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Haïti-Élections législatives 2015: - À la recherche des 523 191 électeurs en trop...

caricature election magouille

 

Tout Haiti présente une mise au point de Junia Barreau en relation avec l’article qu’elle a publié " Haïti-Élections législatives 2015: - À la recherche des 523 191 électeurs en trop...  cliquer pour Voir l''article original plus bas :

Bonjour,

 Par honnêteté intellectuelle, je me fais l'obligation de partager les informations reçues d'un observateur réel, que je tiens à remercier, qui me présente une explication plausible mais incomplète, sous réserves d'une confirmation par l'institution électorale. Je n'ai qu'à souhaiter que le CEP fasse preuve d'une aussi grande honnêteté que moi... Je ne suis pas une entêtée. Je cherche à comprendre. 

 Je partage cette info parce qu'un journaliste haïtien senior m'a confirmé qu’une grande confusion règne actuellement en Haïti particulièrement autour des résultats des sénatoriales. Confusion qui grandit proportionnellement avec les suspicions de fraudes non détectées par le CEP et la non transparence autour des méthodes de tabulation ni du système électoral retenus par l'institution électorale. Depuis le 9 août les citoyens sont extrêmement méfiants, tout ce que fait ou ne fait pas le CEP paraît suspect. 

 En effet, j'ai vu passer une autre analyse des données sénatoriales présentant des résultats vraisemblablement erronés (présentés plus loin dans le texte). En fait, tous les calculs de pourcentage qui utilisent au dénonimateur le nombre de bulletins (de votants) dans les sénatoriales seront faussés à la lumière de l'information reçue. On verra pourquoi.

L'équation sur le site du CEP (un bulletin=un vote) à l'origine de cette confusion, valable uniquement pour les résultats des députés, n'est donc pas applicable aux sénatoriales. 

Si je reprends fidèlement l’explication de l’observateur, il semble que les 1 569 707 des résultats ne représentent que le total des différents choix exprimés sur les bulletins des sénatoriales, ce que plusieurs personnes, y compris moi, avaient confondu avec le nombre d'électeurs. On a tendance à raisonner en fonction du nombre des bulletins ou des électeurs à priori.

 La confusion est d'autant plus facilitée que sur ces mêmes résultats un vote blanc correspond à un bulletin, donc à un électeur participant. Un vote annulé également. 

 Alors on a cet arrangement sur les résultats des sénatoriales (exemple PDF joint) :

junia 2

Ils additionnent les choix (2 choix de sénateurs = 2 voix; 1 choix de sénateur = 1 voix). Il faut présumer que tous les votants n'ont pas choisi les deux sénateurs et probablement environ la moitié des électeurs ont fait choix de 2 sénateurs. Et parce que ce sont des choix qui sont comptabilisés et non des bulletins (votants), les calculs des pourcentages ayant le nombre d'électeurs ou de bulletins au dénominateur sont faussés.

À la lumière des résultats présentés par le CEP, cette explication paraît logique.

 En bref, les résultats des sénatoriales tels que diffusés ne permettent pas de connaître le nombre d’électeurs votants. Donc, il faudrait retourner au comptage des bulletins pour connaître le nombre total de votants aux sénatoriales, information contenue dans les procès verbaux. Un travail fastidieux auquel s'adonne observateurs et partis politiques.

 Tout compte fait, le CEP devrait rendre les résultats plus lisibles et compréhensibles au public. Dans les cas d'un bulletin à plusieurs choix possibles, les résultats des sénatoriales publiés par département devraient inclure le nombre total de bulletins valides pour le nombre de voix exprimées; puis réparti en nombre de votants qui ont exprimé deux choix, ceux qui ont exprimé un seul choix, (etc.). Comme pour le nombre de votes blancs qui correspond au nombre de bulletins, donc au nombre d'électeurs participants. 

 En toute transparence, on aurait pu avoir ceci :

junia 2-1

En additionnant 1 et 2, on aurait le nombre de bulletins valides, donc le nombre de votants, sans passer par la montagne des procès verbaux accessibles sur son site. À noter qu'aucune information n'est disponible sur le site relative à l'étape du dépouillement en elle-même. ---

 On m'a fait parvernir des analyses statistiques de candidats et citoyens concernés (dont celle de Dr Montès et de Youri) qui utilisent le nombre de bulletins afin de calculer le pourcentage des candidats. Le calcul sera également faussé. 

