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Pour débusquer la corruption dans l’utilisation des fonds PetroCaribe (2 de 2)

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Leslie Péan, 27 avril 2016  ---   Il faut remonter à François Duvalier et à la perversion que son régime dictatorial a introduite dans les valeurs dominantes pour comprendre la zombification actuelle du peuple haïtien. Le Dr. Yves Saint-Gérard a expliqué l’ascendant psychologique exercé par Duvalier en ces termes :

« Façonner l’inconscient collectif  est le préoccupation majeure des minorités haïtiennes qui détiennent le pouvoir, en Haïti comme ailleurs. La classe politique traditionnelle s’est acharnée à créer de toutes pièces une idéologie sur mesure pour maintenir les masses populaires dans leurs conditions de vie inhumaines. Depuis 1957, elle s’est évertuée à les transformer en des duvaliéristes en puissance à l’aide d’une pensée politique surannée : la pensée duvaliériste[i]. »

La nation a été amnésiée et aveuglée. Le fascisme duvaliériste est fortement ancré dans les représentations populaires qui servent de référence et de plaques d’enregistrement à la désorientation générale. Le pays est pris à la gorge. Le peuple est traumatisé, abruti et abêti par le culte de la personnalité  des dirigeants qui, une fois nommés « président », « ministre », « sénateur », « député », « juge », « maire », « délégué », se croient tout permis et agissent en dictateur. Les tâtonnements d’aveugle sont la règle. Dans cet entendement, la « classe politique de pouvoir d’État » a eu les coudées franches et a considéré les maigres ressources de l’État comme une mamelle nourricière. Un bijou de famille. Un gâteau à partager. Sentant juteux le programme PetroCaribe, les malfaiteurs de l’alliance INITE/TÈT KALE se sont donné la main pour piller le trésor public.

Les dédales de l’alliance INITE/TÈT KALE qui se donnent à voir aujourd’hui comportent de lourds secrets qui complexifient le jeu politique et maintiennent Haïti dans des intrigues de famille. Pourtant les indices cachés des épisodes de ce gigantesque puzzle sont multiples. Pour décortiquer la collusion de cette alliance de malheur et résoudre les nombreux mystères qui y sont attachés, il faut aller au-delà du cercle immédiat des protagonistes qui ne peuvent qu’épaissir les mystères. La lecture des mauvaises pratiques des gestionnaires des fonds PetroCaribe dévoile les connexions en rendant la situation mois complexe.  

L’intérêt que semble manifester la Commission Anti-Corruption et Ethique du Sénat pour la vérification de l’utilisation des fonds PetroCaribe est hypocrite car les fonds décaissés ont toujours suivi le parcours corrompu instauré sous le gouvernement Préval. Le secret de fabrication de ce parcours est détenu par le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). Débusquer la corruption demande de commencer par ce Ministère, premier élément au cœur du dispositif qui orchestre les intrigues pour les démêler ensuite au profit de ses commanditaires. Le MPCE agrée et transmet les fonds. Autant les requêtes que les demandes de décaissement passent par ce ministère. Le Ministère des Finances n’est qu’une formalité, une courroie de transmission.

Le MPCE connaît le système dans son intériorité et détient les capacités pour désigner non seulement de faux coupables mais aussi pour imaginer des alibis. Il sait aussi bien maquiller la corruption des parlementaires comme le fit le gouvernement Préval en donnant 5 millions de gourdes à tous ceux qui restent tranquilles et font ce qui leur est demandé. C’est ce qui explique que les projets d’infrastructure sont généralement financés et exécutés par le Ministère de la Planification et non par le Ministère de tutelle, c’est-à-dire le Ministère des Travaux Publics Transport et Communication (MTPTC).

Le deuxième élément dans le butin réalisé à travers le détournement des fonds PetroCaribe est la rente collectée à la base et qu’on appelle le « premium ». Il s’agit de la différence entre le prix affiché pour la Caraïbe (Caribbean posting price) et le prix auquel la compagnie PDVSA (Petróleo de Venezuela, Inc.) vend à Haïti. Cette différence qui est gardée par le gouvernement haïtien ne rentre pas dans les comptes publics et disparaît dans un trou noir. Dans l’hypothèse d’un premium de 1% sur les achats de 3 milliards de produits pétroliers d’Haïti auprès de PDVSA au cours des huit dernières années, cela équivaut à un le pactole accaparé par les bandi legal de $US 30 millions.

