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Et si Dessalines participait à la manifestation du 17 octobre…..

10.17.2018-manifestation contre corruption

Par Prof.  Esau Jean-Baptiste  --- Il serait très furieux.  Sur tout le parcours, de l’église Saint Jean Bosco au Champs de Mars, il crierait d’une voix forte, si les citoyens ne se soulèvent pas pour demander des comptes sur l’argent du PetroCaribe, c’est qu’ils ne sont pas des hommes.

Oui, définitivement l’Empereur serait très furieux contre un président qui, le 27 septembre 2018 avait prononcé à la tribune des Nations-unis que le pays est mieux équiper pour faire face á des catastrophes naturels qu’avant le meurtrier tremblement de terre du 12 janvier 2010.  Alors que quelque jours avant ce discours, l’ingénieur géologue Claude Preptit annonçait déjà une tragédie dans le Grand Nord.  Comment, que ce soit le peuple haitien ou Papa Dessalines, à ne pas être furieux que, ‘’dans les minutes qui ont suivi la secousse de magnitude 5,9 samedi soir, les blessés ont logiquement afflué vers l'établissement public situé au coeur de la ville côtière, mais se sont retrouvés devant porte close. 

Le président et son gouvernement était prêt pour faire quoi quand on sait « Il n'y avait pas d'électricité ici, donc on n'a pas pu recevoir la foule hier soir », témoigne le docteur Paul Miclaude, en s'activant dimanche midi au service des urgences. «Ç'a été vraiment difficile pour nous de les envoyer vers un autre hôpital. Et, faute de temps, certains sont morts ici, ajoute-t-il.  Encore maintenant, on manque presque de tout. Ce sont les patients qui sont en train d'acheter les médicaments, les gants, tout - malgré leurs traumas et bien que leur maison vient d'être détruite », poursuit-il. 

Contrairement a ce que disait le président quelques jours de cela a la tribune des Nations-unis, « Manifestement, on n'est pas préparé pour une telle catastrophe », juge avec sévérité le médecin. 

Si on voulait croire au discours du président q’Haiti est prêt puisque l’argent du Petro Caribe n’a pas été dilapidé donc, « Voyez aujourd'hui, tout le monde peut voir qu'on n'a pas de vrai hôpital : ça montre bien qu'on n'a pas d'État. Le président est venu dans la ville, mais il n'est même pas venu voir ici », enrage François Lubensron à proximité de l'entrée de l'Immaculée Conception. 

De plus, papa Dessalines serait aussi furieux lorsqu’il constaterait l’état d’un monument érigé en son nom ainsi que les zones avoisinantes du Pont Rouge.    Explique moi ce constat d’échec de ce pays en faillite, demanderait Jean Jacques Dessalines le Grand.  Parmi les monuments historiques du pays qui se détériorent ou sont délaissés faute d'entretien, le mauvais état du monument érigé à la mémoire du père fondateur de la patrie, Jean-Jacques Dessalines, au Pont-Rouge, soulève indignation et colère. Tous ceux qui ont l'occasion de fréquenter ce secteur dénoncent le fait que les autorités haïtiennes semblent ne se souvenir de l'empereur seulement une fois l'an, tout juste un peu de nettoyage pour permettre au président du moment de déposer la gerbe de fleurs traditionnelle au pied du monument. 

Situé au carrefour de l'Aviation dans le quartier populeux de Chancerelles, à l'entrée nord de Port-au-Prince, le monument dédié à la mémoire du fondateur de la patrie trône aujourd'hui dans un environnement particulièrement dégradé. Devenus urinoir public et dépotoir informel, les alentours de la statue offrent un spectacle désolant: au pied de l'empereur, marchandes de fritures, de CD, de porte-clés et d'autres accessoires se disputent les clients, parmi les monceaux de détritus entre lesquels des enfants dépenaillés s'exercent à des jeux de hasard, constatait Amos Cincir du Quotidien Le Nouvalliste. 

