Tout Haiti

Le Trait d'Union Entre Les Haitiens

Analyses & Opinions

Au milieu du gué : Entre mémoire et avenir

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By Alain Zéphyr, Renouveau Démocratique ---  Je suis tombé au hasard sur un article paru en 1963 sous le titre ”Sortez les gagnants.[1]” Il a été écrit par Guslé Villedrouin et Gérald Brière de Jeune Haïti. Jeune Haïti est ce mouvement dont ses militants ont payé de leur vie et de leur sang leur résistance opiniâtre à la satrapie duvaliériste. Je ne puis résister à la tentation de comparer leurs rêves et idéaux aux idées de notre Manifeste pour un renouveau démocratique, publié en août 20182.

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Cette haine des pauvres qui nous habite

josue muscadin Dr. Josué Muscadin La production de l’ordre social haïtien s’est reposée sur une violence symbolique extrême qui a pénalisé, et pénalise encore, à bien des égards cette catégorie socioéconomique désignée sous le terme de pauvre. Dès les premières années de la période postindépendance, la volonté des élites était clairement énoncée : soumettre les classes populaires, principalement les paysans, à un processus de deshumanisation continue. Les normes juridiques et sociales, la religion, la morale, l’organisation de l’Etat ont été mises au service de la constitution de ce modèle social « pauvrophobe » que nous avons aujourd’hui. L’indépendance, acquise avec la participation de toutes les couches de la société, n’a été véritablement effective que pour les groupes dominants. L’oligarchie noire et mulâtre s’est entendue, à travers une sorte de « complicité objective » dirait Bourdieu, pour exclure les masses rurales de la vie politique et publique, tout en exerçant sur elles une domination multiforme d’une brutalité inouïe. Louis J. Janvier, analysant le code rural de Boyer de 1826 qu’il faut considérer comme le prolongement du Code de Travail de Toussaint Louverture qui lui-même est un héritage des rapports sociaux coloniaux, parle de l’« esclavage sans le fouet »[1] pour rendre compte de la volonté des dirigeants du nouvel Etat d’enfermer dans un état de sous-humanité, ces individus, relégués à la marge de la société, qu’on catégorise sous le vocable d’« Africains » par opposition à celui de « Citoyens », lequel regroupe ceux qui jouissent pleinement des droits que leur confère leur appartenance pleine et entière à la cité. Analysant l’émergence de cette dichotomie sociale, l’historien Vertus Saint-Louis[2] met en évidence la logique sociale qui la sous-tend et sa persistance dans l’Haïti du 19e et du 20e siècle. Il s’agit, selon Jean Casimir, d’un « Etat d’apartheid avant la lettre » [3] dans lequel prennent forme un certain nombre de marqueurs de distance sociale et spatiale mis en place par l’oligarchie des anciens libres, dans le cadre d’un besoin de distinction, pour se démarquer des « Bossales », fraichement affranchis de l’enfer de l’esclavage. Au lendemain de l’indépendance, nos élites ont ressenti une nécessité quasi-existentielle de perpétuer le modèle social colonial comme un exercice thérapeutique leur permettant d’évacuer les frustrations accumulées sous l’ancien régime, en prenant les anciens captifs comme exutoire.

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La Calamité Rose : Ayiti-Exit - la nécessité d’arrêter la Caravane du Faire Semblant (5 de 9)

delegue entoure de ses attachesOctobre 2019: Délégué départemental du nord représentant de Jovenel Moise entouré de son gang armé en toute impunité au pays des Tet Kale

Par Alin Louis Hall ---  Il n’est que d’indécrottables esprits à croire que la caravane de toutes les duperies peut être encore sauvée en faisant appel aux thuriféraires en soutane de la « soulouquerie rose ». Alors que la première constitution haïtienne de 1805 en ses articles 50, 51 et 52 ambitionnait d’établir un état laïc, la panne d’inspiration continue de promouvoir le déficit républicain et institutionnel en essayant de redorer le blason de la plateforme interreligieuse de toutes les coalitions réactionnaires. Il importe de rappeler qu’il ne suffit pas d’étudier notre histoire et d’admirer ce que nos ancêtres ont fait de bon. L’essentiel est de comprendre ce qui alimente notre tradition d’apporter des cures pires que les maux. Comme nous aimons souvent le répéter, la société haïtienne excelle à « retire trip mete pay ». Elles sont donc nombreuses les contradictions ayant précipité la chute de l’ange. Pour illustrer ce phénomène qui nous retient en mode « tout bouline mem plas », la soi-disant correction républicaine du 17 octobre 1806 intronisa le catholicisme comme la religion officielle de la « république sans sanction » d’Alexandre Pétion. Comme un logiciel, on retrouve la prévalence d’un phénomène qui programme nos errements et module nos comportements, collectifs comme individuels. Malheureusement, il s’avère difficile à bien diagnostiquer ses manifestations et symptômes. Les causes de la schizophrénie demeurent inconnues. Aussi, importe-t-il d’encourager les Haïtiens à faire le voyage à l’intérieur de leur « soi ».

