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Sam05252019

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Norbert Stimphil ancien directeur de l’EPT accuse Guichard Dore et Garry Bodeau de tentative d’assassinat

guichard dore garry bodeauGuichard Dore (à gauche)   - Garry Bodeau  (à droite) - accusés de tentative d'assassinat sur la personne de Norbert Stimphil

Tout Haiti vous présente un texte de témoignage et de dénonciation de Norbert Stimphil ancien Coordonnateur General du programme « Education pour Tous » plus connu sous le nom de (EPT) qui aujourd'hui vit en exil aux Etats –Unis depuis qu'il a failli perdre la vie après la tentative d'assassinat contre lui et sa famille dans la nuit du 28 octobre 2017.

Corruption-Criminalité-Impunité en Haïti

Témoignage de Norbert Stimphil dont la résidence a été criblée de balles (plus de 400 suivant le constat du Parquet de Port-au-Prince et de la DCPJ) au matin du dimanche 29 octobre 2017

 Après une année de thérapie, ma famille accepte finalement que j’en parle, car cela fait partie du processus de guérison.

Citation : « Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste. Quand ils ont arrêté les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif. Quand ils ont arrêté les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique. Quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester » 

Martin Niemöller, théologien et pasteur allemand (1892-1984) 

Presque chaque compatriote ou chaque collègue se trouve des excuses pour ne pas se révolter, pour ne rien faire quand on assassine l’autre. Le temps de se poser toute sorte de questions pour déterminer si telle victime peut avoir doit à notre solidarité, on passe à une autre, puis à une autre, et ainsi de suite...Gentiment, nous marchons tous vers la morgue, l’un après l’autre...Vouloir le bien de son pays, de ses compatriotes et travailler en conséquence, parait le seul crime condamnable à mort dans mon pays où, les criminels, les corrompus font la loi et condamnent les honnêtes gens... 

Je rends un hommage bien mérité à tous les journalistes et médias qui ont compris qu’il était de leur devoir d’informer la population sur ce dossier et qui ont fait convenablement leur travail.

Merci à tous ceux qui ont manifesté́ leur solidarité avec moi et avec ma famille. C’est dans le malheur qu’on reconnait ses vrais amis, dit-on... 

Merci à l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui ont su apprécier la qualité de mon travail, et qui n’ont pas hésité à manifester leur déception face à ce drame. Merci à tous ceux qui se sont mobilisés et qui ont fait jusqu’à l’impossible pour nous aider à échapper aux griffes de la mort... 

I-  Que s’est-il passé ?

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Dimanche 29 octobre 2017, à 5 heures 17 du matin, des bruits d’armes de guerre très lourdes ont secoué toute la ville de Port-au-Prince durant plus de 15 minutes, en 3 rafales successives, espacées chacune d’environ 5 minutes. Ce film d’horreur s’est déroulé à seulement quelques centaines de mètres du Commissariat de Canapé-Vert, et dans le voisinage de la NATCOM où une brigade fixe de la Police est basée généralement. Pourtant, les policiers du Commissariat n’ont jamais mis les pieds, même pas par simple curiosité. Un voisin avisé s’est déplacé avec sa voiture quelques minutes après la tragédie pour aller les chercher. Les policiers du Commissariat qui l’ont reçu, lui ont suggéré de contacter le Commissariat de Port-au-Prince de préférence, parce qu’ils sont fatigués pour avoir travaillé toute la nuit, disent-ils. Ce jour-là, toute ma famille devrait se réveiller à 6h30, comme à l’accoutumée pour aller à la messe à la Communauté Sainte Marie de Canapé-Vert.