Se pat pou sa ke mwen te fe 1804 

Comme Papa Dessalines continuerait le parcours de la manifestation, tout en chantant: kote lajan Petro Karibe an, l’Empereur serait très amère et faché contre les Conzés, les politiciens et les classes d’affaires au pouvoir qui continuent à collaborer aveuglement avec les fils et petits fils des colons et ceci à l’encontre même des intérêts collectifs.  Mis à part sa frustration contre la dilapidation des fonds du Petro Caribe, sur tout le parcourt, Papa Dessalines croisait des machines de la MINUSTAH, soit en stationnement ou autres sur presque chaque tronçons de routes qu’empruntait la manifestation.  ‘’Saw tande an, sik ak tout tansyonn granmounn lan monte byen wo’’. 

Toujours en colère, mais d’une façon plus modéré, il demanderait aux fils et petits fils légitimes (nationalistes) qui ce sont encore restés débout en dépit des vicissitudes de la vie: comment ces occupants se sont ils retournes au pays. Qui les ont donné l’occasion ou l’autorisation de rentrer et de rester dans mon pays, jusqu’a même en droit de designer qui devrait diriger mon peuple.

Comment sommes nous arrivés la. D’un pays indépendant en 1804, en pays sous tutelle, demandait le commandant. 

Sur son cheval, entouré de ces lieutenants encore conséquents à la cause d’une Haïti plus juste, sans exclusion, il demanderait aux députés et sénateurs aussi bien qu’aux hommes du Palais National qui font du marchandage politique à leurs propres intérêts mesquins, pendant que les masses croupissent dans la misère, ‘’fout tonne’’, qu’est ce que vous avez fait avec l’épopée de 1804?  

Après quelques heures de marche, c’était un Dessalines fatigué qui, avec les jeunes, criaient: jurons de combattre pour que justice soit faite autour de la dilapidation des fonds du Petro Caribe.  En refrain avec les jeunes, Papa Dessalines chantait, effrayons tous ceux et celles qui ont volé l’argent. 

Comme les manifestants approchaient le Champs de Mars pour se rendre au Palais National, subitement se trouvaient en face d’eux, des camions de police qui tiraient, lançaient du gaz et de l’eau grattée sur la foule.   Pris de paniques, les manifestants couraient dans des endroits dispersés pour s’abriter contre le comportement anti-démocratique de la police. Furieux, Général Dessalines criait encore plus fort: Je veux garder avec moi que des braves.  Que ceux qui veulent continuer a être exploiter par les corrupteurs du pouvoir et de la classe des affaires, laissent la foule.  Que ceux au contraire, qui veulent que justice soit faite sur la dilapidation des Fonds du Petro Caribe rejoignent la foule et se rangent autour de moi. 

Entre-temps, les fanatiques zélés du pouvoir qui se cachaient dans les parages, profitant de l’affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants, pour eux même, tiraient avec des armes automatiques aussi bien que des pierres en direction du père fondateur de la nation.  Fatigué et vieillir certes, mais un révolutionnaire reste ce qu’il est. Sur ces comportements anormaux des sbires du pouvoir, papa Dessalines criait encore plus fort en leur direction: je vous feriez tous sauter si toutefois vous continuerai dans vos sale besognes. 

Le discours de l’Empereur contre la dilapidation de 3.8 milliards de dollars 

Arrivé au destination de la manif, papa Dessalines, entant qu’un invité de marque, était celui qui devait prendre la parole en cette circonstance. L’Empereur aurait tellement de question à poser ou se demander aux collabos de la classe politique et celle des affaires que, quelques heures de manifestation ne suffiraient pas pour le faire.  Mais, comme les raisons du manif était le Petrocaribe, une affaire dans laquelle le pays est touchée jusqu’aux os par un scandale politico-économique impliquant quatre présidents et leurs chef de gouvernements, donc l’Empereur dénoncerait la dilapidation de 3.8 milliards de dollars américains du Fonds PetroCaribe et effectivement ce qu’on pourrait réaliser avec cet argent si toutefois si ce n’était pas ce type de dirigeants qu’on avait eu. 

