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JEV : La Journée Électorale de Volontariat, en Rupture à l’assistanat Électoral en Haiti (Proposition de loi de INFINI)

Préambule

On se plaint, au quotidien, de l’ingérence étrangère en Haïti. Les mots de la Communauté Internationale dans les affaires internes du pays sont souvent taxés de fâcheux et d’intrusionistes. On lui reproche d’un ensemble d’actes indignes et révoltants. Et pour cause, les séquestres de bien des élections présidentielles demeurent les plus débattus.

Inopportunément, en Haïti, la tradition veut qu’on blâme fréquemment l’effet, mésestimant la cause. Autrement dit, l’immixtion de la Communauté Internationale est très mal tranchée. Peu de gens questionnent le financement international des joutes électorales. On ignore même la raison voilée et mercantiliste de cette manne. Pourtant, selon nombreux analystes, ce financement est la source des calamités post-électorales et l’un des principaux géniteurs d’instabilités. Les résultats des élections en Haïti sont des plus fiables témoins du mal qu’est le financement international. C’est une conjoncture qui met à découvert la malice des bailleurs étrangers. Il parait qu’on ne finance que pour imposer ses commandes et ses lois.

L’Histoire de l’Assistanat Électoral en Haïti

La première « élection assistée » d’Haïti a vu le jour en 1990, sous la présidence de Madame Herta Pascale Trouillot. Ce déshonneur constitue le plus grand revers diplomatique pour cette jeune démocratie haïtienne. Et depuis, le pays se voit humilier par la conjonction l’ONU-l’OEA.

À chaque élection, son lot de tribulations: résultats discordants, contestations, jérémiades, scènes de violences sont des chaos dérivés, en partie, de l’aide internationale qui garantit au blanc le droit d’immixtion. L’ère Trouilliste était la genèse d’un sanctuaire pour toute manœuvre tutélaire. On a financé plus de 50 % du coût des élections du 16 décembre 1990. La deuxième élection démocratique présidentielle a eu lieu le 17 décembre 1995. L’international la finance à nouveau. Cette fois à plus de 60 %, René Préval a été élu. En effet, le corollaire n’a pas changé. Haïti a eu un gouvernement bicéphale. La Communauté Internationale s’est imposée et s’est immiscée plus profondément dans les affaires internes du pays.

En 2000, le 21 mai, on a eu des élections presque sans assistanat financier. Par contre, elles ont été très contestées sous l’influence de l’étranger. Leur tenue paraissait, certes, suspecte, mais le mot de cette même Communauté Internationale a été trop pesant. Des mois plus tard, on a eu l’élection présidentielle qui a été témoin du retour du président Jean-Bertrand Aristide au pouvoir en 2001. Cette dernière, a été une nouvelle fois chicanée et rabaissée. La validation de l’OEA n’a été point franche.

Les élections de 2010 coutaient 31 millions de dollars américains. Et, les étrangers les ont financées a plus de 68% (Le Matin, 11/11/2011). Le coût tapageur des joutes de 2015 est un autre scandale. On les estime à 60 millions de dollars. Autrement dit, le financement international parait un obstacle à la paix post-électorale; pas une élection sans l’omniprésence des querelles évitables. Le financement de nos élections est un déterminant d’ingérence.

Références:

  1. Le Matin. 11, Novembre, 2011. (http://lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=27304)

Proposition de Loi de L’INFINI

L’INFINI (l’INitiative FInale de NIvellement) voudrait proposer une thérapie à ce mal endémique qu’est le financement international de nos élections. Loin d’offrir une panacée, on voudrait surtout proposer une stratégie capable de réduire le coût des élections. Et, en effet, on ne suggère d’éliminer complètement le financement international au pays, mais le trésor public doit se charger du coût des élections. Car, la nationalisation des élections est urgente et reste essentielle pour une vraie démocratie. En 13 articles, on résume une suggestion ambitieuse :  

ARTICLE PREMIER

Haïti doit légiférer sur une « journée électorale de Volontariat » sur tout le territoire national. Les élèves des classes terminales des écoles publiques et ceux/celles de la première année de l’Université D’État D’Haïti de l’année électorale en cours doivent être les principales cibles. Cependant, largo senso, les élèves des écoles privées et/ou des Universités Privées peuvent être aussi recrutés en cas d’un commun accord.