Plus de 400 cartouches d’armes automatiques puissantes, selon les constats du Parquet et de la DCPJ sont déversées sur notre domicile, sis à Canapé-Vert. Le bruit assourdissant de ces projectiles mêlé aux cris des enfants nous ont tirés de notre sommeil, mon épouse et moi. Après la première rafale, j’avais pensé qu’il s’agissait de l’explosion en série des transformateurs de la INASSA. De notre fenêtre étant, nous avons contacté un voisin pour savoir s’il ne s’agissait pas d’une explosion d’inverter venant de chez lui. Pendant que mon épouse et moi nous nous demandions qu’est-ce-que cela pourrait-il bien être réellement, une autre rafale s’est déclenchée. C’est à ce moment que nous avions réalisé qu’il s’agissait de tirs. De sa cour étant, le voisin, nous informe qu’il y a de la fumée dans notre parking et dans la cour, et nous propose d’être prudents et de ne pas sortir. Immédiatement, je commençais à téléphoner et à envoyer des messages à mes connaissances qui font partie du pouvoir en place, au Palais et au Parlement. J’ai également essayé d’appeler quelques hauts gradés de la Police Nationale qui font partie de mes connaissances. Malheureusement, je ne suis pas parvenu à les retrouver au téléphone. En même temps, je faisais le va-et-vient dans les chambres des enfants pour m’assurer que tout le monde était resté couchè. Par téléphone, nous communiquions, mon épouse et moi, avec les autres personnes qui vivent avec nous dans la maison afin de nous assurer qu’elles aussi restent couchèes dans leur chambre. Quelques minutes après, une troisième rafale a retenti avec plus de persistance. On est resté en silence par terre jusqu’aux environs de six heures trente (6h30). Un ami qui devait récupérer un chiot ce jour-là, m’a téléphoné pour signaler son arrivée. Quand je lui ai expliqué ce qui venait de se passer, il m’a envoyé une image de notre barrière criblée de balles. Des gens commençaient à se rassembler devant ma barrière, par curiosité. Quand j’ai entendu des voix dehors, j’ai ouvert une porte de la maison pour aller constater les dégâts : je n’avais plus de mots ! J’hésitais à montrer cela à mon épouse et aux enfants. Je ne savais quoi faire. Finalement, mon épouse m’a rejoint au dehors. Emoi, consternation, pleurs... 

J’ai téléphoné à quelques amis qui ont appelé des amis. Ils m’ont donné des numéros à appeler. Des journalistes sont venus. Je ne sais pas comment ils ont su. Grâce à ces contacts, un Juge de paix déféré par le Parquet de Port-au-Prince, accompagné de policiers, est arrivé sur les lieux après 10 heures A.M, soit plus de 5 heures d’horloge après l’évènement. Une brigade de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) est arrivée après 11 heures A.M (plus de 6 heures d’horloge après la tragédie). Entre temps, des amis sont venus chercher les enfants pour les emmener à l’èglise. Tous les cris d’alarmes que j’ai lancés à travers les médias pour que la sécurité des membres de ma famille soit prise en charge, sont restés lettres mortes jusqu ́à aujourd’hui. 

II- Pourquoi a-t-on voulu m’assassiner avec toute ma famille?

IMG 3125Dans son émission ‘’Vision 2000 à l’écoute’’ du 27 novembre 2017, le Journaliste Valery Numa a révélé les résultats de son enquête journalistique sur ce qui s’est passé. Ces révélations donnent des informations crédibles aux autorités de la justice, si jamais elles décident de faire leur travail.

En effet, Monsieur Guichard Doré, actuel Conseiller spécial du Président de la République, a utilisé divers moyens, à plusieurs reprises pour exercer une constante pression sur moi , Coordonnateur Général de l’EPT, pour lui payer une balance de 10% sur un des contrats qu’il a eu avec le Projet, à partir de la Firme NAS représentée par Monsieur Julio Joseph, pour des services d’alimentation scolaire. Il a eu ses contrats sous la Coordination de Monsieur Délima Pierre , nommé par le Ministre Vanneur Pierre sous la Présidence de Monsieur Michel Martelly. Il est à signaler, qu’à cette époque, la majorité des contrats (7 sur 9) de cantine scolaire à partir des Fonds de l’Association Française de Développement (AFD), ont été attribués à des membres ou proches du Gouvernement en place (ministre, conseiller, secrétaire d’état, sénateur et autres). 

Ces fonds ont été alloués aux pays par la France à travers l’Union Européenne sous forme d’appui budgétaire versé au Ministère des Finances qui transférait à l’EPT les tranches nécessaires pour payer les contrats. Environ 20 millions de dollars américains étaient disponibles pour cette opération. Spécialiste à l’EPT travaillant sur la Formation Initiale Accélérée des enseignants (FIA), j’ai toujours ètè choqué de constater, lors des visites de supervision avec les bailleurs de fonds, que la majorité de ces firmes ne fournissaient presqu’aucun service pour ces sommes si importantes. J’en parlais souvent à mes collègues, y compris au Coordonnateur général. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi rien n’a été fait pour les responsabiliser. Effectivement, l’EPT devait payer une balance de 10% à la Firme NAS après soumission et validation du rapport final du contrat de cantine. Ces 10% représentaient plus de $200,000.00 dollars américains. La Firme n’avait jamais soumis ce dernier rapport pour avoir accès à cette tranche. Entre temps, le Ministère de l’Economie et des Finances a clôturé l’opération sur ce financement avec l’EPT. Devenu Coordonnateur gènèral du Projet, j’ ai soumis le rapport . Monsieur Guichard Doré m’a contacté à maintes reprises (en personne et par téléphone) pour me dire que le Parti politique est en pleine campagne, qu’ils ont besoin d’argent, et que je devrais m’arranger pour lui payer. Il a aussi écrit aux ministres de l’Education Nationale qui se sont succédé (Nesmy Manigat, Jean Beauvois Dorsonne, Pierre Josuè Agenor Cadet), pour exiger sa paie de l’EPT. Ces ministres m’ont toujours transmis les correspondances. Je me suis toujours fait le devoir d’expliquer le dossier à chacun des ministres à chaque réclamation. J’ai également expliqué à Monsieur Doré, que la seule solution serait qu’il demande une rencontre avec les ministres de l’Education nationale et des Finances, pour solliciter le paiement à travers le trésor public, et l’EPT serait là pour confirmer la reconnaissance de cette dette et expliquer son origine. Monsieur Doré m’a toujours répondu , que si je voulais, je pourrais bien lui payer dans les fonds du Projet. Pourtant, il est clair que ce n’était pas possible, car je ne pouvais pas détourner les fonds du Projet destinés à des activités précises. 