D’après les propos de plusieurs analystes politiques et économiques sur le dossier PetroCaribe, c’est la plus grande opération de corruption et de détournement de fonds publics de toute l'histoire de la République d’Haïti.  Alors, si cet argent était bien reparti dans l’infrastructure comme le voulait notre bienfaiteur, le Commandant Chavez, le boulevard Jean-Jacques Dessalines qui porte le nom de l’Empereur ne serait toujours pas défiguré par des plaies béantes comme par exemple des montagnes de déchets, les buildings non construits après le meurtrier tremblement de terre du 12 janvier 2010.  N’en parlons pas du Lycée Jean Jacques encore sous les tentes. Non seulement le monument de Dessalines au Pont Rouge est dans un mauvais état, mais a quelques mètres de la, il y'a aussi des bidonvilles qui devraient attirer l’attention des autorités, si elles tenaient en compte l’idéal du père de l’indépendance.  Comme le mode de vie des gens dans les bidonvilles, l’infrastructure des routes, les écoles publiques et les espaces de loisirs qui sont presque dans les mêmes états après l’indépendance semble guère déranger les élites politiques et économiques, il fallait que l’Empereur demande “fout tonne, kote lajan Petro an pase’’. 

Plus de deux cents ans après l'épopée historique de Vertières, le pays fait face à de grands problèmes structurels et conjoncturels, ainsi, dans son discours de circonstance, Jean-Jacques Dessalines disait qu’il ne tolérerait pas qu’un petit groupe de personnes qui forment la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue à exploiter les masses.  Avec la rigueur d’un vrai chef, il rappelait aux dilapidateurs des fonds du Petro Caribe, que l’épopée de 1804 de l’armée indigène n’a pas été seulement l’œuvre des officiers et sous-officiers mulâtres, mais aussi l’effort des vaillants soldats issus de la classe majoritaire esclavagiste.  

De là, il s’enchaînait avec son discours traditionnel en parlant d’une politique publique orientée vers le bien-être collectif.  Comme après sa tournée dans le sud du pays, Papa Desalinnes faisait des menaces aux collabos du siècle moderne qui par leurs mauvaises gestions de la chose publique ont forcés nos jeunes à quitter Haiti pour aller immigrer dans d’autres pays de la région.  Il a aussi profité à cette même occasion, pour dire à ceux la qui aiment et veulent seulement l’argent de la diaspora, particulièrement leur $1.50, que ayisyen a letranje yo pa dwe etrange pou ayiti. 

Avec leur épée dans l’air, Jean Jacques Dessalines le Grand, imposait, une fois de plus, sa vision de changement pour les malheureux qui croupissent dans les bidonvilles dans les dix départements du pays. Quant aux fonctionnaires et dirigeants corrompus, complices de la communauté internationale, qui pillent effrontément le trésor public et les fonds du Petro Caribe, l’Empereur demandait a la justice du pays, de les juger. 

À tous ceux-là qui, de par leur statut d’anciens libres, se considèrent eux-mêmes comme étant des privilégiés et qui veulent accaparer tout le bien du pays, en tant que grand visionnaire et aussi en bon justicier, l’Empereur les demanderait « Et les pauvres noirs dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien»? Il continuait pour dire que le fossé économique est, avec des stratifications sociales, trop criant entre’sa ki pa gen anyen e sa ki gen twòp’’. 

Le Koupe Tet boule kay, serait il une alternative? 