 L'inconvénient, avec les résultats obtenus par les auteurs on arrive à une somme de parts de tous les candidats d'une même ciconscription supérieure à 100%. Par exemple, leurs résultats respectifs dans le département des Nippes illustrent bien le problème. En additionnant les parts des 4 candidats en haut de la liste, on obtient déjà 101,58% (Dr Montès) et 131,88% (Youri). Or, l'addition du fractionnement des parts doit inévitablement égaler les 100%, à la limite 99,99%.

Deux raisons à cela :

1- Premièrement on présume qu'il y a des électeurs qui ont voté deux candidats, d'autres ont voté un seul candidat au sénat. En additionnant toutes les voix, le nombre de voix sera supérieur au nombre de bulletins. 

2- Deuxièmement, quand on additionne la répartition des voix entre les candidats, cette somme au numérateur sera supérieure au dénominateur qui représente le nombre des bulletins. Par conséquent, les calculs de pourcentage sont faussés et c'est ce qui explique que la somme de toutes les parts des voix, dans une circonscription ou un département, sera supérieure à 100%. Or la somme de toutes les parts réparties (incluant les votes blancs) entre les candidats doit totaliser 100%.  Illustration, voir l'exemple des Nippes, même chose pour les autres départements de leurs résultats (M et Y).

Si l'électeur désignait son premier choix numéroté (1er), suivi de son second choix numéroté (2e), on aurait un ordre de répartition entre les candidats de cette façon: nombre de "1er choix"/(total des bulletins); ensuite, (nombre de "second choix")/(total des bulletins). Le nombre de bulletins connu, avec seulement deux choix possibles au maximum.

Une méthode qui visiblement ne correspond pas au type de bulletins utilisé par le CEP pour les sénatoriales puisque les gens choisissent sans ordonner leur choix. La seule méthode de tabulation envisageable demeure celle de totaliser toutes les voix et de les répartir entre les candidats, le calcul des pourcentages pour chaque candidat se fait: (nombre de voix)/(total des voix). 

Le CEP devrait confirmer ses méthodes de calcul pour les sénatoriales sur son site, comme il l'a fait avec l'écart des 25 points de pourcentage. Cela nous aurait évité de perdre du temps et permis de focuser sur les vraies questions qui sont elles très nombreuses.

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Je reviens aux informations de l'observateur.

En résumé, jusqu'à présent le nombre total d'électeurs ayant pris part aux élections législatives n'est pas connu. La seule référence donnée par le CEP reste le nombre de votes disponibles dans les résultats des élections à la députation. Pourtant, c'est loin d'être suffisant.

À cet effet, l'observateur me signale que le nombre de bulletins valides (électeurs) aux sénatoriales dépasserait celui des députés (une bonne vingtaine de milliers, sinon plus). D'où l'importance de se référer aux listes électorales (réconciliées) afin d'établir la participation générale des électeurs qui ne devrait pas dépendre uniquement du nombre des bulletins valides des élections à la députation. Puisque nous sommes tous à la recherche des électeurs que nous n’avons pas vus dans les rues le 9 août 2015 (situation résumée dans une seule question : "où étaient-ils ce dimanche 9 août?"). 

Alors, il ne faut pas arrêter de poser des questions. Beaucoup de questions pertinentes en suspens dans ce nouvel édito (Le CEP en mode "kase fèy kouvri sa") de Roberson Alphonse.

Alors, pourquoi le CEP ne publie pas tout simplement sur son site les statistiques de l'électorat pour le premier tour? Statistiques tirées de ses propres données. Pourquoi tout ce mystère autour de la participation électorale réelle?  Je parie que l'on aura toutes les statisques détaillées de la Carifesta avant celles de l'électorat au premier tour de ces problématiques élections...

Deux autres problèmes sont soulevés par les résultats des sénatoriales. 

1) L'élimination d'un grand nombre de procès verbaux biaise considérablement les résultats du vote. Le CEP a ouvert une grande porte à la manipulation des résultats à travers l'annulation des procès verbaux. Un candidat ou toute autre main malicieuse qui a accès aux bureaux de vote d'une circonscription ou le centre de tabulation du CEP, pourrait décider de compromettre les procès verbaux qui ne lui sont pas favorables ou plaisants. On peut détruire jusqu'à 30% des procès verbaux défavorables et ré-orienter de cette façon les résultats. Manipulation similaire probable avec les résultats des élections à la députation.

