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Evans Paul-kPlim, Serait-il plus confortable avec tèt kale qu’avec Lavalas?

evans-paulEvans Paul - K-plimEvans Paul, le militant anti-duvaliériste, l'ex maire lavalas de Port-au-prince, n'est plus actif sur l'échiquier politique. C'est un constat. Repli volontaire ou soumission totale ă des consignes reçues? On est en droit de se poser de pareilles questions au moment où la nation fait l'expérience douloureuse de deux copains, deux dillétants, deux amateurs dépourvus de toute notion de l'Etat. La nation, dans ses différentes composantes, est étonnée du silence du militant, de l'infatigable avocat des causes nationales.

L'on se questionne dans les guéttos comme dans les zones résidentielles sur le comportement politique de Evans Paul vis ă vis du pouvoir tèt kale dont les agissements rappellent la longue période de plomb de la dictature duvalierienne. Plus d'appels à la grève. Plus d'appels ă des manifestations de rue en série. Plus de déclarations orageuses dans les médias de Port-au-prince, de province et de la diaspora. Plus de rencontres ă Washington, ă Paris, en Dominicanie et à Ottawa pour dénoncer des dérives comme au temps de la longue guerre de l'opposition GNBiste contre le père Aristide en l'an 2003-2004.

Evans Paul est probablement fatigué, se demande-t-on? Lui qui n'avait pas lésiné sur les moyens forts et de vieilles méthodes pour déstabiliser Jean Claude Duvalier, Henry Namphy, Prosper Avril jusqu'ă Jean Bertrand Aristide dont il fut un allié. Est-il malade, le vieux leader de la Kid? Sinon, choisit-il cette stratégie pour noyer ses regrets? Ses regrets d'avoir combattu son ancien frère de lutte pour n'aboutir qu'ă cette vaste plaisanterie. Oui, en effet, Michel Martelly, le grivois, le rétroverti au pouvoir, participe d'une vaste plaisanterie; d'une piĕce théâtrale tragi-comique et dont on n'assiste qu'aux premières scènes. Evans Paul est en train probablement de pleurer chez-lui. Et ce ne serait pas mauvais. N'ayant pas la conscience tranquille après avoir livré le pays mains et pieds liés aux anciens sicaires qu'il avait lui-même combattus, il se cache pour se mordre les pouces, se ronger les ongles.

Ayant contribué, par pures bêtises, ă la ĕniĕme occupation de l'île, il est peut être en train de se blesser d'injures. Au moins il est conscient de ses bêtises. D'où le sens de ce recul, s'imagine t-on. On aurait tort de croire qu'Evans Paul serait plus confortable avec le régime budgétivore voire omnivore dit Tèt Kale qu'avec Lavalas. Evans Paul est doué de bon sens. Il a été ă l'école. Il est doté de la capacité intellectuelle nécessaire pour disséquer le cadavre malgré sa puanteur. On est sûr qu'Evans Paul est mentalement équilibré et qu'il comprend parfaitement qu'il a été induit en erreur par des ambassades étrangères qui se sont servi de son charisme pour installer le chaos en Haiti au bon soin de leur masochisme, on ne peut plus, cruel.

Le célèbre prisonnier de la Toussaint a assez de jugement pour se rendre compte qu'il a été payé en monnaie de singe. Après son échec cuisant aux présidentielles de 2006, il s'est probablement dit en lui-même qu'il a été trop loin dans sa stupide guerre sans trêve et sans objectifs précis contre l'ex président Aristide. Un jusqu'auboutisme primaire dont il a payé les conséquences au prix fort au près de la classe des pauvres qui le déteste comme la peste au point de lui attribuer un pourcentage de deux lors de ces joutes. Ayant bien appris la leçon, le désavoué n'avait même pas osé se présenter aux récentes présidentielles qui ont permis le sacre d'un certain bandit légal par la communauté internationale au mépris de toute morale, de tout bon sens et de la raison.

Les mauvaises langues disent qu'Evans Paul est un éternel manipulé. Un gros yoyo aux mains d'une certaine ambassade ă Port-au-prince. Il se tait quand on le lui demande. Il s'agite comme une bête folle quand on le lui demande. Les quelques rares critiques émises contre Michel Martelly font partie du jeu de la gente mafieuse. En clair, quand les blancs veulent la déstabilisation, Evans est toujours parmi les premiers ă crier présent. Par contre, quand ces derniers veulent une certaine stabilité, Evans se rencogne. D'où le sens du silence et de son recul spectaculaires par rapport au pouvoir pro-maccoute Tèt Kale.

Un pouvoir qui jouit jusqu'ici du soutien des étrangers qui mènent la danse en Haiti. Haiti, le pays des dieux de 1804 devenue tout à coup le pays des gueux, des vendus, des sousou- souffle- nan-tchou. Ah! Que les temps ont changé. Vivent les invertébrés.

Source: Haiti-Liberte
Guerby Dujour

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