Pour parvenir à ses fins, Monsieur Guichard Doré, de connivence avec Monsieur Gary Bodeau, actuel Président de la Chambre des Députés, et d’autres parlementaires de son groupe politique,a essayè par tous les moyens de me faire remplacer à la tête de l’EPT. Ils ont pu convaincre le Premier Ministre d’alors, Monsieur Jacques Guy Lafontant, qui a envoyé quelqu’un auprès du Ministre Cadet pour être installé à ma place comme Coordonnateur général de l’EPT. Devant le refus du Ministre d’agir dans l’illégalité, ils ont cherché à convaincre le Président de la République, Monsieur Jovenel Moïse qui à son tour, a envoyé une autre personne auprès du Ministre pour être installée à ma place. Le Ministre a refusé à nouveau de verser dans l’illégalité. Suite à ce refus, un groupe de parlementaires contrôlé par Monsieur Guichard Doré, a convoqué le Ministre Cadet au Parlement, lui demandant de venir avec les termes de référence et la procédure de recrutement du Coordonnateur général de l’EPT. Le Ministre Cadet a traité ce dossier en toute discrétion. Je n’étais au courant de rien, jusqu’au jeudi 26 octobre, soit trois jours avant le cynisme. Ce jour-là, l’information m’a été rapportée comme une histoire appartenant au passé, et que maintenant tout était compris et rentré dans l’ordre.

Malheureusement, tel ne fut pas le cas. C’était tout le contraire. Quand ces messieurs ont pris connaissance des documents, ils ont constaté qu’il ne leur était pas possible de me remplacer avant la fin de mon mandat sans raison valable. Ils ont décidé de procéder autrement. Trois jours après cette dernière convocation du Ministre au Parlement, mon domicile a été criblé de balles...

Livrés à nous-mêmes sans aucun secours des responsables de l’Etat, alors que nous étions à couvert, j’ai appris par plusieurs proches de la primature et de la présidence, qu’ils étaient en train de monter un faux dossier de corruption contre moi, pour venir m’arrêter et me liquider en prison. Moi qui pensais que tout était en train d’être fait pour arrêter les coupables comme le clamait le Commissaire Clamé! Alors , mes informateurs m’ont assuré que je ne pourrai plus laisser le pays le lendemain, soit le vendredi 3 novembre qui sera un jour de travail (ce jeudi 2 novembre était un jour de congé). Il était déjà une heure trente (1h30 A. M) environ quand j’ai eu cette information de plusieurs sources crédibles. Je devais donc me décider tout de suite. Etant donné que mon passeport et ceux des membres de ma famille étaient avec nous dans notre cachette (grâce à des parents et amis qui ont insisté que nous les prenions avec nous dans notre fuite), nous nous sommes faits aider pour laisser immédiatement le pays, rien qu’avec nos passeports et 350 dollars américains en poche. De l’exil, j’ai appris que le Président Jovenel Moïse, avait personnellement téléphoné à des gens pour recueillir des informations sur moi, une semaine avant cette attaque. Quelle étrange coïncidence ! 

III-  Qu’elle est le vrai motif de cette tentative d’assassinat ? Seraient-ce uniquement les deux cent mille dollars réclamés par Monsieur Guichard Doré ?

