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Les débats : dernières lignes droites à l'élection présidentielle américaine de 2012

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Prof. Esaü Jean-Baptiste

Le président sortant Barack Obama et le candidat républicain Mitt Romney devront, dans trois face-à-face télévisés programmés le 3, 16 et 22 octobre, s'affronter l'un l'autre dans leurs dernières lignes droites dans la course à la Maison- Blanche. Ces débats présidentiels, comme d'habitude, feront l'objet de véritables sensations aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Avec ces affrontements politiques, la campagne générale des présidentielles prendra une autre vitesse de croisière.

Après le choix du vice-président des républicains et les conventions nationales des deux partis, les débats opposant le président Barack Obama et le candidat républicain Mitt Romney est un autre temps fort dans la course à la Maison-Blanche. C'est le temps de ratrapage pour celui auquel les sondages ne sont pas favorable. Alors que c'est l'occasion pour celui qui est en bonne position dans les sondages de gagner davantage de points. ''Les deux conventions viennent de terminer; les discours ont été prononcés, applaudis d'un côté, critiqué d'un autre. Les flonflons se sont tus, les pancartes de soutien ont été repliées. Les banderoles enroulées et les promesses comme toujours étalées au grand public.

A présent nous allons rentrer dans l'intimité des débats en octobre ou à la loyale, sans tambours ni trompettes, les deux principaux candidats à la présidence vont s'affronter. Ce ne sera plus des roulements d'applaudissement interrompant les discours mais un duel d'arguments qui souvent feront mal. Plus des gants de velours mais de gants de boxe dialectiques qui écraseront les motivations de l'autre''.

L'histoire des débats télévisés dans le processus des présidentielles américaines remonte à la seconde moitié du vingtième siècle plus particulièrement vers les années 1960. «Lancée pour la première fois en 1960, avec le duel Nixon-Kennedy, l'organisation des trois débats télévisés très médiatisés entre les deux candidats à la présidence fait partie intégrante de la tradition politique américaine, même s'ils ont rarement changé le cours des événements. Parmi les candidats ayant le mieux utilisé l'effet de levier des débats télévisés figure Jimmy Carter en 1976 face à Gerald Ford, Ronald Reagan en 1980 et en 1984, et aussi Bill Clinton en 1992, lors de l'adoption d'un nouveau format élargi («town hall») en présence d'un public. Entre 1960 et 1976, il n'y a pas eu de débat principalement en raison du refus des candidats de s'affronter pendant cette période''.

Enjeux des débats

Dans une course à la présidence, les candidats et leurs équipes de campagne savent queles moindres erreurs dans un débat peuvent basculer ou affecter les sondages, donc ils sont prudents parce que chaque détail compte énormément pour eux. L'histoire du premier débat télévisé entre Nixon et Kennedy est un exemple classique pour expliquer l'importance d'un face-à-face dans une course à la présidence. « En 1960, lors du premier affrontement politique retransmis à la télévision, Richard Nixon avait tellement mauvaise mine, face à un John F. Kennedy bronzé en veste bleue, que sa mère lui avait téléphoné après l'émission pour savoir s'il était malade».

L'expérience négative de Richard Nixon lors du débat l'opposant au jeune sénateur démocrate, John Kennedy n'est pas la seule dans l'histoire des débats politiques aux Etats-Unis. «En 1976, une panne de son obligea Gerald Ford et Jimmy Carter à rester immobiles comme deux mannequins de cire pendant une demi-heure. En 1980, Carter avait paru léger en avouant qu'il discutait du contrôle des armes nucléaires avec sa fille de 12 ans, Amy. La gaffe suprême revient à Gerald Ford lorsqu'il affirma en 1976 qu'il n'y avait «pas de domination soviétique de l'Europe de l'Est. En 1984, Ronald Reagan, âgé de 73 ans, avait mis les rieurs de son côté en déclarant : «Je n'ai pas l'intention d'exploiter la jeunesse et l'inexpérience de mon adversaire à des fins politiques.»

En 1988, Michael Dukakis était passé pour un intellectuel froid en défendant son opposition à la peine de mort, même dans l'hypothèse du viol et du meurtre de sa femme. En 1992, George H. W. Bush avait trahi sa lassitude en regardant sa montre. En 2000, Al Gore n'avait pas amélioré son cas en soupirant d'un air condescendant''.

A ce sujet, plusieurs essais sont écrit par des collègues professeurs, questions de rappeler aux candidats les enjeux d'un tel face-à-face. Etant une étape incontournable dans la course à la Maison-Blanche, donc Obama et Romney se voient donc dans l'obligation de répondre à des questions d'actualité nationales comme la crise économique aux Etats-Unis aussi bien sur des sujets brulants comme l'insécurité américaine dans le monde. Mais la grande question maintenant: qui, de Barack Obama ou Mitt Romney, aura obtenu gain de cause dans ces débats?

Les face-à-face entre Obama et Romney

C'est à l'université de Denver dans l'Etat de Colorado que, le 3 octobre 2012, aura lieu le premier débat présidentiel sur la politique intérieure des Etats-Unis. Animé par le modérateur Jim Lehrer de l'émission "News Hour" de PBS, ce duel politique sera divisé en six thématiques de 15 minutes.

Le second sera le 16. Tandis que le dernier sera à Boca Raton en Floride, le 22 octobre. Dans ces face-à-face télévisés, les deux candidats répondront aux questions sur la politique internationale et nationale. Tout en abordant les domaines prévus de la politique étrangère, de sécurité nationale, ils auront aussi à répondre à des questions domestiques, particulièrement la crise économique et de l'emploi à laquelle fait face actuellement les Etats-Unis. Ainsi, le président Obama et son adversaire Romney ont, dans ces duels télévisés, quelques heures, tout en les rassurant d'un lendemain meilleur, pour convaincre les électeurs indécis.

Retransmis en direct par le network des grands médias nationaux comme ABC, CBS, NBC, CNN, Fox News, MSNBC, C-Span et Fox, les débats seront en général les activités de la soirée les plus suivies par le peuple américain. Par conséquent, dans une course aussi serrée comme celle opposant Obama et Romney, il n'y a pas de place à l'erreur. Ce qui explique, si le président ou l'ancien gouverneur du Massachusetts ne veulent pas répéter les mêmes erreurs de Nixon ou autres des candidats ci-mentionnés, qu'ils sont condamnés au cours de ces face-à-face à un parcours sans faute. «Les débats ont le potentiel d'un quitte ou double. Un dérapage, une gaffe, un moment d'hésitation, une expression de mépris ou de suffisance, un éclairage peu flatteur, un angle de caméra défavorable peuvent ternir l'image d'un candidat et entamer ses chances de victoire»'.

À leur tour, les candidats à la vice-présidence, Biden et Ryan auront leur unique débat le 11 octobre, à Danville, dans le Kentucky.

Prof. Esaü Jean-Baptiste Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Washington, DC USA Lundi 24 septembre 2012
Le Nouvelliste