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Martelly veut-il jeter en prison Madame Mirlande Manigat sous prétexte de Complot pour organiser un coup d’état

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Quand un chef d'état fait une déclaration aussi inquiétante accusant un adversaire politique de vouloir faire un coup d'état, ses déclarations méritent d'être prises très au sérieux.

Nous assumons que le président est en possession d'informations pertinentes lui permettant de déjouer cette tentative de coup d'état. Donc les instigateurs, auteurs, co-auteurs doivent être mis hors état de nuire. Donc Michel Martelly veut il mettre Madame Manigat en prison pour empêcher la matérialisation de ce complot imaginaire.

Tout Haiti vous invite a lire ce texte du nouvelliste

Martelly dénonce un coup d'Etat, le RDNP lui répond

Complot de coup d'Etat

Le président Michel Martelly a dénoncé un complot visant à le renverser du pouvoir avant la fin de son mandat de cinq ans. Sans citer son nom, Michel Martelly a laissé croire que sa rivale à la dernière élection présidentielle, Mirlande Manigat, est le chef de file de cette conspiration. Une accusation rejetée par le parti politique RDNP que dirige l'ancienne candidate.

« ...même la dame! Elle exagère, a déclaré Michel Martelly sans citer de nom. Une dame qui a déjà pris un coup d'Etat. Elle devrait être la première personne à faire des plaidoiries contre le coup d'Etat qui n'est pas dans le système démocratique. Aujourd'hui, elle est à la tête de ce groupe qui veut fomenter un coup d'Etat. Nous avons affaire à des bluffeurs », a fulminé le chef de l'Etat, lors du dernier jour du carnaval des Fleurs alors qu'il était interrogé par des journalistes sur le déroulement des festivités.

Michel Martelly, qui n'a pas cité le nom de Mirlande Manigat dans cette déclaration, a cependant laissé comprendre qu'il s'agissait de la secrétaire générale du RDNP. L'époux de cette dernière, l'ex-président Leslie F. Manigat, a été victime en 1988 d'un coup d'Etat alors qu'il venait à peine d'être élu président de la République. Il a été évincé du pouvoir par le général Henri Namphi.

Intervenant la semaine dernière à l'émission Panel Magik sur Radio Magik 9, Mirlande Manigat avait clairement fait savoir à son ancien rival qu'il avait deux options. Organiser les élections pour renouveler le tiers du Sénat et les collectivités territoriales avant la fin de l'année ou démissionner.

Selon elle, Michel Martelly a proposé d'utiliser la loi électorale de 2008 dans l'unique but de profiter du prescrit inconstitutionnel de l'article 231 du document qui raccourcit le mandat des députés et des sénateurs. « C'est le comble ! », avait-elle lancé. Comme les autres partis politiques, membres du Mouvement patriotique de l'opposition démocratique (MOPOD), Mirlande Manigat a estimé que le chef de l'Etat doit démissionner s'il n'arrive pas à organiser les élections cette année.

Dans une note de presse rendue publique le 31 juillet, le RDNP indique avoir suivi avec beaucoup d'attention et d'intérêts les déclarations de M. Martelly à la télévision relatives à un coup d'Etat. « Tout dans ses propos, traduit qu'il parlait de la secrétaire générale du parti, Madame Mirlande Manigat. Parti vieux de 34 ans né en terre étrangère, le RDNP n'a jamais prôné et ne prône pas de coup d'Etat. Il n'a jamais été associé ni en 91 ni en 2004, année du bicentenaire de l'indépendance à ceux qui faisaient du coup d'Etat la seule réponse aux crises politiques », lit-on dans la note.

« Fort de sa culture de non-violence et de tolérance tirée de la démocratie chrétienne, le RDNP a toujours su garder un comportement loyal vis avis des autres partis politiques et une attitude legaliste face à un pouvoir même antinational et à forte tendance dictatoriale.

Le parti invite le président Martelly à se ressaisir « car le carnaval,tout en restant un moment fort de la tradition populaire, ne saurait nous distraire des préoccupations légitimes de la population : corruption généralisée, mort suspecte d'un juge d'instruction enquêtant sur la famille présidentielle, volonté manifestée par le pouvoir de dominer le judiciaire et le législatif misère rose et chômage exagéré, paupérisation des classes moyennes arrogance du pouvoir face à des professionnels, volonté de l'exécutif de faire taire Me André Michel et certains autres opposants, milice déguisée et ses formes de violence... », poursuit la note.

Pendant le dernier jour du carnaval, le chef de l'Etat a dénoncé ce qu'il appelle un complot de coup d'Etat, a indiqué que pour avoir parlé de changement, que les gens qui sont en face complotent contre lui. « Le pays était organisé à partir de fraudes, de contrebande, de corruption et de l'incapacité des institutions à réagir, a-t-il dit. Mes cinq ans ne passeront pas de cette façon. Attendez-vous à des réactions aux cas de fraudes et de corruption... »

« Les complots ne vont pas ''atterrir'' », a-t-il lancé. Selon le président Martelly, il y a une seule façon de prouver que sa femme Sophia Martelly et son fils aîné Olivier sont impliqués dans des cas de corruption. Ce n'est pas dans les médias qu'il faut le faire, a-t-il souligné. Premièrement, a-t-il dit, il faut aller à la banque pour voir de quelle somme d'argent ils disposent sur leur compte et savoir quelle entreprise ils ont. « Certains disent des paroles '' anlè''(sans fondement). Je suis avec la population et elle croit dans ce que je fais... »

Alors que la semaine dernière, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Jean Renel Sanon, avait dit prendre très au sérieux un complot visant à attaquer le chef de l'Etat pendant sa visite à Plaisance dans le département du Nord et que des armes à feu ont été distribuées à cette fin, Michel Martelly a déclaré haut et fort au moment du carnaval qu'il est à l'aise de circuler à travers le pays. « Les forces de sécurité qui sont à ma disposition empêchent la population de m'embrasser; personne ici ne veut me tuer... », a-t-il dit.

Après trois jours de festivités populaires au Champ de Mars, le pouvoir doit à nouveau faire face à la réalité quotidienne. Le décès jugé suspect du juge d'instruction Jean Serge Joseph, en charge de l'affaire de corruption présumée contre la famille présidentielle et la saison cyclonique qui guette le pays sont, entre autres, des dossiers qui attendent l'administration Martelly.

Robenson Geffrard,
Source: Le Nouvelliste

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