Bien sûr que non ! Il y a encore bien d’autres raisons. Les contrats qui ont été attribués aux proches du pouvoir à partir des Fonds AFD, les ont fait comprendre que l’EPT pouvait être une source intarissable d’enrichissement illicite.Coordonnateur Général de l’EPT et du PEQH (Pour une Education de Qualité en Haïti : le nouveau Projet qui venait de démarrer et qui allait être lancé officiellement), j’ai pris des mesures qui ont révolutionné le Programme, tant en matière de résultats que d’efficacité et d’efficience. Je voulais à tout prix relever un défi de taille qui est le suivant : Quand nous discutons avec les bailleurs de fonds pour demander plus d’argent pour le pays pour des projets plus importants, ils nous disent à chaque fois que le pays doit d’abord prouver qu’il peut bien gérer ce qu’il reçoit avant d’en demander davantage. Certains vont même jusqu’à nous dire, si nous n’éradiquons pas la corruption, plus ils vont donner de l’argent, plus ce phénomène s’aggravera, et moins on aura de résultats. Etant un acteur de haut niveau du système depuis de nombreuses années, je sais très bien de quoi ils parlent. Je devais malheureusement admettre qu’ils avaient raison. Je voulais prouver que le pays pouvait gérer sainement avec des résultats qui allaient au-delà que ceux escomptés. Je l’avais fait comme Coordonnateur du Bureau Central de la CEEC, je l’ai encore réalisé comme Coordonnateur de la FIA. L’occasion m’était donc offerte de relever ce défi avec des montants bien plus importants, comme Coordonnateur Général de l’EPT.

Pour y arriver, nous avons renforcé l’équipe du projet en recrutant les meilleures têtes disponibles pour les postes vacants, par concours non truqués. Nous avons payé des formations de haut niveau et de grande qualité pour l’ensemble des membres de l’équipe. Nous avons changé de méthodes de travail à l’EPT, amélioré les conditions de travail du personnel, institué l’évaluation de performance et institutionnalisé la transparence dans tous les compartiments du projet. La situation une fois stabilisée, nous nous sommes fixés l’objectif d’être la meilleure unité de gestion de projet de toute la Caraïbe en un an. Nous avons mis l’accent sur la motivation et la responsabilisation de chacun et de tous, pour évoluer comme une véritable équipe, dans la cohésion. Les redressements se sont faits avec bonté et les faiblesses ont retrouvé le soutien nécessaire. Cela nous a permis d’atteindre très tôt les résultats escomptés et même d’aller plus loin, d’après les évaluations de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Ces résultats ont porté les Bailleurs de fonds à prendre la décision d’augmenter leur contribution à partir du nouveau Projet PEQH que nous avons monté avec les cadres du MENFP, pour répondre aux besoins de notre système éducatif, à la demande des décideurs haïtiens. Le PEQH est ce nouveau projet démarré le 7 mars 2017 sous mon leadership, pour prendre le relai de l’EPT qui sera clôturé en juin 2018. Le PEQH vise à renforcer la qualité de l’Education au niveau des écoles publiques du pays. Plus de 350 millions de dollars américains étaient déjà annoncés par la Banque Mondiale, la BID, le Partenariat Mondiale pour l’Education, la Banque de Développement de la Caraïbe (BDC) et le Canada pour le PEQH. De cette somme, plus de 90 millions de dollars allaient être utilisés pour l’alimentation scolaire. Ceci allait permettre au MENFP de mettre en application la politique et le plan stratégique pour l’alimentation scolaire qui venaient d’être élaborés sous mon leadership par délégation du Ministre Nesmy Manigat. 

C’ètait pour nous un moyen de relancer notre agriculture, puisque nous avons planifié l’alimentation scolaire avec surtout des produits locaux, en tenant compte des spécificités de chaque région, de chaque localité. Plutôt de voir là une opportunité pour le pays, ces Messieurs y voient plutôt un moyen pour s’enrichir au détriment des pauvres auxquels ces fonds sont destinés. Après diverses démarches infructueuses pour s’accaparer de la gestion de ces fonds avec la complicité de certains Cadres du MENFP, du PNCS, de l’ONAPE, ils ont voulu m’éliminer physiquement, parce qu’ils sont sûrs qu’avec moi à la tête du PEQH, les contrats ne seraient pas attribués sous la base de clientélisme et de ristourne, mais sur la base des résultats, des capacités des prestataires à délivrer effectivement les services pour lesquels ils sont payés. Voici donc les deux principales raisons qui ont motivé cette tentative d’assassinat perpétrée contre moi et contre les membres de ma famille. D’autres informations dignes de foi m’ont fait comprendre que mon assassinat était planifié pour lundi après midi sur le chemin du retour, après le travail, mais une discussion entre les concernés les a amenés à changer d’avis pour venir nous exécuter dimanche matin chez nous. 

IV- Comment suis-je devenu Coordonnateur Général de l’EPT ?