Selon le Fonds Monétaire International[ii], le « premium » a fluctué entre 10% et 50% entre Janvier 2012 et Janvier 2015, et s’est maintenu dans une moyenne de 20%. En accaparant le « premium », les prédateurs réalisent des gains scandaleux. Contrairement à ce que soulignait Michel Guerrier, directeur de National, la seule entreprise de distribution de pétrole du Groupe Gilbert Bigio (GBG), à l’occasion des échanges qu’il a eus avec les diplomates américains accrédités en Haïti en Mai 2006[iii], ce n’est pas une pitance.

 Pa gen bal mawon kap tire

Le troisième élément du dispositif de corruption est le rituel immuable du Bureau de Monétisation de l’Aide au développement (BMPAD). Le marronnage du président Préval face au gouvernement américain pour intégrer le programme PetroCaribe est connu et documenté par les révélations de Wikileaks[iv]. Dans son beau poème, Réponse à René Depestre paru en 1955 dans Présence Africaine, Aimé Césaire exprime  ainsi sa jubilation de la ruse en écrivant :

 « Marronnons-les, Depestre, marronnons-les
Comme jadis nous marronnions nos maitres à fouet »[v].

 Ce marronnage dont parlait Césaire dans le domaine de la littérature s’est élargi à tous les domaines de la vie en Haïti. Il est devenu irrésistible et s’écrit avec subtilité dans nos comportements. Dans nos rapports quotidiens avec les autres et même avec nous-mêmes. Dans nos engagements. En recourant au marronnage pour traiter avec le gouvernement américain qui ne voulait pas qu’Haïti participe au programme PetroCaribe, René Préval n’a pas mis en place les structures de transparence nécessaires pour faire face aux pratiques déréglées et médiocres qui ont fleuri dans l’utilisation des fonds PetroCaribe. De toute façon le gouvernement américain n’a pas été marronné par Préval. Quand les corrompus servent les intérêts américains, ces derniers savent regarder de l’autre côté. Les exemples du pragmatisme américain face à l’argent ne manquent pas.

On peut s’en rendre compte en se référant au traitement spécial reçu par le dictateur Pinochet du Chili avec les $US treize millions volés et déposés dans 125 comptes bancaires dans les banques américaines[vi], dont la banque Riggs à Washington, en utilisant des sociétés écrans. On peut également voir le traitement spécial reçu par le dictateur sanguinaire Obiang N’Guema de la Guinée Équatoriale dont la fortune venant du pétrole a dépassé le cap de $US 700 millions en 2005. Depuis lors, Obiang N’Guema, reçu à la Maison Blanche par les présidents américains de Bush à Obama, utilise les moyens plus sophistiqués des avocats d’affaires, des sociétés écrans, etc. pour le blanchiment de sa fortune et investir aux Etats-Unis[vii]. En clair, le pays d’Hollywood sait faire du cinéma. Il peut même élire des acteurs de seconde catégorie à la Reagan pour le diriger. Mais prekosyon pa kapon ! Pa gen bal mawon kap tire dans les grands centres du savoir qui constituent l’épine dorsale des Etats-Unis d’Amérique. On comprend donc que ce pays ait raflé 323 des 561 Prix Nobel décernés depuis 1901 dans les six catégories (physique, chimie, médecine, paix, littérature, économie).   

C’est tout le contraire en Haïti où le nivellement par le bas est défendu idéologiquement et même consacré depuis le duvaliérisme. Ça ne vole pas très haut quand des « cerveaux lents » sont aux commandes. L’esprit de corruption bloque toute capacité d’établir des priorités. La confusion des intérêts fait que les réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il en découle une absence de justice et de droit qui se répercute dans la captation de la décision publique. Ceci est palpable dans le programme PetroCaribe au niveau du choix des projets et de leur exécution. Préval s’est donc marronné lui-même en n’établissant pas les mécanismes transparents pour générer des ressources financières permettant de rembourser les emprunts de PetroCaribe au moment venu. Quand de tels mécanismes ne sont pas l’objet d’une réflexion écrite, peut-on s’attendre à ce que les actions qui s’en suivent ne soient pas escamotées ?