2) Dans les départements où le vote doit être repris dans plusieurs circonscriptions, on imagine que les résultats de ces circonscriptions seront décalés par rapport au reste. En effet, le premier tour sera réalisé en même temps que le second pour les autres circonscriptions où le vote n'a pas été annulé. Et il faudrait attendre les résultats du second tour en 2016 pour obtenir les résultats définitifs dans ces départements où le vote a été annulé dans des circonscriptions. Ce qui signifie que les résultats publiés vont certainement subir des modifications, (dans quel sens? on ne sait pas), alors que les candidats en tête ne semblent pas tenir compte de cette donnée.

Finalement, les explications logiques de l'observateur ne mettent malheureusement pas fin à la recherche des vrais électeurs, ce qui ne semble pas représenter une priorité aux yeux du CEP.

Le taux de 18% soulève beaucoup de scepticisme, car on ne sait pas comment le CEP est arrivé à faire la différence entre les vrais électeurs (très peu nombreux) et les bourrages d'urnes (trop nombreux) dénoncés lors de l'observation électorale. 18% tient du miracle. Et les résultats ne reflètent pas la réalité du vote nous disent des observateurs. De plus les sanctions adoptées par le CEP sont considérées très timides par rapport à l'ampleur de la violence électorale.

La question du seuil de validité d'une élection en fonction du taux de participation électorale demeure entière. 

Je n'ai partagé avec mes listes aucune des positions, plaintes et complaintes des partis politiques, parce que mes interventions ne visent pas à soutenir de manière partisane un parti. La seule bonne nouvelle de ce côté demeure une petite vélléité de rassemblement des groupements et partis politiques (en attente de preuve); si le regroupement se réalise, la cacophonie des 54 candidats s'atténuera. Ils ont peut-être compris qu'atomisés, ils n'auraient aucune chance face à une coalisation puissante d'intérêts, et qu'il leur faudrait avancer comme des soldats romains, regroupés et disciplinés. 

Ce qui s'est passé le 9 août met la société haïtienne en danger, mais tout le monde ne semble pas être convaincu de la trappe, ou bien certains sont convaincus de pouvoir battre les fraudeurs à leur jeu. D'autres veulent éviter à tout prix un bain de sang, l'escalade de la violence car les menaces sont réelles au vu du nombre d'armes à feu en circulation (il y aurait 1000 galils et 15 000 9mm récemment distribués; émission de Radio Kiskeya du 20 août 2015. Dans quel but?).

Beaucoup de personnes pensent à juste titre que les élections du 9 août se sont révélées pires que celles de 2010-2011, un record de fraudes selon Dr Buteau : "Malgré les timides tentatives de la Communauté Internationale, de convaincre du contraire, il ne fait aucun doute que ces élections ont été les plus frauduleuses de la nouvelle ère de la démocratie haïtienne." Cette "offensive macabre" n'est pas prête de s'achever. Mais bonne nouvelle, Dr Buteau n'est pas sujet ni à la détresse, ni au découragement. Il veut contrecarrer cette offensive. Seule l'union des forces progressistes y arrivera. On attend la suite des actions à poser.

Hier soir, un ami me disait que l'on a touché enfin le fond du creux et que l'on ne pourra que remonter la pente. Je lui ai fait remarquer que j'entends cette phrase depuis plus de vingt ans; et qu'il existe une autre hypothèse à ne pas négliger car il est toujours possible que l'on demeure au fond du creux avec un mode d'assistance qui permet de survivre sans jamais remonter. D'où l'urgence de s'organiser autrement comme le propose Dr Buteau. 

Merci de votre attention. 

Jb

P.s. J'allais ajouter qu' "il faut continuer de chercher la vérité", je me suis ravisée parce qu'il paraît que le mot vérité est devenu une appelation contrôlée par le parti Vérité. Déjà, je ne peux porter du rose et avoir la tête rasée à la garçonne sans éveiller quelques soupçons...

 

Haïti-Élections législatives 2015: - À la recherche des 523 191 électeurs en trop...  

Par Junia Barreau --- Une énorme faille statistique a été trouvée dans les résultats rendus publics par le CEP sur son site Internet le 21 août. Si gigantesque qu’elle pulvérise la crédibilité de tous les chiffres avancés par le CEP.

