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L’Évangélisation des noirs est-elle un crime contre l’Humanité ?

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Vecteur de fantasme et créatrice d’illusion, l’évangélisation est loin d’être le déclencheur du bonheur tant vanté dans le dogme du christianisme. Les missionnaires chrétiens ont beau louanger un futur gracieux post-conversion. « Évangéliser, c’est aimer, c’est vouloir le bonheur de nos frères », écrit Jean-Luc Moens, un chrétien fanatique (Moens, 1998). Or, le converti peut voir passer toute sa vie dans un monde fictif, psalmodiant des prières sans réponse et déclamant des versets hâbleurs.

L’évangélisation est bien l’outil le plus tranchant de l’Occident Chrétien et/ou Théocratique pour esclavagiser, coloniser et asservir, sans péril. Et le catholicisme et le protestantisme ont fait l’usage de cette approche doctrinale pour subalterniser l’Afrique. Le continent noir reste très vassalisé par cette sinistre philosophie. De 1454 à nos jours, l’Afrique a vu ses dieux profanés, ses enfants déportés, ses arts souillés, son folklore outragé et, en général, sa culture dédaignée, rien que sous l’effet de la palabre « évangile ».

Les Péchés de l’Évangélisation

L’Évangélisation est l’apôtre du malheur de la race noire. Elle charrie les préjugés, les idées préconçues, le racisme, l’ignorance et l’arrogance de son porteur. Le noir christianisé devient une âme risible qui censure tout ce qui est de sa terre, en vénérant tout ce qui est exotique, en particulier occidental. À cet effet, le noir converti change de dieu. On lui fait croire que ses dieux Legba, Ogoun et Damballah sont diaboliques. À l’inverse, on l’inculque que Marie et Jésus sont respectivement mère et fils du Bon Dieu (La Croix, 2019). Le nègre occidentalisé porte, de moins en moins, d’habits ancestraux et méprise sa propre gastronomie de ritualité. L’hostie catholique remplace le *« moussa » ; la sainte-cène protestante se substitue au *« tchaka ».

L’Évangélisation fut d’abord une décision d’état prise dans l’antichambre de l’impérialisme occidental. Et pour cause, le christianisme a usé de sa bible pour justifier l’esclavage. C’est le haut clergé catholique qui a déclaré que les noirs n’ont pas d’âme et que leurs enfants sont des lutins. De ce fait, ils sont des serviteurs naturels des blancs (le Code Noir, 1685). Autrement dit, l’évangélisation est la formule essentielle des esclavagistes pour asseoir leur trafic honteux : capture et vente de noirs.

Le prosélytisme des chrétiens européens en Afrique et en Amérique est un catalyseur pour des crimes organisés. Ce mode de convaincre est déicide ; il est le concepteur de la traitre transatlantique, chasseur de croyantes africaines, voire co-auteur des deux guerres mondiales.

Certes, l’évangélisation des noirs a commencé en Afrique, mais elle a dû continuer en Amérique contre les afro-descendants. Cette persécution politico-religieuse a accouché d’un désastre humanitaire dans les caraïbes, en particulier en Haïti, le pays le plus africain de la région.

Les Crimes du Catholicisme

En Haïti, l’évangélisateur est un démon contre la paix. À la suite des œuvres des missionnaires chrétiens, des ans sanguinaires se sont archivés dans la mémoire collective haïtienne. Les prêtres catholiques ont d’abord lancé le mouvement « Rejeter » en 1939, une offensive anti-vodou lancée par le clergé breton d’Haïti d’alors (Le Nouvelliste, 03 sept. 2012). Ces missionnaires ont prêché les haïtiens à couper les arbres qui, selon eux, abritent les mauvais esprits. Cette campagne oblige le paysan haïtien à « Rejeter » le Vodou, en abattant des arbres centenaires, membres sacro-saints de l’écologie du pays.

L’impact du « Rejeter » sur la déforestation est très considérable. Le chiche pourcentage de  couverture végétale que compte le pays aujourd’hui doit sa conception à cette évangélisation paria des catholiques. Ces zélateurs chrétiens ont détruit des houmforts, brûlé les accessoires des houngans, abattu les arbres-reposoirs des esprits, en exorcisant toute maison ou tout objet suspect ; un serment antisuperstitieux a été même imposé aux convertis, voire de sanctions graves, comme l’ex-communion et le refus de l’absolution, infligées aux récalcitrants (Joint, 1999).