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Robert Lodimus: …Le devoir et l’obligation de sauver Haïti de la débâcle politique, sociale et économique

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« Les hommes ont un défi majeur à relever, celui de savoir vivre ensemble. Le " surhomme " n'est pas celui qui est très fort ou très puissant. Le surhomme, c'est l'ensemble des hommes. Dès lors qu'ils coopèrent, s'allient, dès lors qu'il n'y a pas de compétition entre eux, ils peuvent progresser, atteindre des performances supérieures. C'est pourquoi il faut organiser, encore et toujours, des rencontres entre les hommes. C'est la seule richesse. »

                       (Extrait d'une conférence en juillet 2004 d’Albert Jacquard)

 Par Robert Lodimus (Montréal) ---Émile Zola a publié son roman « La Débâcle » en 1892. En France, le second Empire, qui devient un symbole de décadence et de corruption, s’effondre. Deux amis, Jean Macquart et Maurice Levasseur, sont opposés idéologiquement. Ils ont, chacun, une conception de la France de demain. Lors de la « Semaine Sanglante » en 1870, ils se retrouvent face à face sur le champ de bataille. Le communard Maurice Levasseur est transpercé mortellement par la baïonnette de Jean Macquart qui ne l’a pas reconnu. Dans ce livre, l’auteur dénonce les horreurs de la guerre. Mais nous laisse aussi un message important qui devrait retenir notre attention : être capable de faire renaître un pays de la débâcle. Pour Émile Zola, c’était la France de 1870. Pour les Haïtiens, il s’agit de l’Haïti de 2019. Je reprends quelques mots d’Éric Boulanger, docteur en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal (l’UQAM), pour déclarer qu’Haïti doit « surmonter la honte de la défaite » pour « retrouver le chemin des honneurs et de la gloire ».  

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La Question Juridique des Prêts de L’ONA

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La quasi-impossibilité d’avoir un prêt

De tous les maux que connaissent les Haïtiens, on peut compter ce sentiment d’injustice sociale qu’éprouvent les travailleurs assurés de l’ONA. Ils constatent impuissant à la quasi-impossibilité d’avoir un prêt alors qu’ils cotisent depuis si longtemps. Pour eux l’ONA n’est pas une institution faite pour eux mais pour conserver la richesse des riches et mettre au monde celles des politiciens. Des listes et des chiffres s’engouffrent dans la toile des réseaux sociaux augmentant d’avantage la frustration et le dégoût. Sont-ils vrais ? Les noms qui s’y trouvent correspondent-ils aux faits ? Nous n’en savons rien. Pour éviter le complotisme qui semble de plus en plus devenir un sport national nos questionnements s’arrêtent là. La raison doit prendre le pas sur le sophisme et les réalités tordu dans le sens de nos intérêts ou de nos frustrations. Que pouvons-nous savoir pour répéter Kant dans ce contexte ? Qu’avons-nous d’objectif à notre disposition ? La Loi. 

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La Calamité Rose: Ayiti-Exit - la nécessité d’arrêter la Caravane du Faire Semblant (4 de 9)

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Par Alin Louis Hall --- La disparition du politique au profit de ce nihilisme revendiqué par une classe moyenne qui mange à tous les râteliers a provoqué des dégâts considérables. Le « banditisme légal » est devenu le déterminisme haïtien. Impossible de trouver avec la lampe de Diogène un homme en plein midi ! Cet état permanent de déréliction a déjà détruit les rapports sociaux équilibrés et les valeurs fondamentales. Par exemple, le vote est devenu un commerce de détail. À défaut d’une action politique innovante, s’annonce une continuité de la gestion mercantile et anarchique des maigres ressources de l’État. Les options actuelles qu’on veut imposer amplifieront tous les dangers. Elles n’offrent qu’un lendemain sans trace ni passé. Haïti est désormais une bombe à retardement environnementale, économique, sociale et culturelle. Pendant que les secteurs porteurs et filières traditionnelles constatent leur disparition programmée, l’abandon des terres alimente le modèle entrepreneurial dominant du taxi-moto qui ne crée aucune richesse. En augmentant la pression sur les infrastructures sanitaires déjà défaillantes en raison du nombre d’accidents, cette activité transitoire avant le départ volontaire est un des maillons forts de la chaine d’importation et n’est pas sans conséquences sur notre balance de paiement et notre facture pétrolière. 

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