Constatant le mauvais fonctionnement et l’inefficacité de l’EPT, la Banque Mondiale avait entrepris une évaluation institutionnelle du Projet aux fins de faire des recommandations au MENFP pour redresser la structure en vue de la rendre efficace. Suite à cette évaluation, un ensemble de recommandations ont été présentées au Ministre Nesmy Manigat. Ces recommandations hautement techniques, se résumaient à mon avis en ce qui suit : « Si le MENFP veut un Projet bien géré et efficace, il doit le dépolitiser ». Le Ministre, gestionnaire de carrière, avait bien compris les enjeux et a saisi l’opportunité. Par rapport à cette nouvelle vision, de nouveaux Termes de Rèfèrence et procédures de recrutement ont été élaborés pour le Coordonnateur général de l’EPT, suite à une concertation entre le MENFP et les principaux partenaires techniques et financiers de l’EPT. Avant, ce poste ne m’intéressait pas, parce que j’ai été témoin à plusieurs reprises de la manière dégradante dont certains ministres traitaient certains Coordonnateurs de l’EPT, pour les porter à faire du n’importe quoi. Maintenant que le poste a été complètement dépolitisé, pour ma formation, mes expériences dans le domaine, ma connaissance de l’EPT et des procédures de l’ensemble des bailleurs de fonds, j’ai été très bien placé pour gagner le concours de recrutement. Une fois lancé, j’ai posé ma candidature, et je suis devenu le premier Coordonnateur de l’EPT recruté sur concours avec un mandat de trois (3) années, renouvelable sur la base d’évaluation de performance. Au moment du recrutement, il y a eu toutes sortes de tractations politiques pour tenter d’imposer des personnes. Par exemple, Monsieur Guichard Doré qui était alors conseiller du Président Michel Martelly, exerçait une pression sur le Ministre Manigat pour lui faire nommer Monsieur Délima Pierre (qui n’était même pas candidat). D’autres cadres du MENFP voulaient imposer un autre ancien Coordonnateur de l’EPT. Mais comme d’habitude, le Ministre ne cédait pas aux pressions. Il a laissé le concours se dérouler sans son interfèrence . Tous les dossiers de recrutement des dix (10) candidats avec les évaluations sont là : au MENFP, à l’EPT et à la Banque Mondiale. 

V-  Quelle sont mes réalisations à la tête de l’EPT ?

Quand je suis arrivé à la tête de l’EPT, l’évaluation du projet était au rouge. Pour redresser la situation, nous avons opéré de nombreux changements. Notre travail est reconnu et salué par tous les bailleurs de fonds qui financent les activités du MENFP à travers l’EPT et par toute la Communauté éducative. Par exemple, moins de deux (2) mois avant cette tentative d’assassinat, soit au mois d’août 2017, La Banque Mondiale et le Partenariat Mondial pour l’Education (PME), avaient invité le Ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle ainsi que moi-même , Coordonnateur général de l’EPT à Washington, pour nous féliciter pour les résultats spectaculaires de l’EPT et annoncer qu’en conséquence leur financement à Haïti sera plus que doublé. La Banque Interaméricaine de Développement (BID), a également salué les prouesses de l’EPT et annoncé que son financement pour l’Education en Haïti sera triplé, à condition que ces fonds soient gérés par l’EPT. Nous avons pratiqué une gestion saine et transparente en adoptant un ensemble de mesures qui garantissent la qualité et la quantité des services fournis ainsi que le respect des délais. Par exemple, nous avons renforcé l’Unité de Passation des Marchés du Projet en y intégrant des principes de transparence qui doivent faire école. Pour les marchés importants, en plus de la passation des marchés de l’EPT, la passation des marchés du Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) ainsi que celle du MENFP siègent comme juges dans les jurys. De plus, un Représentant du Ministre et un de la Coordonnatrice du PNCS siègent comme observateurs. Un Délégué de l’un des Partenaires techniques et financiers du MENFP ou de la Société civile siège également comme observateur. Ce qui garantit la transparence et l’intégrité des marchés, contrairement à ce qui se passe en général dans le pays. Après l’attribution du marché et avant la signature du contrat, nous nous chargeons de vérifier avec l’équipe du projet, si la firme qui a gagné a pignon sur rue, si elle a réellement la capacité d’exécuter le contrat, si elle a une bonne réputation. Nous avons banni le clientélisme pour laisser la place aux firmes et ONG qui ont la capacité de délivrer réellement les services. A noter que les accords font généralement obligation d’opérer avec les mécanismes de passation de marchés des bailleurs, pour garantir la bonne utilisation des fonds.