 Dès le départ, je me suis intéressée au taux de participation électorale à la journée (désastreuse) du 9 août 2015, vu l’abstention massive de la population constatée partout à travers le pays selon les reportages de la plupart des médias haïtiens et étrangers.

 La question du taux de participation comme baromètre de la validité d’une élection se pose immédiatement. Ne faudrait-il pas un seuil plancher de participation électorale qui séparerait la validité de la nullité d’une élection, entre autres?

 Les organisateurs des élections du 9 août se retrouvaient donc devant un obstacle de taille qui pourrait provoquer l’effondrement de tout leur plan, l’abstention généralisée.

 « Ils ont frappé fort[1] » écrivait le journaliste Roberson Alphonse en parlant de la journée électorale du 9 août. Fort dans les fraudes, la violence, l’intimidation des électeurs, l’audace des voleurs, etc., insinue le journaliste.

 Mais ils ne sont pas forts en mathématiques vraisemblablement. Le diable n’est plus dans les détails, il est dans la différence qui saute aux yeux.

 Prenons l’exemple du département de l’Ouest qui rassemble 41 % des électeurs haïtiens. On sait qu’il y a dans le processus électoral en cours 2 413 295 électeurs inscrits pour le département de l’Ouest. Lors de son point de presse du 20 août 2015, le CEP communique le taux de participation électorale générale de ce département, 10 % (plus exactement 9,8 % équivalant à environ 236 217 votes valides; un vote valide = un électeur).

 Surprise, le lendemain les résultats des élections aux sénatoriales révèlent que dans le département de l’Ouest, 368 714 électeurs sont allés voter, réalisant un taux de 15 % de participation électorale pour ce département. Une différence de 132 497 électeurs. D’où provient ce « surplus d’électeurs »? Le même scénario se reproduit pour les neuf autres départements.

 Si le CEP reconnaît que seulement 236 217 électeurs ont fait le déplacement et accompli leur devoir civique pour le département de l’Ouest, comment peut-il expliquer le surplus de 132 497 électeurs apparus dans les résultats des élections sénatoriales?

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Alors, le CEP avance que les résultats des élections à la députation ont servi de base de calcul pour les taux de participation générale. En effet, les taux de participation générale (taux arrondis) concordent avec les résultats des élections à la députation.

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Comment expliquer que 1 560 707 électeurs ont voté pour les sénateurs à travers les dix départements, alors que les électeurs sur l’ensemble du territoire ayant participé au vote du 9 août s’élèvent à 1 046 516?

 Qui sont ces 523 191 électeurs en trop? Où se cachent-ils?

 Une grande première mondiale : une seule élection, deux taux de participation générale. Qui a dit qu’Haïti ne pouvait pas innover…?

 Le taux de participation générale révèle le nombre d’électeurs qui se sont présentés à un bureau de vote et ont accompli le vote selon la procédure existante. Voici les étapes du vote de ces législatives :

 1- L’électeur s'identifie par sa carte d’identification nationale (CIN) auprès des membres du bureau de vote qui vérifient l’existence de l’électeur sur la liste électorale préétablie.

2- L’électeur choisit 2 sénateurs, 1 député et dépose les deux bulletins séparément dans les urnes correspondantes.

3- L’électeur se fait mettre de l'encre indélébile sur un doigt.

 Il existe une seule liste d'électeurs dans chaque bureau de vote. Il n'y a donc pas une liste pour les députés, puis une autre liste pour les sénateurs.

 Le taux de participation générale correspond au nombre de gens qui ont voté (et dont le vote est considéré valide) peu importe la répartition du vote entre sénateurs et députés.

 Jacques vote deux sénateurs et un député = 1 électeur;

Marie vote un sénateur et zéro député = 1 électeur;

Paul vote zéro sénateur et un député = 1 électeur;

Maude vote deux sénateurs et zéro député = 1 électeur;

 Lors du dépouillement, dans le procès verbal les trois chiffres doivent être notés, à savoir le nombre d’électeurs sur la liste électorale ayant voté et celui des bulletins de votes trouvés à l’intérieur de chacune des deux urnes (sénateur et député). Ces trois chiffres devraient être identiques si toute la procédure est respectée et par les électeurs et par les membres du bureau de vote.

