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Richard Morse (RAM): J’ai laissé le gouvernement de Martelly à cause de la corruption

richard morse

RAM déballe

"Je suis parti à cause de la corruption au palais et le sabotage d'infrastructure », a révélé Richard Auguste Morse, cousin du président Michel Martelly à Catherine Porter du Toronto Star, un journal en ligne canadien

Quand RAM a claqué la porte, l'opinion publique l'a su par un tweet le 26 décembre 2012: « J'ai remis ma démission ; je ne travaille plus pour le gouvernement haïtien ». Le pourquoi n'a jamais été dit et les spéculations enflaient. La meringue 2013 carnaval du groupe, banni du défilé au Cap-Haïtien, laissait des indications clairement décodées, comme la gloutonnerie d'une femme, d'une « gran mangèz ».

Au journal Le Nouvelliste, RAM, poliment, avait refusé une demande d'interview. A l'époque, avant le carnaval, il calmait le jeu. Les « zen » sont comme un feu répandu dans un champ de canne à sucre. Cela part vite et fait le maximum de dégâts. Ce dont le pays n'avait pas besoin, avait-il dit. Cependant, depuis quelques semaines, parallèlement à des rumeurs sur des malheurs qui lui étaient arrivés, d'autres tweets mouillés d'acide laissaient planer une évidence : RAM est peut-être prêt pour le grand déballage.

Sauf revirement, RAM s'est confié. "Je suis parti à cause de la corruption au palais et le sabotage d'infrastructure », a révélé l'artiste, cousin du président Martelly à Catherine Porter du Toronto Star dont l'article a été publié le lundi 15 avril 2013. Morse, selon l'article, dit avoir des évidences sur des travailleurs qui obstruent des canaux de drainage avant la saison des pluies. Cela a provoqué des inondations. « Quand j'ai alerté le ministre, rien n'a été fait », a dit Richard Morse au Toronto Star. « Si vous créez des désastres, c'est seulement pour l'argent de l'aide », a-t-il ajouté, assurant aussi, d'après le Toronto Star, avoir vu des faux chèques et des gens payés alors qu'ils ne travaillaient plus au palais. Morse confie avoir agité la question mais rien n'a été fait. « Au lieu de combattre la corruption j'ai senti qu'on l'embrassait », a confié RAM au Toronto Star.

Le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, au lieu de réfuter les déclarations de Richard Morse, a indiqué de préférence que son administration fait face à ce problème et a mis sur pied un nouveau task force anti-corruption qui a permis d'arrêter ces derniers mois 65 personnes, incluant l'ancien maire de Pétion-Ville. « C'est endémique en Haïti et endémique dans les pays les plus pauvres », a confié le Premier ministre, joint au téléphone par Toronto Star. « Nous comprenons que la lutte contre la corruption est une clé pour attirer des investissements. Nous prenons toutes les mesures nécessaires... Mais cela n'arrivera pas du jour au lendemain », a indiqué Laurent Lamothe, ajoutant que le gouvernement dispose d'une ligne téléphonique utilisable par des citoyens anonymes désirant fournir des informations sur des pratiques de corruption. « L'argent corrompt les gens ; voler l'argent de l'Etat c'est voler l'argent du peuple », a écrit Laurent Lamothe sur son blog, selon Toronto Star.

« Nous avons beaucoup de respect pour Morse. Nous faisons de notre mieux dans des circonstances difficiles », a indiqué Lamothe dont la tonalité n'est pas différente dans sa réaction à la démission de la ministre de l'Économie et des Finances Marie Carmelle Jean-Marie mercredi dernier. La démission de Marie Carmelle Jean-Marie était liée à des frictions interpersonnelles mais pas à la corruption. Dans sa lettre de démission, MCJM avait déploré l'existence de pratiques peu vertueuses valant à Haïti d'être épinglée dans le rapport de PEFA et l'absence de soutien de ses pairs dans les efforts pour rationaliser les dépenses publiques.

Ce lundi soir, les tentatives pour obtenir un commentaire de la présidence sur cet article et les propos de Richard Morse ont été vaine. Richard Morse, ancien de Princeton université, prêtre vaudou, avait fait campagne avec Michel Martelly, son cousin. C'est dans son hôtel, le Oloffson, que le candidat Martelly, assurant être « clean », promettait dans des conférences de presse le changement en Haïti, un pays très mal classé dans l'indice de la perception de la corruption du Transparency International. Le pays était 165 sur 176 pays l'an dernier dans ce classement. Entre défection et dénonciation, le pouvoir Tèt Kale est à l'épreuve des dénonciations de ceux qui étaient du dedans, « nan vant bèf la ».

Roberson Alphonse
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Source: Le Nouvelliste

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