Pour nous assurer que les services sont effectivement fournis à la satisfaction des bénéficiaires, un Centre d’Appel a été institué. Il permet d’appeler régulièrement les bénéficiaires pour s’enquérir de la qualité des services et du respect des clauses des contrats. Les bénéficiaires peuvent également appeler pour rapporter leurs insatisfactions ou tout problème constaté. Tous les rapports du Centre d’Appel sont disponibles à l’EPT. Les informations reçues de ce centre d’appel sont traitées tout de suite et le suivi assuré dans l’immédiat, car l’objectif est de faire corriger tout de suite les problèmes constatés. De plus, des firmes indépendantes de vérification sont également déployées sur le terrain pour aller auditer le service fourni. Aussi, la capacité de supervision du MENFP à travers l’Inspection Scolaire et le PNCS (dans le cas de la cantine) a été renforcée par le projet. Cette façon de faire a révolutionné le projet et surtout la Passation des Marchés. De telles pratiques dérangent profondément, puisqu’elles lèsent les intérêts des firmes improvisées qui n’ont aucune capacité réelle. De plus, nous avons banni cette pratique courante, connue de tous, suivant laquelle, les firmes à qui les contrats sont attribués retournent, dans l’informel, entre 10 à 20% du montant du contrat aux responsables pour service rendu, et aussi pour garantir qu’elles ne seront pas contraintes de respecter strictement les clauses des contrats. Ceci demeure la principale cause de l’absence de résultats au niveau de l’exécution des projets en Haïti. Les mesures que j’ai prises incluant la négociation à la baisse des montants des services, en tenant compte des dépenses réelles à effectuer suivant nos propres évaluations, n’ont tout simplement pas laissé de place à cette pratique.

Nos résultats ont porté l’ensemble des bailleurs de fonds à reprendre confiance dans l’EPT et dans la capacité du pays a bien gérer. C’est pour cela que tous, avaient décidé d’augmenter leur contribution à partir du PEQH. En fait, le financement de ce projet allait dépasser les 350 millions de dollars américains pour la première phase, puisque de nouveaux bailleurs allaient rejoindre le PEQH. Certaines discussions en ce sens étaient en cours. 

Dans les faits, les changements que nous avons effectués à l’EPT peuvent être résumés à travers ces 30 réalisations :

  1. 1.Révision des manuels d’opération du projet
  2. 2.Restructuration de la gestion financière
  3. 3.Restructuration de la Passation des Marchés du projet
  4. 4.Réorganisation des différentes unités du projet
  5. 5.Révision des Termes de Référence, des tâches de chaque membre du personnel
  6. 6.Orientation des programmes dans le sens du développement durable
  7. 7.Focalisation sur les résultats, la performance et l’efficience
  8. 8.Mise en place d’un système d’information fonctionnel
  9. 9.Organisation les archives du projet de manière professionnelle
  10. 10.Diminution considérable du montant du loyer du local du bureau
  11. 11.Diminution des montants des Per diem pour les voyages de formation à l’étranger
  12. 12.Valorisation des membres du personnel
  13. 13.Amélioration des conditions de travail du personnel pour renforcer la motivation
  14. 14.Institution d’une prime de performance
  15. 15.Mise en place d’une police d’Assurance santé et vie pour le personnel
  16. 16.Institution du congé de maternité et de paternité
  17. 17.Institution de la formation continue en vue d’améliorer les performances
  18. 18.Promotion du développement des compétences locales
  19. 19.Promotion et l’appui à la production locale
  20. 20.Mise en place d’un système de suivi pour l’augmentation de la qualité de l’éducation
    dans les écoles bénéficiaires du programme de subvention
  21. 21.Mise en place un Système d’Assurance Qualité (SAQ) dans écoles publique
    bénéficiaires, pour les transformer en des écoles de référence
  22. 22.Conduite d’études prospectives, d’évaluations d’impacts pour pouvoir améliorer les
    services et déterminer les vrais besoins du système
  23. 23.Renforcement du MENFP sur le plan institutionnel
  24. 24.Elaboration d’une politique d’alimentation scolaire pour le pays
  25. 25.Renforcement du Programme National de Cantine Scolaire (PNCS)
  26. 26.Sensibilisation des partenaires américains sur le danger que représente le Programme Mc Goven Dole pour Haïti et sur la nécessité d’un appui substantiel à la production
    locale à travers l’alimentation scolaire
  27. 27.Sensibilisation des partenaires canadiens sur la non nécessité de la Poudre Nutritive
    à ajouter sur les repas offerts aux enfants à l’école, et sur la nécessité de les faire manger
    des fruits et des légumes produits en Haïti, dans le cadre de l’alimentation scolaire
  28. 28.Sensibilisation des partenaires américains pour les porter à renoncer au don de pistache
    à Haïti pour l’alimentation scolaire afin de protéger notre production locale
  29. 29.Sensibilisation du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et des autres opérateurs de l’alimentation scolaire en Haïti pour les porter à s’aligner sur la politique
    d’alimentation scolaire du MENFP qui exige l’utilisation des produits locaux
  30. 30.Conduite d’une réflexion avec les partenaires concernés, pour définir des mécanismes
    d’achats locaux profitables aux planteurs, pas seulement aux spéculateurs. 

