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Le CEP de Berlanger sera-t-il plus transparent que celui d’Opont ?

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Alors que le Parlement est en quasi-rébellion pour forcer le Conseil électoral à ne pas appliquer les recommandations de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (CIEVE) en ce qui concerne la mise en question de l’élection d’une quarantaine de députés et de trois sénateurs, des observateurs se questionnent sur le souci de transparence du CEP présidé par Léopold Berlanger concernant les questions budgétaires.

Trois mois jour pour jour après leur installation, le CEP de Berlanger a-t-il analysé les forces et faiblesses héritées de l'administration précédente? Que reste-t-il dans les caisses de l’institution électorale après le minifiasco de 2015 ? Quels sont les détails du nouveau budget élaboré pour les prochaines élections ? Qui sont les contributeurs ? Quelles seront les procédures pour dépenser les fonds ? Quels sont les postes les plus importants du budget ? Autant de questions auxquelles il n’existe pas de réponse pour le moment.

Le dernier Conseil électoral a dépensé nominalement cent millions de dollars pour les élections incomplètes de 2015. Jusqu’à ce jour, on ignore comment et pour faire quoi. La partie haïtienne comme les autres donateurs du basket funds se sont entendus pour ne pas rendre publics les détails. Il a fallu l’enquête d’un organisme américain pour permettre de comprendre que l’argent des États-Unis d’Amérique dépensé dans le cadre de nos élections n’a servi que les préoccupations et les intérêts américains.

Qu’en est-il des autres contributions ? Qu’en est-il des fonds haïtiens ? Qu’en sera-t-il cette année ?

On espère que, pour sortir de l’opacité du CEP d’Opont, celui de Berlanger aura l’intelligence et du respect pour la population en publiant son budget détaillé et ses procédures d’attribution de marchés, pour les soixante millions de dollars qui seront nécessaires aux prochaines élections.

En 2015, le budget de communication, celui de l’acquisition des matériels sensibles, des bulletins de vote et autres accessoires indispensables dans une élection avaient été répartis dans le flou absolu et à la discrétion des méthodes du PNUD et du CEP.

Berlanger et les huit membres actuels pourront-ils faire mieux dans la transparence ?

Les élections coûtent de plus en plus cher en Haïti pour un nombre de plus en plus réduit de votants. Le manque de confiance dans l’organisme, dans ses membres en est l’une des causes. Le Conseil électoral actuel a pour devoir de tout faire pour redresser la barre.

Clarifier ses positions sur le sort des parlementaires déjà investis mais qui peuvent être rattrapés par les prescrits du décret électoral de février 2015 est une chose, être le plus transparent possible sur les millions des élections en est une autre. Clarté et transparence sont nécessaires, car on ne peut pas continuer à donner des chèques en blanc à une institution qui dilapide la confiance placée en elle et la foi dans le processus démocratique en Haïti. Le CEP de Berlanger ne commence pas son travail sur une feuille blanche, il y a un héritage, mais il doit tracer son propre destin.

Frantz Duval
Editorial du Nouvelliste

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