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Privert, Cholzer, le téléphone pleure : - Le parlement finira-t-il par donner "bon jan" à Fritz Jean ?

caricature - fritz jean etau

Son nom est Jean. Pas celui que Jésus aimait le plus, mais celui que Privert voulait probablement le plus. Cela a pris du temps dans les 120 jours mais c'est finalement arrivé: Fritz Jean, bien connu du grand public, est le premier PM issu de la crise post-électorale. Le président provisoire Jocelerme Privert, fiscaliste de son état a fait choix d'un économiste sans doute pour redresser- ce qui peut l'être - l'économie catastrophique qu'aurait laissée l'administration Martelly/Paul. Ce n'est qu'une première lecture de la conjoncture. Il était pressenti mais l'opinion médiatique sans tenir compte du parlement ou de la réalité socio-économique du pays affichait une certaine préférence politique méritée pour Mme Manigat ou Edgard Leblanc Fils. Les quelques voix discordantes au parlement n'auront pas suffi pour renverser les tendances. Jusqu'ici. Et malgré les différents blocs, chantage ou blocage l'atterrissage de Fritz Jean dépendra du paysage politique. Même si le président de la chambre basse, Cholzer Chancy, (qui fait le téléphone pleure avec Privert) dans une lettre adressée au chef de l'Etat,  a affiché un certain désaccord sur la nomination en s'appuyant sur l'accord du 6 février dernier, le duel annoncé entre ces deux pouvoirs (parlement vs exécutif) n'aura pas lieu. Tant mieux pour la république provisoire. La 50e législature n'a aucun intérêt non plus. Suivez mon regard! Le parlement finira par donner "bon jan" à Fritz Jean.    

 D'un autre côté, comme un chien qu'on voudrait noyer, on cherche à savoir par quel secteur le nouveau premier ministre est soutenu? Tantôt par le Core-Group, tantôt par le Forum Économique ou tantôt par Lavalas, etc. Que celui qui n'appartient à aucun secteur jette le premier la pierre!? Soit.   

Parce que l'opposition politique ne contrôle rien ou du moins tout leur échappe, nous assistons visiblement à un rythme effréné au procès public du secteur privé des affaires haïtien. 

On lui fait porter à tort ou à raison, en privé ou en public, tous les péchés d'Israël. Pardon, tous les maux d'Haïti. On l'appelle de tous les noms: "Bourgeoisie rétrograde ou « tilolite », contrebandiers." Soit.

Ce secteur quoique homogène en nature et hétérogène en degré n'est pas exempt de tout critique. Quel secteur ici n'est pas souillé? Depuis la nuit des temps, leur pouvoir politique direct a été quelque peu limité mais pas sans influence majeure et légitime.  Bailleurs de fonds direct ou indirect des forces politiques ou du parti ayant plus de possibilité de remporter les élections, ce secteur diversifié dans sa forme et qui s'est constitué en Forum Économique, et très récemment en (Groupe Haïti chérie) depuis quelques années entend jouer son rôle visible dans les décisions politiques. Qu'on nous montre un pays  où le secteur économique croise les bras et encaisse les coûts des coups politiques. C'eut été suicidaire. Surtout dans un monde où les lois économiques dictent de plus en plus la politique.  

Grand allié du Core-Group dit-on par moment, cela va de soi évidemment, comme partout ailleurs dans les pays où la démocratie n'est pas en santé, ce secteur privé très influent a son mot à dire même quand tout le monde rêve qu'il le dise partout pas en politique uniquement.   Aujourd'hui deux grandes familles (victimes et bourreaux) de ce secteur privé se retrouvent face à face devant les tribunaux dans un procès public pour kidnapping. Un procès de la honte estime certains observateurs. Et si on changeait les paradigmes sur le plan national, nous saurions comment faire pour bien faire avec notre secteur privé des affaires. Tout comme l'argent et la vie, le public ou le privé, ici ou ailleurs, c'est une question d'équilibre. 

Shalom.

Dieudonne Saincy
Caricature credit: LeNouvelliste