VI- La Passation des Marchés qui devrait être un excellent instrument pour gérer efficacement dans la transparence sans corruption, est pourtant en Haïti un outil au service de la corruption


En observant le niveau de corruption qui se pratique à travers le pays à partir de la Passation des Marchés, j’ai eu beaucoup de préjugés négatifs contre cet outil. Cependant, devenu Coordonnateur de la FIA, j’ai pris un peu de formation en passation des marchés, et j’ai lu certains documents qui m’ont porté à changer d’avis. J’ai réalisé qu’en réalité, ce serait tout ce qu’il faut pour éradiquer la corruption. Mais, comme des ciseaux, comme un couteau, cela peut faire du bien ou du mal, et même très mal, dépendamment de l’objectif poursuivi et des valeurs incarnées par les personnes qui les utilisent. J’ai rencontré certains techniciens en passation des marchés très bien formés et extrêmement sérieux. J’en ai rencontré également qui ont l’esprit tordu, pour qui, la corruption est un trait de personnalité, est une activité normale, coutumière et professionnelle. Malheureusement, ce dernier groupe est largement majoritaire dans notre pays. Ils s’enrichissent, ils permettent aux responsables plus haut placés de s’enrichir en toute discrétion, comme des « Mr et Mrs Clean », puisqu’en général ils font bien les choses, ils ne laissent pas de trace. Ainsi, ils passent tous pour des gens de bien et cherchent à tout prix à diaboliser ou éliminer, s’il le faut, ceux qui refusent d’avaler la pilule. Ils sont au service de tous ceux qui veulent s’enrichir illicitement. Mes observations me permettent de comprendre certains modes d’opération de la pratique de la corruption par la Passation des Marchés. En voici quelques- uns :

  1. 1)Passer des informations confidentielles aux firmes, tels les montants disponibles pour un marché donné, les délais, etc.
  2. 2)Passer à une firme des documents techniques qui ont été soumis antérieurement par d’autres, pour les faciliter la préparation de leur dossier
  3. 3)Créer des firmes avec des prête-noms et être à la fois juge et partie
  4. 4)Inventer des firmes fictives pour faciliter l’attribution du marché à la firme
    préalablement choisie
  5. 5)Conduire le marché avec des firmes appartenant aux mêmes propriétaires
  6. 6)Enlever des documents dans les dossiers de firmes potentiellement bien placées pour
    les empêcher de gagner le marché
  7. 7)Discréditer des firmes pour les éliminer du marché
  8. 8)S’entendre avec des firmes pour surfacturer les coûts des biens ou des services
  9. 9)S’entendre avec les firmes pour diminuer la qualité et ou la quantité des services ou
    des biens

10) S’entendre avec des firmes sur un pourcentage de ristourne

11) Accepter des enveloppes d’argent des firmes

12) Accepter des services ou des faveurs des firmes

13) Placer des proches (parents, amis ou petites amies, épouses ou époux) chez les firmes

14) Avoir des contrats de consultation ou de service avec les firmes 

Il est difficile et même impossible de retracer la corruption à partir des dossiers de passations de marchés. Tout est généralement bien préparè, dans le strict respect des normes de passation des marchés. Par exemple, j’ai vu des dossiers d’achat d’environ 200 ordinateurs avec franchise où chaque ordinateur avait couté presque le triple du prix d’un ordinateur de même spécification et marque que j’ai acheté au même moment dans un magasin à Port-au-Prince à prix fort. Quand j’ai posé des questions, on m’a répondu et démontré que c’était l’offre la moins disante. 

VII-  Et la Justice dans tout cela ?

Qui nous fera justice, moi, mon épouse, nos 4 enfants, les personnes dont nous sommes responsables qui vivaient avec nous, dans notre maison, nos voisins qui ont subi ce traumatisme? D’où viendra la réparation ? 

Suite à cet évènement, j’ai réalisé que j’étais complètement livré à moi-même. Aucune note officielle condamnant ce qui s’est passé, aucun secours, aucune aide quelconque. Des amis de la famille, des parents et des collègues de travail sont venus nous aider, nous sécuriser. J’ai dû entreprendre par moi-même des démarches pour essayer de rencontrer des officiels afin de comprendre ce qui se passait et de savoir ce qu’ils allaient faire. J’ai réalisé, que rien ne se faisait. Alors que le Commissaire du Gouvernement, Me. Clamé-Ocnam Daméus clamait dans toute la presse qu’il s’occupait de nous, qu’il avait pris en charge la sécurité de la famille, il n’avait rien fait du tout. Un de mes cousins, m’a fait rencontrer le Directeur de la DCPJ qui m’avait promis de faire tout ce qui est en son pourvoir pour faire mettre la main au collet des criminels. Etonnamment, rien n’a été fait. Il a même refusé par la suite de me donner la copie du procès verbal de constat, malgré toutes les démarches que nous avons entreprises à cette fin. Une main très puissante a dû intervenir, qui sait. Donc la justice est totalement absente sur le coup. C’est tout l’appareil de l’Etat qui a été mobilisé contre moi. A mon avis, c’est un cas de terrorisme d’Etat.