De lampadaires, du viaduc á Delmas, en passant par les terrains de football, même le simple citoyen peut voir que l’argent a été gaspillé. Donc en jugeant tous les corrupteurs et corrompus, spécialement ceux qui ont dilapidé les Fonds du PetroCaribe, enfin nous serons libres. Libre pour finir avec la disparité et l’inégalité sociale.  Comme Papa Dessalines finissait son discours par ces paroles célèbres: “Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous- mêmes”, ils étaient nombreux ceux la qui pensaient que le fondateur de la nation faisait appel à la violence ou à une révolution politique. 

Du reste, encore frustré, contrarié et faché, Papa Dessalines déclarait que: li pap chita ak Petyon ansanb ak kolaborate li yo.  Face à cette intransigeance, cette question lui avait posé par un journaliste: Papa Dessalines, seriez vous pour la violence si toutefois, les autorités de la justice, la Cour Supérieur des Comptes, l’ULCC (Unité de Lutte Contre la Corruption), l’UCREF (Unité Centrale de Renseignements Financiers) qui, de complicités avec les secteurs mafieux, ne prendront pas les décisions appropriées pour que la justice soit faite sur la question du Fonds PetroCaribe.  En homme d’état responsable, l’Empereur répondait: Que m’importe ce que vous pensez, pourvue que cela sauve mon pays des corrupteurs et corrompus d’aujourdhui et de demain  

Prof.  Esau Jean-Baptiste
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LES DERNIERES NOUVELLES

 

Projet de Banque d’Investissement de la Diaspora Haïtienne (BIDH).

Les transferts d’argent des immigrés haïtiens vers Haïti sont une manne financière importante qui canalise tout l’intérêt des organismes financiers. Ces sommes sont supérieures à l’enveloppe de l’aide publique. Il est certes important de diminuer le coût de ces transferts mais il est tout aussi important de canaliser ces sommes vers des projets d’investissements favorables à un développement pérenne du continent africain. C’est à cette préoccupation que veut répondre la Banque d’Investissement de la Diaspora Haïtienne (BIDH).

Les transferts des migrants haïtiens sont surtout utilisés pour la consommation et ne suscitent pas des initiatives économiques réelles. Ces transferts financent les importations agricoles de la République Dominicaine et des États-Unis. Il y a un besoin de structurer ces transferts et d’en assurer une meilleure gestion pour les travailleurs émigrés et les populations bénéficiaires. Ceci est devenu une priorité pour tous les acteurs impliqués, particulièrement les banques et les sociétés de transfert d’argent qui ne contribuent pas aux investissements productifs.

LE PROJET

Le projet de création d’une Banque d’investissement de la Diaspora haïtienne a pour but de répondre à cette demande. L’objectif de cette institution est triple : mettre en place un vaste réseau de représentations, de collecte et de paiement aux États-Unis, au Canada, en République Dominicaine, au Chili, au Brésil, et aux Bahamas pour capter les flux des transferts des migrants ; proposer des produits et services performants à moindre coût, adaptés aux besoins des travailleurs émigrés ; financer à des conditions favorables, des projets contribuant à la réalisation des objectifs de la décentralisation qui ont vocation à mettre en place des politiques d’intégration économique et de développement.

Le capital de la Banque sera ouvert aux membres de la Diaspora et aux institutions financières, bancaires, et intergouvernementales souhaitant se joindre à ce projet.  L’objectif est de disposer d’un actionnariat qui garantisse une excellente notation financière des agences de rating car, en plus de ses fonds propres, la nouvelle banque mobilisera des ressources sur les marchés des capitaux pour financer des projets d’investissement. Elle jouira de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, agira dans le strict respect des meilleures pratiques bancaires, s’appuiera sur un capital humain de grande qualité, et travaillera en étroite collaboration avec les milieux bancaires. Son organisation, ses structures et son mode opérationnel s’apparenteront à ceux d’une Banque de développement.

