de chômage de 67%. Par leur obscurantisme mystificateur et réducteur, la plupart de nos Chefs d'Etat plus intéressés aux luttes politiques, aux cancans, négligent d'augmenter le Capital National, le nombre d'écoles et la performance du programme scolaire. Il devient impérieux pour le prochain Nouveau d’Etat qui a fait de l'Education la priorité des priorités de son programme de Gouvernement, s’il ne veut pas se faire ridiculiser, de tenir compte de certaines contraintes associées à UNE EDUCATION POUR LE DEVELOPPEMENT. Selon le rapport mondial 2001 du PNUD sur le développement humain de Boeck University, Haïti accuse un indice technologique de 0,093 tandis que la Jamaïque a un indice technologique de 0,261 et la République Dominicaine un indice technologique de 0,244. Seul un investissement massif dans le domaine de l'Education nous permettra d'arriver au développement économique d'Haïti par une augmentation de notre indice technologique. Actuellement en Haiti on observe une grande discordance entre les formations dispensées et les besoins du Marché du Travail. La rentabilité de l’enseignement doit avoir pour objectif la croissance continue de la Production Nationale. Grâce à ce différenciel on peut embaucher de nouveaux travailleurs. Le déséquilibre socio-culturel handicape l’évolution économique et sociale d’Haïti. La technologie est le multiplicateur par excellence de la plus-value que dégagent les investissements et la condition sine qua non du recrutement de nouveaux travailleurs. Il existe une étroite corrélation entre l’éducation et la croissance économique. Nous devons les agencer de manière harmonieuse afin de produire l’osmose génératrice de l’embauche. Voilà pourquoi l’emploi en Haïti se fait de plus en plus rare et les tensions sociales plus fréquentes. Jean Erich René Ottawa le 15 avril 2011 |

