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Evans Paul K-plim et le gala d’alliés aux couleurs d’une camarilla militaro-makout

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Tout Haiti a interviewé le journaliste Norluck Dorange sur la signification de l'appel au dialogue national lancé par Michel Martelly et la présence pas du tout encombrante pour lui d'une kyrielle de dictateurs, putschistes et tortionnaires de tout poil dont Prosper Avril et Jean Claude Duvalier.

 Mais, la surprise du jour a été la présence d'Evans Paul Kompè plim ou K-plim depuis qu'il est devenu un monsieur respectueux de l'ordre public, donc un homme d'état. ce qui a retenu l'attention des démocrates est le fait que l'ancien prisonnier de la Toussaint qui avait reçu 80 coups de bâtons sous le régime de Jean Claude Duvalier et qui avait été torturé et présenter a la télévision publique sous les ordres de Prosper Avril ne peut même pas parler des prisonniers politiques les frères Florestal qui pourtant sont ou étaient des militants ou sympathisants du KID alors que ce même K-plim se pavane avec ses anciens tortionnaires comme des amoureux qui se décotent sur les banc publics comme le dirait Georges Brassens.

Tout-Haiti: Quelle est votre impression quand vous voyez la photo souvenir de Jean Claude Duvalier, Prosper AVril et de l'apprenti dictateur Michel Martelly ?

 Norluck Dorange:  Il est certain qu'après une fin d’année sur les braises au cours de laquelle les mouvements de rues ont tellement fait résonner des Aba Martelly tant à Port-au-Prince et dans la  nouvelle capitale de facto qu'est Pétion-Ville, les conseillers de Martelly lui ont proposé d'entamer une nouvelle année avec un discours rassembleur dans la bouche. Il est évident que la participation de Martelly aux funérailles de Mandela aurait ramolli le makout qui sommeille en l’homme.

 Il s’évidente que l’ex-Sweet Micky/ toujours Micky voulait un effet médiatique qu'il pourrait mieux négocier sachant qu'une telle opportunité de se faire photographier au milieu de tant de figures tellement opposées, relèverait d'un pari extrêmement risqué. Comment pourrait-il négocier cette unité apparente d’une galerie de chefs d’Etat? Le vrai résultat, c’est ce qu’il voulait, montrer sur les écrans de la TNH les chaises vides étiquetées au nom des absents. Dommage, le réalisateur du show n’était pas informé. Tel un script médiocre, digne des feuilletons Haïtiens, il a lu ce passage dans ce discours, question de faire dire à ses Tèt Kale (dans le sens ceux qui n'ont rien sur et sous le crâne) que Martelly recherche la conciliation et ce sont les autres qui refusent sa main tendue. Dans la réalité il a eu le décor qui lui convient tout naturellement: une galerie de chenapans, des poses photos à côté d'affreux jojos de la scène politique, d’anciens artisans de la dictature qui instaura une paix des cimetières en Haiti de 1964 jusqu'a 1990. En fait c’était un gala d’alliés aux couleurs d’une camarilla  militaro-makout.

 Tout-Haiti - Quand on parle des anciens présidents doit on faire un amalgame entre anciens présidents démocratiquement élus, putschistes et le dictateur Jean Claude Duvalier

Norluck Dorange: 2 On ne peut demander à Martelly de faire la différence entre dictateurs et présidents démocratiquement élus puisqu'il a passé sa carrière de chanteur et sa militance dans les escadrons de la mort de Moura/Michel François, les Ninjas, à combattre les présidents arrivés au pouvoir par des élections. Pour lui, tout le monde est tout le monde. A mettre dans le même sac. A souligner avec la présence d’Evans Paul dit K-Plim, ce sont quand même des démocrates de l'intérieur comme lui et l'OPL (Organisation Politique Lavalas ou Organisation du Peuple en Lutte), qui ont servi de marche-pied à l'extrême-droite international, qui ont aidé à faire le travail de sape. Ils avaient joué le jeu financé par l'IRI et l'ambassade de France dans les mois précédant la célébration du bicentenaire de l'Indépendance d'Haiti en 2004.

 Les conseillers de Martelly doivent lui imposer la transcendance sur son exhibitionnisme compulsif. La conciliation nationale (au lieu du terme abusif de réconciliation, puisqu'il n'a jamais existé auparavant un consensus national) sera trouvé au-delà d'une simple parade, le symbolisme d'une photo d'anciens et de l'actuel chefs d'Etat sur un même podium. Le projet Dessalinien bafoué et saboté depuis 1806, demeure un cauchemar que les velléités d'un groupe ne peuvent guérir d'un coup de baguette magique. Ceux qui poursuivent l'Å“uvre de Pétion, de Boyer et de Geffrard doivent comprendre qu'après 208 ans, ceux dont leurs pères sont Afrique méritent mieux que le projet de recolonisation qui se dessine avec la perspective d’une pérennisation-permutation au pouvoir de ces deux loustics, pions avérés de l’international, le tandem Lamothe/Martelly -Martelly/Lamothe.