ARTICLE II

Cette journée électorale de volontariat est un acte patriotique qui sera récompensé par des dons et des exonérations. Par exemple, tout citoyen recruté pour cette journée électorale Gratuite (JEV) ne doit payer aucun service de l’État durant cette année électorale. Sa carte d’identification, ses extraits des Archives et son passeport seront tirés gratuitement.

ARTICLE III

Les élections présidentielles, législatives et municipales doivent être toutes touchées et bénéficiaires de cette « Journée Electorale de Volontariat» sans particularité.

ARTICLE IV

Les volontaires recrutés pour la « Journée Electorale de Volontariat » doivent être formés, au préalable, par le CEP (permanent ou provisoire) pour pouvoir travailler dans une atmosphère professionnaliste.

ARTICLE V

La Journée Electorale de Volontariat, une fois devenue loi, devra être connue et distribuée dans les écoles et universités du pays afin qu’élèves et étudiants puissent être conscients de sa valeur patriotique et du même cours l’interprètent comme un devoir civique, mais non une pénitence.

ARTICLE VI

La Journée Electorale de Volontariat devra bannir, peu à peu, notre culture de dépendance de l’internationale pour organiser des joutes électorales dans le pays.

ARTICLE VII

L’Etat haïtien doit promouvoir l’idée de la nationalisation des élections haïtiennes. Certes, aucun frais ne doit être prévu pour les recrutés, néanmoins, durant la journée électorale, l’état doit se charger du transport, de la nourriture et la sécurité des volontaires.

ARTICLE VIII

Pour implémenter la Journée Electorale de Volontariat, l’état Haïtien doit faire usage du Ministère de l’Éducation Nationale qui servira d’organe intermédiaire entre les élèves, les étudiants et le CEP en place.

ARTICLE IV

L’état Haïtien, le Ministère de L’Éducation Nationale et le CEP conjointement doivent se mettre d’accord pour élaborer un cours traitant le mécanisme électoral lequel fera partie du curriculum scolaire.

ARTICLE X

Après l’élaboration de ce cours, l’état Haïtien doit cibler les instituteurs, les institutrices et les professeurs des écoles publiques et des universités d’état pour les former afin qu’ils assurent la formation régulière des élèves et des étudiants.

ARTICLE XI

Ce cours doit être obligatoire pour tous les élèves et étudiants, spécialement, à partir des classes des cycles secondaires.

 ARTICLE XII

Les élèves et les étudiants, après avoir pris ce cours, doivent être munis d’un certificat attestant qu’ils l’ont suivi rigoureusement. De ce fait, ils sont prêts à devenir des volontaires au moment des élections.

ARTICLE XIII

La Journée Electorale de Volontariat doit entrer dans le cadre d’une politique de volontariat qui recommandera à tous les élèves et étudiants haïtiens, âgés de 18 ans au moins, de dévernir des volontaires au cours des élections.

POSTAMBULE

 Les élections sont les expressions souveraines de tous les peuples. Elles ne doivent, nullement, être l’objet d’intrusion étrangère. L’épopée haïtienne du 1804 a fait assez d’échos dans le monde libre pour être sous-estimée et mise à prix. Le flambeau du patriotisme doit dissiper tous les nuages de la tutelle. L’argent de l’autrui a un corollaire. Haïti doit pouvoir choisir entre les aides et les gages. Certaines assistances sont un mépris. Les élections haïtiennes doivent être rachetées et nationalisée. La Journée Electorale de Volontariat est une réclamation de notre patrimoine fondé sur le combat glorieux de Vertières. Ô citoyens, citoyennes, haïtiens, haïtiennes, cessez d’être naïfs ! La plupart de ces aides sont loin d’être généreuses ; elles sont vaniteuses et mercantilistes. Il n’y a de pays sans de fierté nationale. Des élections assistées sont un affront à la liberté des états. À travers cette loi de la Journée Electorale de Volontariat (JEV), la république se donne un outil qui lui permettra de regagner sa place dans la lutte pour l’autonomie des peuples ; elle s’exprimera haut et fort contre le néocolonialisme et le respect des droits de l’homme.

Le Comité Directeur de L’INFINI :

  • Dr. Gary Joseph, Secrétaire Général
  • Prof. André Jean-Rony Monestime, BA, BS, MHA, Sec. General Adjoint
  • Me. Luna Garçon, Conseillère Juridique/Trésorière

Voir Aussi:

Le Pseudo-Cri des Conformistes