Les bailleurs de fonds, des organisations de la société civile, la presse, n’ont cessé d’interpeller le gouvernement. Les autorités ont plutôt d’autre préoccupation: leur obsession à me remplacer à la tête de l’EPT, alors que statutairement, il y a un responsable des opérations qui me remplace en cas d’absence. C’est juste pour faire oublier ce qui s’est passé. A chaque fois qu’on demande des comptes au gouvernement, les responsables parlent plutôt d’une enquête qu’ils sont intéressés à mener sur ma gestion, bien que tous les concernés les ont confirmé la bonne gestion constatée à l’EPT à partir de tous les rapports d’audit qui sont disponibles.

Victimes sans défense que nous sommes, face à un gouvernement qui fait de la corruption et du mensonge sa stratégie et méthode de gouvernance, nous sommes obligées de prendre refuge à l’extérieur du pays, en attendant le nettoyage de la maison commune. 

Comme il est de coutume dans notre pays, ‘’l’ENQUETE SE POURSUIT’’. Qu’on se rappelle le cas de Joseph Robert François Marcello, directeur national de la Passation des Marchés publics qui a été lâchement assassiné par des proches du gouvernement parce qu’il est incorruptible. Rien n’a été fait pour identifier et juger les coupables. Les autorités roulent tout le monde dans la farine... Le même sort a été infligé à beaucoup de hauts cadres du pays qui ont toujours donné le meilleur d’eux-mêmes pour son développement et qui ont fait preuve d’intégrité. Guyteau Toussaint par exemple, ancien Président de la Banque Nationale de Crédit. Dans tous ces cas, la Police et la Justice restent complices de l’Exécutif. C’est la corruption qui fait la loi en Haïti, ou encore c’est la loi de la corruption. Même la lettre du Sénateur Jean Renel Sénatus, Président de la Commission Justice du Sénat de la République, le 10 avril 2018, lettre au Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Monsieur Heidi Fortuné, demandant des informations sur l’avancement de divers dossiers, dont celui de l’attaque sur mon domicile, est restée sans suite. Les différents sièges des pouvoirs dans mon pays sont devenus des repères de bandits, de criminels, de délinquants, à quelques exceptions près. Un jour, Abraham dira : « c’est assez » ! Après avoir exigé et obtenu les comptes pour les fonds Pétro Caribe, Abraham réclamera des comptes pour les fonds du budget national détournés et volés. Ensuite, ce sera, pour le dollar-cinquante sur les transferts effectuès à partir de l’ ètranger. Puis ce sera pour l’argent des appels internationaux. Plus tard, on devra rendre des comptes pour l’argent de ceux qui ont voulu aider le pays après le tremblement de terre. D’autres demandes de comptes suivront tôt ou tard. Il y a en tellement... 

Pour plus d’informations, consulter les articles ci-dessous publiés dans le journal Le Nouvelliste, et consulter sur le net rezonodwes.com à partir du mois de novembre 2017 ou encore d’autres publications sur Youtube telles : l’entrevue réalisée avec la journaliste Marie Lucie Bonhomme, l’émission « Vision 2000 à l’écoute » du 27 novembre 2017 par le journaliste Valéry Numa.

1.Jean Daniel Senat : Le Nouvelliste No 40071 du lundi 30 et mardi 31 0ctobre 2017 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
« Il gère des millions, sa maison essuie des tirs, Norbert Stimphil dénonce une attaque d’officiels du gouvernement » 

2.La BID dénonce un acte d’intimidation inacceptable : Le Nouvelliste No 40072 du
mercredi 1er et jeudi 2 novembre 2017 « Le Patron de la BID a salué la transparence, l’efficience de l’EPT sous le leadership de Norbert Stimphil »

3. Déclaration de la société civile : Le Nouvelliste No 40074 du lundi 6 et mardi 7
novembre 2017 «Plusieurs organisations soutiennent Norbert Stimphil»

4. Robenson Alphonse : Le Nouvelliste No 40075 du mercredi 8 novembre 2017
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« Norbert Stimphil, un caillou dans le soulier de la coopération de l’administration Moïse avec la BID et la Banque Mondiale»

5. Emmanuel Thelusma : Le Nouvelliste No 40515 du lundi 8 et mardi 9 janvier 2018 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
« Norbert Stimphil toujours en exil, une commission de 3 membres va gérer le projet EPT » 

6. Emmanuel Thelusma : Le Nouvelliste No 30071du mercredi 21 février 2018
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« Norbert Stimphil est-il toujours Coordonnateur du projet

 

                                                                                     Norbert STIMPHIL
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