 Tout-Haiti: Pensez vous que l'unité nationale est possible avec cette coalition de dictateurs et de putschiste Militaro-duvaliériste

 Norluck Dorange: Comme je viens de le dire, ce ne sont pas les hommes qu'il faut voir. Quel est le projet qui est offert à la population. Après avoir été forcé de quitter le pouvoir en 1986, Jean Claude Duvalier a été emmené en France et protégé par tous les pouvoirs français que se sont succédés depuis cette date, parce que son père était le petit fils d’un Martiniquais, donc citoyen français. 25 ans après l'avoir dépouillé de tout l'argent volé aux Haïtiens, les mêmes français l'ont mis dans un avion et l'ont refilé comme acteur politique. En 1986, ma génération pointait la France comme une poubelle pour avoir accueilli le dictateur honni sur son sol. A bien regarder, l'ennemi historique des Haïtiens, les français nous ont bien fait voir où se trouve la poubelle.

 Prosper Avril, agent de la CIA, a été placé au pouvoir dans un contexte où un certain colonel Jean Claude Paul, accusé à l'époque d'être de mèche avec Noriega dans la fourniture de cargaisons de cocaïne au marché américain, risquait de peser lourd sur l'échiquier politique Haïtien tellement ce monsieur caressait certains éléments de la gauche Haïtiennes dans le sens de leurs poils. Mis à pied et éliminé physiquement, Jean Claude Paul fut débarrassé de la scène politico-militaire sous Avril. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le passage a tabac, de Evans Paul, Mezyeux et Marino Etienne, des hommes qui quelques mois auparavant étaient allé prendre langue avec Noriega, lui offrant même une machette que ce dernier avait l’habitude de brandir lors de ses sorties nationalistes. Evans Paul a sans doute compris aujourd’hui qu’il méritait bien cette raclée. Est-ce pourquoi il ne tient plus aujourd’hui rigueur et cela depuis 2003 à Prosper Avril le commanditaire de ses mauvais traitements qui l’avait fait exhiber sur les écrans de la TNH. Est-ce pourquoi, Avril a bel et bien été protégé de toutes ses poursuites. Il fut débarqué du pouvoir et transporté aux Etats-Unis, à Boca Raton. Quand la justice américaine, indépendante des autorités politiques, voulait faire payer à Avril sa responsabilité personnelle pour avoir maltraité des opposants politiques, la CIA le transporta d'abord en République Dominicaine. Il vit depuis lors, sous leur protection.

 Ce qu'il faut comprendre, la réconciliation ne sera pas la résultante d'une simple déclaration de façade ou d'intention. Les problèmes sont fondamentaux et ont des racines historiques. Il y a des Haïtiens qui veulent un projet des Haïtiens pour Haiti. Il existe aussi des clac-centre-de-lecturex500éléments, très bruyants d’ailleurs, qui s'expriment à travers  des visions commanditées par des intérêts extérieurs à Haiti. La France voue une haine éternelle à Haiti (elle l’embrasse chaque jour pour mieux l’étouffer) et à Dessalines pour tout ce que l'on sait. Est-ce pourquoi ils existeront toujours des vers qui vont pourrir le fruit d'une entente nationale.

 Qui sont-ils?

Des politiciens formés en France qui viendront toujours proposer des projets qui n'ont rien à voir avec l'intérêt à long terme d'Haiti. Comment comprendre la dissémination du cheval de Troie de la recolonisation d'Haiti par la France sous Martelly-Lamothe, les Centres de Lecture et d'Animation Culturelle (CLAC) qui se retrouvent curieusement dans toutes les villes des pays anciennement colonisés par la France. Quand l'International a placé au pouvoir le tandem Martelly-Lamothe, ce n'est pas dans l'intérêt du pays. Les deux ont des patries de rechange et des nationalités en cachette où ils pourront se la couler douce après avoir accompli leur sale besogne qui est la vente au rabais des ressources du pays, après avoir participé au démantèlement des deniers remparts de l'identité Haïtienne. La réconciliation (disons mieux, la CONCILIATION) restera pour longtemps encore un vœu pieux. L'exhibitionnisme des pantins aux mains des intérêts étrangers sera le spectacle auquel les Haïtiens se contenteront de contempler pour quelques années encore. Les dirigeants Haïtiens, en dehors ou à l'intérieur du pouvoir ne se sont pas encore visionnés en dehors du rôle de mendiant. Mendiant fréquent en plus.

Tout Haiti,

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