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Haiti Observateur: Ile à Vache - L’investisseur américain d’Abaka Bay craint d’être évincé par Michel Martelly

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Haiti Observateur: Ile à Vache - La station balnéaire « Abaka Bay » convoitée par Martelly

Par Leo Joseph --- Le propriétaire américain à l'origine du projet craint d'être évincé par les hommes et femmes du pouvoir (Enquête)

Le développement de la station balnéaire « Abaka Bay », à l'Île-à- Vache, en face de la ville des Cayes, dans le sud d'Haïti, pourrait achopper sur un obstacle majeur de nature à compromettre son évolution normale. Après avoir travaillé inlassablement durant plus de huit ans et autofinancé les travaux qui ont totalement transformé cette merveilleuse plage, à l'origine une beauté naturelle, en destination de prédilection des touristes, Robert Dietrich dit voir tous les signes que les forces qui se liguent contre lui visent à l'écarter complètement. Toutefois, il souhaite que le projet d'accaparer les installations qu'il a créées tourne court et échoue afin d'éviter l'ostracisme d'Haïti par les investisseurs étrangers ou la dé- mobilisation de rares capitalistes qui ont osé prendre leurs chances avec ce pays, en dépit de la mauvaise presse trop souvent justifiée par le comportement et la politique des dirigeants que connaît ce pays.

Des rumeurs persistantes faisant le tour de la capitale, notamment dans les milieux proches de certains ministères, font état de la mainmise que l'équipe au pouvoir est en train de faire, particulièrement sur les propriétés donnant sur les plages. D'aucuns laissent croire que les dirigeants du pays, en prévision d'un vaste projet de développement touristique de cette île, ont lancé une opération consistant à faire l'acquisition des propriétés qui seront transformés en stations balnéaires, complexes résidentiels ainsi que des villas et des appartements à l'intention de la jet-society.

Par ailleurs, des personnes qui passent pour des activistes politiques alimentent des bruits selon lesquels les hommes et femmes de l'administration en place seraient en train d'acheter des propriétés dans l'Île-à-Vaches, cherchant même à s'approprier des terres de l'État.

L'Île-à-Vache découverte grâce à « Abaka Bay »

N'était-ce l'arrivée de Robert Dietrich, un Américain originaire de Detroit, dans l'État de Michi gan, à l'Île-à-Vache, en décembre 2002, personne n'aurait mis cette plage sur leur destination touristique. L'im plan tation de la première sta - tion balnéaire appelée « Port-Mor - gan », par le Français Didier Boulard secondé financièrement par des investisseurs haïtiens tels que Max Buteau, en novembre 1995, a en quelque sorte favorisé la création d' « Abaka Bay Res ort».

En effet, M. Dietrich explique qu'à l'occasion de la célébration du premier anniversaire de son mariage avec Mélissa Sajous, qu'il avait rencontrée à Chicago, il décida de passer le week-end du 28 décembre 2002 à Port-Morgan avec son épouse.

Aux destinations figurant sur le programme d'excursion organisé par la Direction de Port-Morgan figure cette magnifique plage dont Dietrich dit être amoureux, lui et Mélissa, et qui devait les rendre captifs depuis lors. Avant même de quitter l'île, il commençait à concevoir le projet d'y retourner et d'installer une station balnéaire.

Marié à Mélissa Sajous, Robert Dietrich trouva des associés naturels en la personne de ses beaux- parents, M. et Mme Fernand Sajous. Après avoir fait l'acquisition de plusieurs terrains à l'Île-à- Vache, en tout premier lieu la plage enchanteresse qu'il avait découverte en décembre 2002.

abakabay-2Durant les dix prochaines années, raconte Dietrich, son épouse, les parents de celle-ci et lui-même ont investi ce qu'ils représentent comme ressources humaines et financé les travaux de construction et d'aménagement du terrain. Il affirme avoir liquidé le fonds d'éducation de ses enfants, les profits réalisés dans son entreprise à Detroit en sus d'autres ressources qu'il a su réaffecter pour les investir dans Abaka Bay.

Pendant des années, dit-il en outre, avec l'appui logistique et le support moral et matériel de sa famille, son hôtel, désormais doté de 23 chambres, est devenu la référence pour les touristes tant nationaux qu'internationaux. M. Dietrich affirme que ce grand succès couronne ses efforts et constitue sa récompense, non seulement pour les sommes dépensées pour transformer ce lieu en une destination touristique qui enchante les visiteurs, mais aussi pour assurer de l'emploi à des jeunes Haïtiens. Tout cela lui fait oublier les 70 heures de travail qu'il fournissait par semaine pour que son rêve devienne réalité.
Fondée quelque dix ans après Port-Morgan, la station balnéaire Abaka Bay surpasse celui-là en étendue, qui compte dix-huit chambres disponibles pour accueillir des touristes, et deux ou trois autres prises en location à long terme.

Sans l'ombre d'un doute, Robert Dietrich a trouvé la combinaison idéale avec sa femme, ses beaux-parents et toute sa famille pour transformer cette partie de l'île, qui se trouve en face de la ville des Cayes, à quelque 200 kilomètres de la capitale. Les touristes qui s'y rendent arrivent par voiture jusqu'à cette ville d'où ils s'embarquent à bord d'un yacht qui assure la traversée jusqu'à l'Île-à-Vache.

Quand Michel Martelly découvre Abaka Bay

Le séjour agréable qu'a connu les visiteurs de cette station balnéaire, et que ceux-ci colportent à travers le pays et à l'étranger allait avoir un impact certain sur le va-et-vient interminable des touristes. Michel Martelly était de ceux-là qui en avaient entendu parler. Récemment proclamé vainqueur aux présidentielles de 2011, il n'attendait pas qu'il soit effectivement investi du pouvoir pour chercher des opportunités d'affaires.


En effet, le président élu Michel Martelly effectua une visite éclair à l'Île-à-Vache et découvrit Abaka Bay.

A Suivre , la proposition de Martelly.

Source: Haiti-Observateur

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