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Le Trait d'Union Entre Les Haitiens

Analyses & Opinions

Post Jovenel : 60 questions pour déterminer si c’est la dernière transition ou le début d’une série de transitions

10.11.2019- Manifestation - laguerriere - Rine a perdre tout a gagner 

Ki plan tranzisyon apre Jovenel la genyen?

Pa gen dout prezidans Jovenel Moïse la pa bay ankenn rezilta. Ayiti vin pi pòv, lavi vin pi chè, peyi a vin pi kowonpi depi lè li la a. Tout etid nasyonal ak entènasyonal yo demontre sa. Sak sèten tou, ak tout presyon lari a, l ap blije kite pouvwa avan fen manda 5 kan li an. Opozisyon an ak anpil gwoup òganize ap pale de chanjman sistèm ki dwe fèt. Ki plan tranzisyon apre Jovenel Moïse la genyen? Kòman chanjman sistèm y ap pale a ka rive fèt? Men yon plan sou fòm kesyon ki ta ka debouche sou chanjman sistèm lan vre.

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La Calamité Rose :Ayiti-Exit - la nécessité d’arrêter la Caravane du Faire Semblant (6 de 9)

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Par Alin Louis Hall ---  Les alléchantes affaires philanthropiques ne représentent pas l’unique secteur dans lequel les ténors du Core Groupe ont investi sans état d’âme. Après le siphonnage de l’argent de la reconstruction, les thuriféraires de la commisération se devaient à tout prix de planifier une minutieuse dilapidation des Fonds Petrocaribe. Pour cette délicate entreprise, la psychologie tordue du roi du carnaval aurait, semble-il, établi qu’il serait un bien meilleur chien couchant. Aussi, en imposant la « soulouquerie rose », le Core Group renouvela-t-il sa profession de foi dans le mensonge historique de la démocratie néocoloniale. Ces pratiques du pire continuèrent avec l’accouchement au forceps de l’émanation la plus achevée de la société coloniale sans sanction. En clair, cet indéfectible attachement du Core Groupe à la caravane de toutes les duperies et leur soutien sans faille à un suzerain de pacotille comme le « bonhomme banane » confirment leur statut de syndicat néocolonial.

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Au milieu du gué : Entre mémoire et avenir

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By Alain Zéphyr, Renouveau Démocratique ---  Je suis tombé au hasard sur un article paru en 1963 sous le titre ”Sortez les gagnants.[1]” Il a été écrit par Guslé Villedrouin et Gérald Brière de Jeune Haïti. Jeune Haïti est ce mouvement dont ses militants ont payé de leur vie et de leur sang leur résistance opiniâtre à la satrapie duvaliériste. Je ne puis résister à la tentation de comparer leurs rêves et idéaux aux idées de notre Manifeste pour un renouveau démocratique, publié en août 20182.

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Cette haine des pauvres qui nous habite

josue muscadin Dr. Josué Muscadin La production de l’ordre social haïtien s’est reposée sur une violence symbolique extrême qui a pénalisé, et pénalise encore, à bien des égards cette catégorie socioéconomique désignée sous le terme de pauvre. Dès les premières années de la période postindépendance, la volonté des élites était clairement énoncée : soumettre les classes populaires, principalement les paysans, à un processus de deshumanisation continue. Les normes juridiques et sociales, la religion, la morale, l’organisation de l’Etat ont été mises au service de la constitution de ce modèle social « pauvrophobe » que nous avons aujourd’hui. L’indépendance, acquise avec la participation de toutes les couches de la société, n’a été véritablement effective que pour les groupes dominants. L’oligarchie noire et mulâtre s’est entendue, à travers une sorte de « complicité objective » dirait Bourdieu, pour exclure les masses rurales de la vie politique et publique, tout en exerçant sur elles une domination multiforme d’une brutalité inouïe. Louis J. Janvier, analysant le code rural de Boyer de 1826 qu’il faut considérer comme le prolongement du Code de Travail de Toussaint Louverture qui lui-même est un héritage des rapports sociaux coloniaux, parle de l’« esclavage sans le fouet »[1] pour rendre compte de la volonté des dirigeants du nouvel Etat d’enfermer dans un état de sous-humanité, ces individus, relégués à la marge de la société, qu’on catégorise sous le vocable d’« Africains » par opposition à celui de « Citoyens », lequel regroupe ceux qui jouissent pleinement des droits que leur confère leur appartenance pleine et entière à la cité. Analysant l’émergence de cette dichotomie sociale, l’historien Vertus Saint-Louis[2] met en évidence la logique sociale qui la sous-tend et sa persistance dans l’Haïti du 19e et du 20e siècle. Il s’agit, selon Jean Casimir, d’un « Etat d’apartheid avant la lettre » [3] dans lequel prennent forme un certain nombre de marqueurs de distance sociale et spatiale mis en place par l’oligarchie des anciens libres, dans le cadre d’un besoin de distinction, pour se démarquer des « Bossales », fraichement affranchis de l’enfer de l’esclavage. Au lendemain de l’indépendance, nos élites ont ressenti une nécessité quasi-existentielle de perpétuer le modèle social colonial comme un exercice thérapeutique leur permettant d’évacuer les frustrations accumulées sous l’ancien régime, en prenant les anciens captifs comme exutoire.