Un bureau d’études et de conseil sera intégré dans les structures de la banque pour servir de laboratoire d’idées. Il aura vocation à développer, et à proposer des produits et projets bancables, à accompagner et satisfaire les besoins des travailleurs émigrés et du gouvernement en matière d’assurance, de rapatriement des corps, d’appui technique, de financement d’activités commerciales et économiques, de paiement de dettes, de suivi des tendances du marché et de l’évolution des besoins de la Diaspora.

En résumé le rôle de la Banque sera de :

·       se doter de fonds propres conséquents, lui permettant de drainer le capital nécessaire pour financer de grands projets d’infrastructures, touristiques, immobiliers, etc.

·       promouvoir l’épargne et l’investissement au sein de la Diaspora résidant aux Etats-Unis, au Canada, en République Dominicaine, au Chili, au Brésil, et aux Bahamas ;

·       tenir des comptes de dépôts, d’épargne, et de devises pour les émigrés ;

·       mobiliser et investir l’épargne à moyen et long terme des migrants dans des investissements productifs dans leurs secteurs d’intérêt : commerce, services, immobilier, éducation, santé, infrastructures collectives, projets productifs, etc.

·       combiner les fonds de l’APD et ceux des transferts dans une logique de co-développement durable ;

·       développer des stratégies d’alliance et de partenariat avec les banques, les bureaux de poste, les caisses d’épargne, les assureurs spécialisés, les institutions de micro-finance, les sociétés de transfert d’argent, les fédérations patronales et les clubs d’entrepreneurs pour asseoir un réseau dense de représentations et d’agences de collecte et de paiement ;

·       forger des alliances avec des compagnies spécialisées dans les systèmes de paiement sécurisés : Eurocard, Mastercard, Visacard, Orange, Western Union, Money Gram, etc., pour partager leur expertise dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication et assurer ainsi des transferts de fonds rapides et sécurisés à des coûts toujours plus compétitifs ;

·       favoriser la bancarisation des bénéficiaires des transferts et des acteurs du secteur informel;

·       créer une dynamique de retour des capitaux exilés en offrant des produits attractifs et adaptés aux rendements équivalents, voire supérieurs à ceux escomptés ailleurs par les détenteurs de ces capitaux.

JUSTIFICATION

Les transferts d’argent des migrants haïtiens, les investissements directs étrangers et l’aide publique au développement représentent les sources de financement les plus importantes dont dispose Haïti pour développer son économie. Mais devant la diminution de l’aide publique au développement et la stagnation des investissements directs étrangers, il ne reste plus à Haïti que les transferts d’argent des migrants comme levier pour trouver des investissements capables de promouvoir la croissance et le développement. 

Les envois de fonds ont augmenté régulièrement en Haïti au cours de la dernière décennie. Ils ont augmenté régulièrement, passant de 327 millions de dollars en 1998 à 2,7 milliards de dollars en 2017. Ils représentent 32% du produit intérieur brut (PIB), dépassant la somme de l'aide publique au développement (APD) (1 074,6 millions de dollars en 2016)[1], les investissements directs étrangers (FDI) (375 millions de dollars en 2017)[2], les exportations nettes (1 070 millions de dollars en 2017)[3] et les recettes touristiques (500 millions de dollars en 2017). Ces envois de fonds sont moins volatiles que les autres flux de capitaux privés internationaux et il existe des effets anticycliques.

Une part importante de ces transferts finance des dépenses d’alimentation, de santé et d’éducation des ménages bénéficiaires, ainsi que celles liées aux cérémonies religieuses et collectives. Cependant, les transferts réalisés à des fins d’acquisitions immobilières, de création d’entreprises, et d’investissements productifs dans des projets individuels et familiaux représentent un dixième des montants transférés, et sont en progression constante. Malheureusement il n’existe aucune structure bancaire adéquate qui permette de convertir ces fonds en investissements productifs à moyen et long terme pour la création de valeur ajoutée, de richesses, d’emplois, de croissance économique, et de développement.