L’absence de gestion prévisionnelle

Dans notre cher pays où la rhétorique des dirigeants politiques est réfractaire à la pensée, la dénaturation est toujours au rendez-vous. À ce niveau, le marronnage de soi ne peut produire aucun sens. Il installe la méfiance au cœur de la cité mais aussi au cœur de l’individu. Sur le terrain politique, le professeur Emmanuel Buteau commente ainsi les mensurations du marronnage : « Durant toute notre histoire, nos hommes politiques, au pouvoir ou dans l’opposition, ont toujours refusé d’exprimer clairement leurs vrais objectifs et n’ont jamais voulu laisser voir leurs mains dans les actes qui leurs permettaient d’aboutir à leurs fins avant d’avoir la certitude de pouvoir s’imposer par la force à la population. C’est ce qu’on pourrait appeler le marronnage politique. Le peuple haïtien a toujours été trompé par des hommes en qui il avait placé sa confiance[viii]. » 

Loin de tout hasard, le populisme de droite a rencontré le populisme de gauche comme le vent qui souffle dans une voile. Pour le malheur de la barque d’Haïti, l’aide précieuse a été dilapidée. Martelly s’est calqué sur Préval généralisant les dérapages de toutes sortes sous l’égide du Bureau de Monétisation de l’Aide au développement (BMPAD). Porté sur les fonds baptismaux par Préval le 14 mai 2006, le BMPAD s’est lancé dans le financement de projets tous azimuts sans comprendre que ce qu’il croyait être sa force constituait en fait sa faiblesse. Le gouvernement Martelly a jeté l’ancre de son navire dans les mêmes eaux que celui de Préval. Au fait, il a fait le voyage dans la corruption avec une vitesse encore plus grande que celle de Préval. La manne annuelle de $US 300 millions a été gaspillée. Ces montants auraient pu être utilisés pour des projets d’investissement déterminés dans un cadre cohérent. Mais malheureusement l’incompétence et le crétinisme des dirigeants n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Sans la moindre inhibition, des démons masqués en êtres humains se sont livrés à des pratiques de non-sens absolu.

Comme le souligne l’économiste Daniel Dorsainvil dans son analyse du BMPAD, « les nouvelles allocations ont été faites en grande partie sur la base de flux prévisionnels, et non sur la base de liquidités déjà disponibles[ix]. » En ce sens, la comptabilité du BMPAD est nulle. Les rapprochements ne sont pas établis. La maitrise de la liquidité qui est le b-a ba en matière de gestion financière n’existe pas. Les analyses de simulation ne sont pas faites pour prévoir l’avenir et élaborer des stratégies alternatives de trésorerie. Depuis la mort de Chavez le 5 mars 2013, des articles dans des revues et journaux comme Caribbean Journal, El Nacional, Economist évoquaient la fin du programme PetroCaribe[x]. Une semaine plus tard, soit le 11 mars 2013, le plus grand journal jamaïcain The Gleaner publiait un Éditorial[xi] expliquant qu’il n’y a aucune certitude que PetroCaribe survivra à la mort de Chavez. Les dirigeants haïtiens auraient dû tenir compte de ces informations pour faire une gestion prévisionnelle à partir de différences hypothèses.  

Non seulement ceci n’a pas été fait, mais la gabegie a été amplifiée. Par exemple, au 31 octobre 2014, alors que les montants restant dus au titre des engagements sont de l’ordre de $US 328 millions,  les soldes des comptes Petro Caribe domiciliés à la Banque Nationale de Crédit (BNC) et à la Banque de la République d’Haïti (BRH) accusent un total d’environ $US 98 millions[xii]. Ce déficit de $US 230 millions constitue en soi un signe avant-coureur d’une mauvaise gestion. C’est une alerte qui appelle à un audit des états financiers, des avances reçues, des intérêts éventuellement générés sur les comptes, des états certifiés de dépenses, et des soldes bancaires. En se prêtant à tous les jeux, le BMPAD s’est essoufflé au point de ne pas pouvoir compléter bien des chantiers qui avaient été lancés à cor et à cri. Le BMPAD s’est même retrouvé en faillite et n’a pas pu payer le PDVSA depuis juillet 2015. Ces huit mois d’arriérés[xiii] sont indicateurs d’autres déboires dans la gestion car le pétrole reçu de PDVSA a été vendu argent comptant aux compagnies pétrolières locales et l’argent a été encaissé et détourné.