 Seuls les votes valides sont considérés, c'est-à-dire les choix exprimés (choix de candidat ou vote blanc). Ce cas de figure implique que le nombre de votes effectifs, donc valides, peut être inférieur au nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale. En réconciliant les deux, le CEP n’accepte que les électeurs qui ont réellement exprimé un choix valide selon la procédure électorale établie. Les bulletins annulés ne comptent pas.

 Alors, il est tout à fait probable de noter une différence entre le nombre de bulletins valides pour les députés et celui des sénatoriales puisque les bulletins sont séparés vu le grand nombre de candidats, me fait-on remarquer. En effet. On a un bulletin réservé aux candidats au Sénat, et un bulletin réservé aux candidats à la députation. Donc l’électeur pourrait bien décider de choisir les sénateurs tout ignorant le bulletin des députés, ou en commettant des erreurs sur le bulletin des députés.

 Toutefois, qu'un électeur ait choisi de voter les sénateurs sans choisir un député, cela n’aurait eu aucune incidence sur le taux global de participation.

 Est-ce que le grand écart constaté serait le produit d’erreurs dans le vote ou de l’absence de choix des députés?

 Ce qui sous-entend que 523 191 électeurs auraient décidé de ne voter aucun député ou de bien voter les sénateurs et de commettre des erreurs sur le bulletin des députés?

 Si cette hypothèse était vraie, alors le CEP retiendrait le nombre total des électeurs qui se sont exprimés aux sénatoriales, soit 1 569 707 électeurs, comme base de calcul du taux global de participation. Et dans ce cas, on aurait eu un taux global de participation sur tout le territoire de 27% (plus élevé que lors des élections générales 2010-2011).  

Toutefois, le CEP estime que le nombre d’électeurs ayant participé (c’est-à-dire, exprimé un choix valide) aux élections législatives est de 1 046 516, soit un taux global de participation de 18 %.

 Peu importe le scénario de vote retenu, le nombre d’électeurs qui se sont exprimés aux sénatoriales ne saurait être supérieur à celui retenu par le CEP comme étant le nombre total d’électeurs qui ont participé aux élections législatives sur tout le territoire national (soit 1 046 516).

Kelke swa jan w vire l la, to patisipasyon rezilta senatè bay yo paka pi gran pase to patisipasyon general yo pou tout teritwa nasyonal lan.

C’est déjà un miracle que le CEP soit arrivé à un taux de participation électorale à hauteur de 18 %... En attendant son rapport détaillé, voici ce que nous dit, dans un rapport préliminaire daté du 12 août 2015, la Commission Épiscopale Nationale Justice et Paix (JILAP) qui avait déployé sur le terrain 1 300 observateurs (de vrais observateurs) : « La quantité des votants en dehors des mandataires, des observateurs, des membres de bureau de vote n’a pas dépassé 25 personnes par bureau de vote dans la majorité des centres de vote. »

 Inutile de préciser que ces résultats improbables, impossibles, de deux taux de participation électorale pour une seule élection, soient tournés majoritairement à l’avantage des partis politiques (liés) au pouvoir exécutif.

 Je me suis limitée au taux de participation électorale. Pour une analyse plus détaillée de l’ensemble des résultats, voir le rapport réalisé par l’équipe du CEPR[3].

 Simple calcul arithmétique!
Junia Barreau, une citoyenne haïtienne concernée…
Caricature: Le National


[1] CEP et CSPN au pied du mur. Le Nouvelliste du 13 août 2015: http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/148591/CEP-et-CSPN-au-pied-du-mur

[2]Taux communiqués par le CEP au point de presse du 20 août 2015 : https://www.youtube.com/watch?v=rq9VsCKIzng&feature=youtu.be&a

Le calcul des taux s’obtient en divisant le nombre d’électeurs votants par celui des électeurs inscrits pour une unité territoriale. La différence est non –significative entre les taux de participation générale et ceux des élections de députés. Toute différence est imputable à l’utilisation du taux arrondi. Exemple (14% x 760147 = 106 420) et (14,3478827% x 760147 = 109 064,99 ou 109 065).

D pour élections à la députation. S pour élections sénatoriales.

Source des données : www.cephaiti.ht

[3] Full Breakdown of Preliminary Legislative Election Results in Haiti. 21 August 2015. http://cepr.net/blogs/haiti-relief-and-reconstruction-watch/full-breakdown-of-preliminary-legislative-election-results-in-haiti