LE MARCHE DES TRANSFERTS DES MIGRANTS

Dans le marché des transferts, le comportement des migrants est essentiellement déterminé par la qualité des services et des produits offerts par les banques, les Sociétés de transfert d’argent (STA) et les professionnels de l’informel en matière de densité de points de collecte et de paiement, de sécurité et de rapidité.

Pour comprendre l’économie des transferts en Haiti, il importe de considérer autant le secteur formel que le secteur informel. Les entreprises licenciées (voir Tableau 1) telles que CAM, Western Union, Bobby Express, Unitransfer, MoneyGram qui sont les plus importantes du secteur formel constituent soixante pour cent des transferts d’argent en Haïti. La Banque de la République d’Haïti (BRH) a estimé que le montant total des transferts transmis par les canaux formels constitue 63% des transferts entrants en Haïti.

Table 1: Les compagnies utilisées pour les transferts à partir de New York[4]

 

Compagnies

%

 

 

CAM

33.0

Western Union

20.0

Bobby Express

18.5

Unitransfer

13.0

Moneygram

  7.5

Sogebanque

  2.5

Union Travel

  2.0

Cuje Banque

  1.5

Fuerte Express

  1.0

Rafa’s Agency

    .5

Salagel Variety

    .5

 

 

Total

100.0

 

 

Le coût des transferts est en général de 8% pour les commissions et de 1.50 dollar prélevé pour financer un programme d’éducation en Haïti.

CONCLUSION

Rappelons que depuis son indépendance, Haïti n’a quasiment pas eu accès aux marchés internationaux des capitaux. C’est l’aide publique au développement qui a été la source de financement de son développement. Il importe de changer cette situation en mettant en place des mécanismes lui permettant de revoir des notations financières qui lui donneront accès aux places financières du monde. L’opération de mobilisation de l’épargne de la diaspora estimée à plus de 3 milliards de dollars peut contribuer au financement de l’État haïtien en créant un espace boursier pour lancer des emprunts obligataires.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la croissance économique d’Haïti. Il y a d’abord les investissements dans l’agriculture et la production vivrière pour faire diminuer l’importation annuelle de produits alimentaires de 800 millions de dollars. Les transferts de la diaspora donnent à la demande locale le pouvoir d’achat pour consommer la production agricole. Une deuxième source non moins importante est représentée par le tourisme dont les recettes sont de 500 millions en 2017. Or dans le pays voisin, la République Dominicaine, pour la même année, les recettes touristiques étaient de 5 milliards de dollars. Haïti a donc un potentiel de marché inexploité de 4.5 milliards de dollars à exploiter dans ce secteur. Une autre source de croissance économique l’exode rural et  l’urbanisation qui en a résulté créant un secteur informel dynamique.

L’augmentation de la production vivrière, un meilleur usage des ressources de l’APD, et les transferts des migrants constituent les autres moteurs de la croissance des économies de la zone. Les secteurs des Télécommunications, du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) enregistrent des taux de croissance exceptionnels grâce aux transferts dont une partie sert à l’investissement dans ces secteurs[5]. L’ambition de la Banque d’investissement de la Diaspora (BIDH) sera de poursuivre et d’amplifier le recours aux marchés financiers internationaux et locaux, pour financer ces activités et encourager le gouvernement à en faire autant, afin de poursuivre la modernisation et la diversification de l’économie haïtienne.

 



[1] OECD/DAC, Destination of Official Development Assistance and Official Aid - Disbursements (Table 2a), 2016.

[2] United Nations Economic Commission for Latin America and the Caribbean (ECLAC), Foreign Direct Investment (FDI), 2018, p. 26.

[3] IMF, Direction of Trade Statistics.

[4] Manuel Orozco, « Understanding the remittance economy in Haiti », Inter-American Dialogue Paper commissioned by the World Bank, March 15, 2006.

 

[5] Thomas Lalime, « Les transferts informels de la diaspora haïtienne sous-estimés », Le Nouvelliste, 3 septembre 2018.