Les assassins se donnent la main

Le dispositif de corruption mis en place par l’administration Préval a bousculé toutes les institutions locales. C’est le cas avec le Parlement, le Ministère des Finances, la Cour supérieur des Comptes, l’UCREF, l’ULCC, la Commission nationale de passation des marchés publics (CNMP), etc. Toutes ces institutions sont frappées de cécité. C’est par l’élimination systématique de la transparence que s’explique l’alliance cauchemardesque contre nature entre Préval et Martelly. Une alliance de bandits qui incarne la corruption de l’État marron.  Richard Morse, cousin de Martelly, a jeté l’éponge en décembre 2012 car il ne voulait pas être avalé par la mafia de corruption[xiv]. Marie-Carmelle Jean-Marie, ministre de l’économie et des finances, démissionne en 2013 pour les mêmes raisons.

Le brigandage s’affiche à chaque étape. Par exemple, le BMPAD prétend que l’entreprise SOGENER du groupe Vorbe lui doit $US 161 millions, alors que ce dernier démontre que c’est plutôt l’État haïtien qui lui doit $US 10 millions. En ce sens, la SOGENER a publié une note de presse en date du 16 mars 2016 disant : « La SOGENER, en réponse à la note de presse du Bureau de Monétisation des Programmes d' Aide au Développement (BMPAD), en date du 15 courant, dans laquelle elle informe le public que son incapacité d'honorer ses obligations envers ses fournisseurs est due à la délinquance des importateurs auxquels elle livre des produits pétroliers, et principalement la SOGENER dont le compte débiteur s'élèverait à 161,858,763.66 dollars américains, déclare formellement que toutes les livraisons de fuel par la BMPAD à la SOGENER ont été effectuées pour le compte du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF), en règlement partiel des fournitures d'électricité à I'EDH, conformément au contrat liant la SOGENER à l'Etat Haïtien, et géré par I'EDH[xv]. »

Selon le rapport 2015 de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), on ne saurait prendre au sérieux près de la moitié des projets exécutés par le BMPAD. Il s’agit d’un véritable crime, car les besoins des populations ont servi de prétexte pour voler des ressources financières rares. C’est ce que révèle la lecture sans œillères de la CSC/CA des projets. En effet, « 31% étaient jugés sans aucun fondement pour des raisons diverses de planification, de mauvaises appréciations, d’absences d’études préalables pouvant permettre de saisir la vraie nature de la problématique en question ou du problème à résoudre[xvi].» Le constat de la CSC/CA indique que c’est malpropre que des millions de dollars soient gaspillés pendant que des millions de gens ont faim. De quoi mourir de colère !

À quoi sert le marronnage devant une telle destruction ? Les reproches précis faits par la CSC/CA sont époustouflants. Les inventions des escrocs pour soutirer l’argent n’ont pas de limites. Qu’on n’évoque surtout pas la déclaration de l’ambassadeur vénézuélien en Haïti, Pedro Antonio Canino Gonzales, du 5 mai 2015 clamant que le Fonds Petrocaribe a été bien géré. Les investigations des autorités américaines sur PDVSA parues dans le Wall Street Journal[xvii]  et dans le New York Times[xviii] démontrent que la gangrène de la corruption est aussi bien en aval qu’en amont. Le coup de main que l’ambassadeur a voulu donner au fonds PetroCaribe contraste avec la performance présentée par la CSC/CA qui dit : « 13.79% de ces projets étaient à signaler en raison des anomalies reflétant des problèmes de gestion internes, de non-transparence, des retards inquiétants par rapport aux montants reçus comme avance sur les coûts des projets et qui pourraient même conduire, après des audits, à des conclusions de détournement de fonds publics tant les constats étaient accablants[xix]. »

Le comble est que ces frasques de corruption ont été organisées en mettant en avant la loi d’urgence pour passer outre toutes les procédures et octroyer des contrats sans appel d’offres. La duperie est pensée pour corrompre le discernement. C’est grâce à cette technique mise en place sous le gouvernement Préval que la forfaiture s’organise en dehors des procédures de passation de marché. Ceux qui refusent de collaborer sont carrément assassinés. C’est le cas de Robert Marcello, directeur de la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), enlevé le 12 janvier 2009 et assassiné, puis celui de Guyto Toussaint, directeur de la Banque Nationale de Crédit (BNC) en juin 2011. De René Préval à Michel Martelly, les assassins populistes de gauche et les assassins populistes de droite se sont donné la main pour dilapider le trésor public. Aujourd’hui ces deux tendances sont invitées à s’entendre pur continuer le bal.