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La Calamité Rose : Ayiti-Exit - la nécessité d’arrêter la Caravane du Faire Semblant (5 de 9)

delegue entoure de ses attachesOctobre 2019: Délégué départemental du nord représentant de Jovenel Moise entouré de son gang armé en toute impunité au pays des Tet Kale

Par Alin Louis Hall ---  Il n’est que d’indécrottables esprits à croire que la caravane de toutes les duperies peut être encore sauvée en faisant appel aux thuriféraires en soutane de la « soulouquerie rose ». Alors que la première constitution haïtienne de 1805 en ses articles 50, 51 et 52 ambitionnait d’établir un état laïc, la panne d’inspiration continue de promouvoir le déficit républicain et institutionnel en essayant de redorer le blason de la plateforme interreligieuse de toutes les coalitions réactionnaires. Il importe de rappeler qu’il ne suffit pas d’étudier notre histoire et d’admirer ce que nos ancêtres ont fait de bon. L’essentiel est de comprendre ce qui alimente notre tradition d’apporter des cures pires que les maux. Comme nous aimons souvent le répéter, la société haïtienne excelle à « retire trip mete pay ». Elles sont donc nombreuses les contradictions ayant précipité la chute de l’ange. Pour illustrer ce phénomène qui nous retient en mode « tout bouline mem plas », la soi-disant correction républicaine du 17 octobre 1806 intronisa le catholicisme comme la religion officielle de la « république sans sanction » d’Alexandre Pétion. Comme un logiciel, on retrouve la prévalence d’un phénomène qui programme nos errements et module nos comportements, collectifs comme individuels. Malheureusement, il s’avère difficile à bien diagnostiquer ses manifestations et symptômes. Les causes de la schizophrénie demeurent inconnues. Aussi, importe-t-il d’encourager les Haïtiens à faire le voyage à l’intérieur de leur « soi ».

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Robert Lodimus: …Le devoir et l’obligation de sauver Haïti de la débâcle politique, sociale et économique

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« Les hommes ont un défi majeur à relever, celui de savoir vivre ensemble. Le " surhomme " n'est pas celui qui est très fort ou très puissant. Le surhomme, c'est l'ensemble des hommes. Dès lors qu'ils coopèrent, s'allient, dès lors qu'il n'y a pas de compétition entre eux, ils peuvent progresser, atteindre des performances supérieures. C'est pourquoi il faut organiser, encore et toujours, des rencontres entre les hommes. C'est la seule richesse. »

                       (Extrait d'une conférence en juillet 2004 d’Albert Jacquard)

 Par Robert Lodimus (Montréal) ---Émile Zola a publié son roman « La Débâcle » en 1892. En France, le second Empire, qui devient un symbole de décadence et de corruption, s’effondre. Deux amis, Jean Macquart et Maurice Levasseur, sont opposés idéologiquement. Ils ont, chacun, une conception de la France de demain. Lors de la « Semaine Sanglante » en 1870, ils se retrouvent face à face sur le champ de bataille. Le communard Maurice Levasseur est transpercé mortellement par la baïonnette de Jean Macquart qui ne l’a pas reconnu. Dans ce livre, l’auteur dénonce les horreurs de la guerre. Mais nous laisse aussi un message important qui devrait retenir notre attention : être capable de faire renaître un pays de la débâcle. Pour Émile Zola, c’était la France de 1870. Pour les Haïtiens, il s’agit de l’Haïti de 2019. Je reprends quelques mots d’Éric Boulanger, docteur en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal (l’UQAM), pour déclarer qu’Haïti doit « surmonter la honte de la défaite » pour « retrouver le chemin des honneurs et de la gloire ».  

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