L’Évangélisation est un forfait transcendant dans l’histoire d’Haïti. Les noms de certains prélats créent encore de la schizophrénie, même après leur trépas. Deux évêques du Cap-Haitien sont parmi les plus redoutables : Mgr Jean-Marie Jan, est un pyromane qui a fait brûler près d’un millier de houmforts de 1939-1942 ; Mgr. François Gayot a eu ses doigts obliquement trempés dans le sang des victimes du Coup d’État du 30 septembre 1991, en s’associant à Bob Lecorps et Toto Constant, deux tueurs à gage du régime putschiste des généraux Michel François et de Raoul Cédras.

Les Crimes du Protestantisme

La foi protestante est une autre version de l’évangélisation d’état, cuisinée par l’Occident. Aussi bien en Afrique qu’en Amérique, le protestantisme évangélise contre les pensées ancestrales, en particulier celles des noirs et des amérindiens.

Ce fut le gouverneur-calviniste, François Levasseur, qui avait jeté sur l’Ile-de-la-Tortue, en 1640, les prémices protestantes en Haïti (à l’époque, Saint-Domingue). Il fut assassiné, en 1652, par deux lieutenants catholiques fanatiques, Thibault et Martin, l’accusant d’hérésie et de surtaxation (Camus, 1997). En 1816, un autre groupe de missionnaires a eu la bénédiction du président- blancomane, Alexandre Pétion, pour continuer la minable besogne d’acculturation.

Le crime protestant est quasi-analogue à celui des catholiques. Les pasteurs baptistes et wesleyens ont aussi tenté de piétiner la foi séculaire en Afrique et en Amérique. Ils mènent tous une croisade, sous des verbes racistes et préjudiciaux, contre les amérindiens et les afro-descendants. En Haïti, les protestants prônent la foi unique, en teignant toute croyance indigène. En 1997, les pasteurs Gregory Joseph, Berthony Paul et Jeune Joël ont profané le Bois-Caïman, site sacré de la révolution des esclaves du nord. Le protestantisme est surtout coupable du mouvement « Pilonnen Djab » (écraser le diable) qui est un « Rejeter » sans soutane. À l’aube de l’an 1986, au cœur du déclin du duvaliérisme, les promoteurs du « Pilonnen Djab » ont causé la mort d’une affluence de houngans à travers le Pays.

L’évangélisation des noirs est une persécution religieuse née sous l’égide des versets bibliques de provenance suspicieuse. Depuis plus de 500 ans, s’est incarné dans l’esprit des africains et afro-descendants que leurs dieux et leur culture sont à rejeter. L’approche crâneuse décrit un paradis pour le conformiste noir, s’il aime ses frères. Pourtant, une idée blagueuse peint un enfer pour l’indocile noir, s’il pratique la foi de ses ancêtres. Ce déséquilibre argumentaire illustre que l’évangélisation n’est qu’une farce.

L’évangélisation des noirs est acquéreuse d’un lourd bilan : pyromanie, exécution sommaire, déforestation, déicide, endoctrinement, machination, illusionnisme et pédophilie. Si ce n’est pas un crime contre l’humanité, c’est une cruauté contre la race humaine.

 

*Le « moussa » est tiré du manioc (yuca), tubercule de magnificence de la culture taïna ; l’esprit de la cuisson du moussa est afro-haïtien.

*Le « tchaka » est tiré du maïs ; on le sert dans le rituel ouest-africain d’Haïti

 

Prof. Jean-Rony Monestime André

BA-en Conn. Générales, BS en Médecine Nucléaire
CRA-Clinical Research Associate
Master’s in healthcare administration-MHA
Ph.D-Doctorant en Science de la santé
Jean-Rony.andre @shu.edu
954-297-3855
Image: source facebook

 

Références


 

Camus, C. M. (1997). L’Ile de La Tortue au cœur de la flibuste Caraïbe

Hors-série Pèlerin (2019). Marie, mère de Dieu et vierge. La Croix, Bayard Presse

                 Tiré de : croire.la-croix.com

Joint, G. (1999). Libération du vaudou dans la dynamique d'inculturation en Haïti. Editrice

                 Pontificia Universita Gregoriana (2) p. 187, Roma, Italia

Moens, J.-L. (1998). L'Évangélisation. Pourquoi ? Comment ? p.84, Paris, France

Olivier, D. (2012). Haïti : revisiter la campagne anti-superstitieuse de 1939-1942. Le

               Nouvelliste, Port-Au-Prince, Haïti

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