Leslie Pean
Historien - Economie
 
Voir Aussi:

Pour débusquer la corruption dans l’utilisation des fonds PetroCaribe (1 de 2)


[i] Yves Saint-Gérard, « L’inconscient collectif haïtien : nécessité d’un procès du duvaliérisme », Haïti-Observateur, 5-12 Mars 2014, p. 16.

[ii] International Monetary Fund, Haiti; Staff Report for the 2015 Article IV Consultation and request for a three-year arrangement under the Extended Credit Facility, June 2015, p. 18.

[iii] https://wikileaks.org/plusd/cables/06PORTAUPRINCE846_a.html ; Lire aussi Kim Yves, « De nouveaux câbles divulgués par WikiLeaks révèlent: Comment Washington et les grandes compagnies pétrolières se sont battus contre PetroCaribe en Haïti », Haïti Liberté, Vol. 4, No. 46, 1er au 7 Juin 2011.

[iv] Dan Coughlin and Kim Ives, « WikiLeaks Haiti: The PetroCaribe Files », The Nation, June 1, 2011

[v] Césaire, Aimé, «Le verbe marronner. Réponse à Depestre, poète haïtien (éléments d’un art poétique)», Présence Africaine (1-2), 1955.

[vi] Norm Coleman and Carl Levin, Money Laundering and Foreign Corruption: Enforcement and effectiveness of the Patriot Act. Supplement Staff Report on US Accounts Used by Augusto Pinochet, PERMANENT SUBCOMMITTEE ON INVESTIGATIONS, United States Senate, March 16, 2005, p. 7.

[vii] Carl Levin, Chairman Tom Coburn, Ranking Minority Member, United States Senate PERMANENT SUBCOMMITTEE ON INVESTIGATIONS Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, KEEPING FOREIGN CORRUPTION OUT OF THE UNITED STATES: FOUR CASE HISTORIES, February 4, 2010.

[viii] Emmanuel Buteau, « Le marronnage politique », Le Nouvelliste, 10 septembre 1986, p. 1.

[ix] Daniel Dorsainvil, Évaluation du financement public de la politique de protection sociale: Une lecture spéciale du Programme Ede Pèp, CEPALC, Mai 2015, p. 17.

[x] Michael W Edghill, « The future of PetroCaribe », Caribbean Journal, July 15, 2013 ; « PetroCaribe and the Caribbean, Single point of failure », Economist, October 4, 2014. Lire aussi Orlando Gómez Torres, « Venezuela Y PetroCaribe », El Nacional, Santo Domingo, Republica Dominicana, 07 de mayo del 2014.

[xi] « Editorial – PetroCaribe and Jamaica’s Energy future », The Gleaner, March 11, 2013.

[xii] Daniel Dorsainvil, Évaluation du financement public de la politique de protection sociale, op. cit.

[xiii]  Roberson Alphonse, « Petrocaribe : Haïti accumule des arriérés de paiement », Le Nouvelliste, 2 mars 2016.

[xiv] Catherine Porter, « Why Richard Morse left Haiti’s government », Toronto Star, April 15, 2013.

[xv] Haïti en marche, 16 mars 2016.

[xvi] CSC/CA, Haïti : Synthèse du rapport du Rapport de la Cour des Comptes 2013-2014, Port-au-Prince, mars 2015, p. 11.

[xvii] Jose de Cordoba and Juan Forero, « U.S. Investigates Venezuelan Oil Giant - Former PdVSA officials suspected of looting billions of dollars through kickbacks and other schemes », Wall Street Journal, Oct. 21, 2015

[xviii] William Neuman, U.S. Charges 2 With Corruption Linked to Venezuelan Oil Company, New York Times, DEC. 21, 2015.